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Droit de réponse officiel du Représentant au Royaume-Uni du Bureau du Conseil National de la Résistance d’Iran à l’émission du 7 avril de BBC World Service

CNRI – 19 avril 2012 – BBC World Service a diffusé une longue émission sur la résistance iranienne le samedi 7 avril, intitulée « Le Monde étrange des Moudjahidine du Peuple ». Cette émission complètement orientée était loin d’être équilibrée et impartiale, et fourmillait de perceptions erronées et de présuppositions.

Un des aspects les plus frappants de cela était que l’émission s’en remettait fortement aux agents du régime iranien sous le couvert d’anciens membres de la résistance et anciens résidents du camp d’Achraf. L’émission de BBC a continué cette approche partiale malgré de nombreux avertissements dès le départ à l’égard de BBC provenant de sources variées, dont des dizaines de membres issus des différents partis du Parlement britannique ainsi que d’anciens hauts officiers militaires américains qui étaient commandants des forces américaines en charge de la protection du camp d’Achraf en Irak et qui ont une expérience de première main de l’OMPI et des tactiques du régime iranien et de ses services secrets.

Étant donné que les rédacteurs en chef de BBC n’ont pas répondu à la lettre du 10 avril du Bureau représentatif du Conseil National de la Résistance d’Iran ni fait honneur à la requête légitime de ce Bureau de diffuser cette réfutation, cette réponse est distribuée dans sa totalité pour usage public.

Conseil National de la Résistance d’Iran
Bureau Représentatif au Royaume-Uni
83 Victoria Street
London SW1H 0HW

Monsieur Peter Horrocks
Directeur de l’Information de BBC Global
British Broadcasting Corporation
Bush House, The Strand
London WC2B 4PH
10 avril 2012

Cher Monsieur Horrocks,
Le reportage de BBC « Le Monde étrange des Moudjahidine du Peuple », plutôt que de constituer le lieu d’une histoire ineffable concernant la Résistance iranienne et sa persévérance face à la répression et au massacre aux mains du régime iranien, a été l’occasion de ressasser les mensonges du régime iranien contre l’OMPI.

Ce qui est étrange, ce n’est le monde des Moudjahidine du Peuple, mais plutôt l’aveugle animosité de BBC à l’encontre de l’OMPI. C’est cette aveugle animosité qui a mené encore une fois BBC à produire une émission qui manque des principes de base de l’intégrité journalistique. Malheureusement, ce n’est pas la première fois que nous avons dû écrire à BBC pour demander une impartialité élémentaire dans vos agissements envers l’OMPI et un terme à la propagande ciblée contre le groupe qui fait peu pour distancier BBC de son aspect troublant de s’incliner devant le régime iranien à tout moment et en toute occasion. Le reportage de BBC contenait plusieurs colonnes dont je m’occuperai ci-dessous à tour de rôle pour prouver qu’au lieu d’être une enquête, il s’agissait de propagande contre l’OMPI.

Anti-OMPI
La majorité du reportage était centrée sur des entretiens avec des individus qui étaient décrits comme d’anciens membres de l’OMPI qui avaient fui le groupe. BBC avait été entièrement informée que ces individus passaient pour avoir des liens circonstanciés avec le Ministère du Renseignement et de la Sécurité (MRS) du régime iranien et pour être financés par le régime iranien.
Un semblant d’intégrité journalistique demanderait à ce que ces allégations soient contrôlées. Au lieu de cela, les propos de ces individus ont été traités comme des paroles d’évangile et pas une seule fois ils n’ont été interrogés sur leurs liens avec le régime iranien.

Pro-OMPI
Les enquêteurs ont parlé à un certain nombre d’éminents hommes politiques américains qui soutiennent l’OMPI. Fait intéressant, le journaliste a décidé de passer plus de temps à discuter de savoir si ces personnalités avaient reçu des gains financiers pour leurs discours en faveur de l’OMPI qu’à se focaliser sur les questions que l’enquête était supposée aborder. Manifestement, le journaliste s’est donné beaucoup de mal à tenter de discréditer ce soutien de haut rang à l’OMPI. Il semble que, comme par le passé avec BBC, il y avait une règle pour les sympathisants de l’OMPI et une autre pour ses détracteurs.

