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PLAIDOYER POUR LA PROTECTION DU CAMP D’ACHRAF

Luc Ferry

Posté sur 11 février 2012 – A leur demande, j’ai reçu la semaine dernière des représentants du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), une émanation du mouvement des « moudjahidin du peuple iranien ». Pour être franc, je connais mal ces organisations et à priori, ce que j’ai lu ou entendu à leur propos depuis des années, sur leur engagement tout à la fois marxiste et islamique,  ne m’a guère enthousiasmé.

Mais j’ai pris la peine d’écouter, de me documenter, et il me semble d’aujourd’hui que leur cause est juste sur deux plans qui ne peuvent nous laisser indifférents. D’abord, le CNRI a le courage de résister à un régime, celui de l’Iran actuel, qui est sans doute le plus inquiétant qui soit sur la planète, et ne serait-ce que pour cette raison, il mérite considération. Mais il y a plus ou, à tout le moins, autre chose : 3500  résistants, réfugiés venus d’Iran, sont aujourd’hui parqués dans des conditions plus que précaires, en Irak, dans le camp d’Achraf. Depuis que la donne a changé entre l’Iran et l’Irak et que des shiites irakiens, proches de l’Iran, sont  au pouvoir, ces réfugiés  ne sont plus en sécurité. Leur vie est menacée. Une solution a été proposée, d’après un protocole signé par l’ONU,  qui  prévoit de les évacuer  dans les semaines qui viennent vers une ancienne base américaine, le camp « Liberty », mais les conditions dans lesquelles ce transfert se profile sont inacceptables – place très insuffisante, camp transformé en véritable prison, surveillance policière permanente, interdiction d’emporter le peu de biens dont les réfugiés disposent encore à Achraf, etc. Voici ce que dit à ce propos  notre ancien ministre des affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy : « Je ne veux pas que l’accord signé par l’ONU soit utilisé par le gouvernement irakien comme un instrument de répression contre les Achrafiens, une justification d’un déplacement forcé. Car cela, l’histoire ne nous le pardonnera pas ».  Hilary Clinton, Catherine Ashton et Ban Ki-moon sont eux aussi mobilisés autour de cette question pour éviter un désastre imminent. Il est à la fois nécessaire et urgent que notre gouvernement prenne lui aussi position et joigne, ne fût-ce que pour des raisons humanitaires – parmi ces réfugiés,  il y a des combattants, mais aussi des civils dont mille femmes – ses efforts à ceux de la communauté internationale.

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