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Ses caricatures horripilent le régime iranien


Kianoush Ramezani confie que son dessin a évolué depuis qu’il vit en France.

alencon.maville.com –  27 avril 2012Le caricaturiste iranien Kianoush Ramezani a témoigné hier des droits de l’homme et de la peine de mort dans son pays. L’opposant a rencontré des élèves du lycée Marguerite-de-Navarre.
Avec sa voix calme, son sourire permanent et son rire timide, Kianoush Ramezani a l’air inoffensif. Mais le pouvoir iranien le qualifie de dangereux activiste. Son arme ? Elle ne le quitte jamais : son crayon. À 38 ans, ce caricaturiste iranien est depuis trois ans réfugié en France, après avoir dessiné le guide suprême iranien « habillé » avec une corde de pendu.

Il rencontrait hier une cinquantaine d’élèves de seconde du lycée Marguerite-de-Navarre. Ses dessins, projetés sur grand écran, servent de support pour parler des droits de l’homme et de la peine de mort, légale en Iran, comme dans 58 pays. « En Iran, vous pouvez être condamné à mort si vous êtes homosexuel ou si coupable d’adultère, rappelle Marianne Rossi, de l’association Ensemble contre la peine de mort, aux élèves attentifs. En cas d’adultère, c’est la lapidation. Un mineur peut être condamné à mort. Il sera exécuté à sa majorité.»

 « Parler avec l’image » 

Pendant ce temps, Kianoush Ramezani crayonne sur son petit carnet « qui tient dans la poche ». Le plus souvent, il représente la peine de mort par une corde de pendu. Dans un dessin, il l’a figurée par une guillotine (« parce que ça s’adressait à la France »), dans un autre par une crucifixion (« je voulais parler international »).

 « Pourquoi n’y a-t-il pas de texte avec vos caricatures ? » lui demande une élève. « La caricature utilise le symbole visuel, répond-t-il dans un français hésitant. Je préfère parler juste avec l’image. C’est une langue internationale. Il n’y a pas besoin de traduction. »

« Comment avez-vous vécu votre arrivée en France ? » l’interroge une lycéenne. « La France, pour beaucoup de militants iraniens, était la seule possibilité, indique-t-il. L’ambassade de France nous aidait à quitter notre pays le plus rapidement possible. J’ai eu un visa très rapidement et il y avait un vol direct Téhéran Paris. »

L’attention du caricaturiste est attirée sur le dessin d’une lycéenne : un pistolet où un crayon remplace le canon : « C’est génial ! Bravo Marion ! » Il confie : « J’adore cet échange culturel et visuel. Je suis toujours très impressionné par le talent des jeunes. »

« Que vous arrive-t-il si vous rentrez en Iran ? » s’inquiète une jeune fille. « Ils m’attrapent à l’aéroport de Téhéran et m’emmènent à la prison d’Evin. Pour chaque intervention comme celle-ci, j’encours dix ans de prison car je m’oppose au système iranien. »

Alix FROISSART.  Ouest-France   .

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