Toute tentative de produire un reportage équilibré aurait exigé que des enquêtes soient menées sur les liens qu’avaient les présumés anciens membres de l’OMPI avec le MRS et que ces questions leur soient posées. Cela n’a pas été fait et apparaît comme une preuve évidente de parti pris de la part de BBC.
Outre les organismes de renseignement occidentaux, un certain nombre de think-tanks (groupes de réflexion) et même des groupes du Parlement britannique ont démontré cette méthode du régime des mollahs et ses tentatives de dépeindre ses agents comme d’anciens membres de l’OMPI dans cette campagne de diabolisation. Il est très étrange que BBC n’ait pas mentionné cette révélation.

Le journaliste n’interrogeant pas sur des inexactitudes évidentes
1. Dans le reportage, un des supposés anciens membres de l’OMPI dit qu’il a été témoin d’un meurtre au camp d’Achraf. Bien sûr, on attendrait d’un journaliste avec une certaine intégrité d’enquêter sur ce qui constitue clairement une grave allégation et de poser un certain nombre de questions simples comme le nom de la victime supposée et d’enquêter pour savoir si un tel individu a même jamais existé. L’absence indéniable de telles questions ou enquêtes montre l’évident parti pris de BBC.

2. Nous avons ensuite entendu l’histoire d’un homme qui déclarait qu’il avait voulu partir du camp d’Achraf et qu’il avait été détenu en cellule d’isolement lorsqu’il avait fait sa requête. L’histoire de cet individu se développe ensuite sur comment il s’est échappé en sautant par-dessus la clôture. Les deux parties de cette histoire ne se recoupent pas ou exigent au moins une explication précise. Une simple question serait « Si vous prétendez que vous étiez en isolement, comment alors avez-vous pu vous échapper dans ce qui semble être une affaire aussi simple que de sauter par-dessus une clôture ? » L’absence indéniable de tel questionnement prouve encore le parti pris de BBC.

3. Le journaliste s’est plus tard entretenu avec un individu présenté comme un expert de la Rand Corporation. Les allégeances politiques de cet individu se manifestaient par ses points de vue concernant le programme nucléaire de Téhéran. Premièrement, en tant que supposé expert, c’était incroyable qu’il ne puisse pas se souvenir de l’année lors de laquelle l’OMPI a dévoilé les installations nucléaires de Téhéran à Natanz. Ce soit-disant expert a exprimé son désarroi quant au fait que l’OMPI ait divulgué ce site nucléaire. Il apparaît donc que ce soit-disant expert est consterné que l’OMPI ait amené cela à l’attention du monde et freiné ce régime dans son acquisition d’armes nucléaires. Seuls les sympathisants du régime iranien peuvent être consternés par le fait que la communauté internationale ait été mise au courant d’un programme nucléaire clandestin mené par un État voyou.

Par ailleurs, ce supposé expert voulait nous faire croire que les révélations fournies par l’OMPI représentent de la propagande belliciste de la part du groupe. En réalité, les révélations de l’OMPI ont fait exactement le contraire, en fournissant à la communauté internationale le temps de s’occuper de la menace iranienne plutôt que de laisser le monde se trouver confronté à un Téhéran nucléairement armé. Il est incompréhensible que le journaliste n’ait pas interrogé cet individu sur ce qui constitue en fait des points de vue assez choquants sur le programme nucléaire de Téhéran. Malheureusement, cela est encore une autre preuve du parti pris de BBC.

4. L’étiquette terroriste sur l’OMPI par le Département d’État constitue un des piliers de ce reportage. Cela sonnait comme si le reportage voulait justifier la conduite illégale du Département d’État de ne pas révoquer cette étiquette et qu’il était devenu plus catholique que le Pape. De telle manière que le reportage soutient que l’OMPI a été placée sur la liste parce qu’elle a tué des officiers américains dans les années 1970. premièrement, l’assassinat d’officiers américains n’a rien à voir avec l’OMPI et a eu lieu à une époque où tout le leadership de l’OMPI et la plupart de ses membres étaient dans les épouvantables prisons du chah. Deuxièmement, même le Département d’État ne soutient pas que l’OMPI est maintenue sur la liste pour avoir tué des citoyens américains il y a quarante ans, dans la mesure où les statuts [de la liste] stipulent que la période d’examen concerne au maximum les cinq dernières années.

Bruce Ridel et John Limbert
Le reportage présente Bruce Ridel et John Limbert comme un expert et un ancien otage de la crise des otages de l’ambassade américaine. Aucun de ces partis n’est impartial et tous deux ont des liens évidents avec le lobby du régime iranien aux États-Unis qui est mené par le CNIA (Conseil National Iranien-Américain) et Trita Parsi. Tous deux ont soutenu le non-retrait de l’OMPI de la liste dans une campagne publique.

L’affirmation de John Limbert quant à l’implication de l’OMPI dans la prise d’otage de l’ambassade américaine à Téhéran est fausse. Le livre Iran : les Défis et les Choix de la Politique Étrangère précise ceci :
Le jour où les étudiants iraniens ont pris d’assaut l’ambassade, Khomeini a accusé l’Amérique comme la source de tout le mal dans un discours à un groupe d’étudiants universitaires. « Il a été révélé plus tard que ces étudiants universitaires étaient encadrés par Hojjat al-Islam Khoiniha, un haut membre du parti de la république islamique [PRI] et le dirigeant du comité [organisation de gardiens des mœurs] de l’Université de Téhéran. »

Selon Massoumeh Ebtekar, qui était la prote-parole des étudiants radicaux lors de la prise d’otages, l’OMPI « était opposée à cette prise d’otages et à la confrontation avec l’Amérique dès le départ même ».
Ebtekar, une étudiante en génie chimique, qui était devenue connue sous le nom de Sœur Mary, « tenait le premier rôle devant les portails de la façade, à chaque fois que les étudiants avaient besoin de faire une déclaration à la presse en anglais ».

Pour les Iraniens, la crise des otages était « principalement une crise interne prenant racine dans la lutte constitutionnelle ».
Sous le voile de la crise des otages, les religieux se sont précipités pour ratifier la constitution qu’ils proposaient, que l’OMPI avait refusée d’approuver. Le document original, modelé sur la constitution de de Gaulle, avait été altérée par l’Assemblée des Experts, déplaçant le pouvoir du président et des députés élus aux hauts religieux. L’OMPI avait boycotté cette ratification.

Tandis que les hostilités s’intensifiaient entre l’OMPI et Khomeini, l’OMPI avait ouvertement critiqué la crise des otages. L’OMPI avait déclaré que les religieux « avaient manigancé la crise des otages afin d’imposer à la nation le concept « médiéval » du velayat-e-faghih [le titre du livre de Khomeini qui prône la création d’un État théocratique.] ».

Pour soutenir cette dernière accusation, ils [l’OMPI] avaient publié des articles révélant comment les étudiants-preneurs d’otages étaient liés au PRI ; comment les pasdaran [les bénévoles armés] avaient facilité l’effraction ; comment ceux qui avaient refusé de suivre la ligne du PRI avaient été forcé de sortir de l’enceinte ; comment l’ayatollah Beheshti [chef du Conseil Judiciaire Suprême] avait utilisé tout l’incident pour écarter le gouvernement [provisoire] de Bazargan ; et comment Hojjat al-Islam Khoiniha, l’homme nommé par Khomeini pour conseiller les étudiants, avait soigneusement enlevé de l’ambassade tous les documents mentionnant les rencontres de responsables américains avec les dirigeants religieux durant la révolution de 1979.
L’OMPI avait accusé le gouvernement contrôlé par les religieux de « rassemblements et de rencontres perturbateurs ; d’interdiction de journaux et d’incendies de librairies ; de trucages d’élections et de fermeture d’universités ; [et] d’enlèvements, d’emprisonnements et de tortures de militants politiques … ».

En réaction, « les Étudiants Musulmans Partisans de la Ligne de l’Imam, les occupants de l’ambassade américaine, avaient dénoncé les Moudjahidine comme des Marxistes clandestins dans la cohorte des  »libéraux pro-Américains » ».
Fait intéressant, nous sommes menés à croire que la supposée implication de l’OMPI dans cette crise signifie que le groupe devrait rester sur une liste d’organisations interdites et par conséquent mis sur la touche. Le journaliste manque de demander à John Limbert s’il soutient à présent le dialogue avec le régime iranien et les individus au sein de ce régime qui étaient les fers de lance de la prise d’otages. Encore une fois, l’absence manifeste de toute interrogation constructive de la part du journaliste montre le parti pris de BBC.

Il n’y a par ailleurs pas d’enquête sur l’allégation supposée. L’Ambassadeur Lincoln Bloomfield, un ancien haut responsable américain, a examiné dans un rapport universitaire et professionnel publié en 2011 toutes ces allégations, y compris l’assassinat de citoyens américains, ainsi que l’implication dans la prise d’otages, et les a contestées. Une copie de ce rapport était facilement accessible sur internet.

L’OMPI classée comme organisation terroriste aux États-Unis
Le journaliste nous a ensuite mené dans une discussion sur la classification actuelle de l’OMPI comme organisation terroriste aux États-Unis et sur une campagne de la part du groupe pour être retiré de la liste. Permettez-moi de commencer avec la première question sous la main, la classification originelle du groupe en 1997 par l’administration Clinton. Il y a eu une mention minime faite par le journaliste du fait que la classification originelle constituait un geste de bonne volonté fait à l’attention du tout nouveau président Khatami. Il s’agissait clairement d’une question importante qui exigeait une discussion précise. La couverture médiatique détaillée ci-dessous prouve sans doute aucun ce point.

9 octobre 1997. Un jour après que l’administration Clinton ait inclus l’OMPI dans la liste terroriste pour la première fois, un haut responsable américain a déclaré au Los Angeles Times que cela avait été fait « comme un geste de bonne volonté » à l’égard du nouveau président iranien Mohammad Khatami.

29 novembre 2006. Le Wall Street Journal : De hauts diplomates de l’administration Clinton disent que l’OMPI jouait un rôle important comme atout de concession dans les efforts de rapprochement avec Téhéran … « En 1997, le Département d’État a ajouté l’OMPI à une liste des organisations terroristes globales comme un  »signal » du désir des États-Unis pour un rapprochement avec les réformistes de Téhéran. », dit Martin Indyk, qui était à l’époque le Secrétaire d’État adjoint aux Affaires du Proche Orient. « Le gouvernement du président Khatami a considéré cela comme une assez belle affaire. », déclare M. Indyk.

10 octobre 1997. Reuters : « Une décision américaine de désigner le principal groupe d’opposition de l’Iran [l’OMPI] de  »terroriste » est vue à Téhéran comme le premier signe positif de la bonne volonté américaine envers le nouveau gouvernement du modéré président Mohammad Khatami. Les diplomates, les analystes et les journaux iraniens ont déclaré lundi que le geste des États-Unis était important parce qu’il satisfaisait une des exigences fondamentales de Téhéran. »

14 octobre 1999. Reuters : « Les États-Unis, en réponse aux demandes du gouvernement iranien, ont imposé de nouvelles restrictions sur les activités du principal groupe d’opposition iranien en exil … »

26 septembre 2002. Newsweek, dans un article sur les circonstances entourant la désignation en 1997 de l’OMPI, a écrit : « Un autre axe de la stratégie Clinton qui a mené à l’inclusion de [l’OMPI] dans la liste terroriste était l’intérêt de la Maison Blanche à l’ouverture d’un dialogue avec le gouvernement iranien. À l’époque, le président Khatami venait récemment d’être élu et était perçu comme un modéré.  De hauts responsables de l’administration ont considéré les mesures sévères contre [l’OMPI] – à propos de laquelle les Iraniens ont clairement fait comprendre qu’ils la voyaient comme une menace – comme un moyen d’agir en ce sens … »

22 mai 2006. Le Wall Street Journal : « Depuis plus d’une décennie, l’OMPI est utilisée comme un ballon de football politique dans les jeux diplomatiques joués entre Washington et Téhéran, disent d’actuels et d’anciens responsables américains. L’administration Clinton a placé l’OMPI sur la liste terroriste du Département d’État en 1997, lorsque Washington cherchait à plaire aux dirigeants modérés au sein du gouvernement théocratique à Téhéran. La mise à l’index de l’OMPI était parmi les mesures que les Iraniens cherchaient en échange de meilleures relations, disent ces responsables. »

6 juillet 2003. Le Washington Post : « Les Moudjahidine sont devenus le parfait exemple de la politisation de la liste terroriste du Département d’État, illustrant comment les considérations politiques peuvent aider à déterminer si un groupe de résistance armée est désigné comme organisation terroriste étrangère … »

Le journaliste a continué en mentionnant le retrait de l’OMPI de la liste au Royaume-Uni et dans l’Union Européenne. De façon absurde, le journaliste a décrit la décision de l’UE comme s’il s’agissait d’une victoire technique pour l’OMPI et s’est donné beaucoup de mal à souligner deux ou trois paragraphes du jugement britannique qui étaient négatifs envers l’OMPI.

Le reportage sur cette question était assez incroyable. Pas une fois le journaliste n’a mentionné que le manquement de la part du gouvernement du Royaume-Uni à retirer l’OMPI de la liste avait été décrit par la Commission d’Appel des Organisations Interdites [POAC] comme « pervers ». « Pervers », je ne doute pas que vous en êtes conscient, est la plus forte des conclusions en termes juridiques, déterminant qu’aucun Secrétaire d’État raisonnable, se fondant sur les preuves mises en avant, pourrait en venir à la décision que le groupe ne devrait pas être retiré de la liste. En outre, votre journaliste a manqué de mentionner que la cour d’appel, en auditionnant la demande du gouvernement pour une permission d’appel, l’a rejetée dans les termes les plus forts. Elle est allée plus loin en déclarant clairement qu’elle n’avait rien vu, ni dans les preuves confidentielles ni dans les preuves non-confidentielles, pour justifier l’interdiction contre l’OMPI.

En réalité, la divulgation par Wikileaks des discussions de l’époque a montré que les mesures du Royaume-Uni concernant ces agissements avaient été déterminées par son désir de satisfaire Téhéran. Encore une fois, le journaliste n’a pas fait mention de ce fait, et l’entière couverture de la question du retrait de la liste était manifestement biaisée.

En fin de compte, la question du retrait de la liste de l’OMPI a été abordée pour ainsi dire comme si le retrait du groupe aurait augmenté les tensions avec Téhéran et mené à une guerre avec ce régime. C’est méprisable de brouiller les pistes judiciaires d’une telle manière. Le retrait de l’OMPI doit constituer une décision légale fondée sur les faits. Dès que cela est devenu le cas au Royaume-Uni et dans l’UE, le groupe a été retiré de la liste et le même procédé de décision doit être entrepris par les États-Unis.

La position de l’OMPI a toujours été claire en cela qu’elle ne demande ni argent ni soutien d’une quelconque puissance internationale, et elle a bruyamment et à plusieurs reprises déclaré que la guerre contre l’Iran est une erreur et qu’elle ne la soutiendrait pas. L’OMPI a une simple demande qui est que, plutôt que de servir de ballon de football politique dans les négociations avec Téhéran, les obstacles illégaux soient enlevés de son chemin et qu’on laisse le groupe s’acheminer vers un Iran démocratique et libre. Il semble que la liberté et la démocratie pour le peuple iranien ne soient pas quelque chose que BBC soutienne.

L’OMPI renonçant à la violence
Le reportage n’a pas indiqué que chacun des résidents d’Achraf avait signé un accord écrit avec le gouvernement américain stipulant qu’en échange de leur désarmement volontaire, les États-Unis les protégeraient jusqu’au règlement final de leur situation. Je demanderais pourquoi ce simple fait manquait, et également qu’après une enquête de sept organismes fédéraux américains pendant 16 mois, aucun des résidents n’a été accusé d’aucun méfait et que tous ont obtenu le statut de la Quatrième Convention de Genève.

À plusieurs moments dans le reportage de BBC, afin de contester la position de l’OMPI de renoncement aux opérations et afin de semer le doute sur la véracité de cette position de l’OMPI, un rapport fabriqué du bureau de Los Angeles du FBI daté de 2004 était évoqué. M. Richard Schoeberl, un ancien responsable et agent spécial du FBI qui a été personnellement impliqué dans des affaires de lutte contre le terrorisme, a révélé le 22 août 2011 dans un article sur Foxnews.com qu’il ne s’agissait pas d’un rapport certifié du FBI et ne correspond pas dans les formes mêmes aux rapports standards du FBI. Aucun responsable officiel du FBI n’a voulu corroborer ce rapport. Il est par conséquent absurde que votre reportage ait porté tant d’attention à un rapport contesté et controversé, mais si peu de foi aux jugements des cours britanniques.

Le soutien largement étendu à l’OMPI
Bien qu’ayant massacré 120 000 membres et sympathisants de l’OMPI, le régime religieux de Téhéran n’a pas pu détruire la Résistance et il a lancé depuis ces trois dernières décennies une campagne de diabolisation contre l’OMPI en usant d’organisations de façade. Accuser la Résistance d’être une secte constitue le point d’ancrage de cette campagne.

L’OMPI est un mouvement politique avec une base sociale très étendue partout en Iran et à l’étranger. Elle a résisté contre deux dictatures – le chah et les mollahs – depuis ces 46 dernières années. Au fil de ces années, 120 000 membres et sympathisants de l’OMPI ont été exécutés à travers l’Iran, un fait qui indique à juste titre sa base sociale. Suite aux soulèvements de 2009 en Iran, 11 personnes ont été condamnées à mort. Elles étaient toutes accusées d’avoir des liens avec l’OMPI. Trois individus qui ont été exécutés pour avoir influé sur la révolte de 2009 étaient accusées de soutenir l’OMPI. Le réseau social non-gouvernemental et populaire le plus étendu à l’intérieur de l’Iran appartient à l’OMPI.

Hors d’Iran, lors du dernier grand rassemblement de la Résistance qui s’est tenu à Paris le 18 juin 2011, près de 100 000 Iraniens et sympathisants issus de trois générations ont pris part à l’événement. L’OMPI possède un programme politique construit et des bureaux politiques dans presque tous les pays européens avec des ramifications de sympathisants dans des centaines de villes à travers le monde.

Toute personne ayant la moindre connaissance de la définition d’une secte, de son programme et de ses manières, sait que coller cette étiquette sur la Résistance iranienne n’est qu’une justification pour la répression de cette résistance. Le sens commun prescrirerait que de tels individus sous-informés et inconscients ne résisteraient pas pendant dix ans à Achraf sous les pressions les plus extrêmes, y compris deux attaques sanglantes. Sans une relation hautement démocratique entre les individus ainsi que leur choix profondément démocratique, une telle persévérance ne serait pas possible, encore moins pendant dix ans.

L’objectif du reportage
Le reportage reconnaît que l’idée première était d’aborder la crise au camp d’Achraf, les conditions actuelles au camp Liberty ainsi que les crimes perpétrés à l’encontre des résidents. En réalité, le journaliste a fait semblant de s’occuper de toutes ces questions dans une émission d’une heure. Au lieu de cela, les auditeurs ont été menés sur un joyeux chemin de désinformation contre l’OMPI qui s’appuie sur des allégations qui sont au mieux vieilles de dix ans. Il n’y a aucune indication du journaliste faisant un quelconque effort pour s’entretenir avec les résidents actuels du camp d’Achraf ou du camp Liberty, un préalable pour tout « reportage équilibré ».

Afin de donner une vision rétrospectivement équilibrée, je vous exhorte à lire cette lettre sur BBC World Service. Manquer d’agir en ce sens prouvera davantage que BBC n’a jamais eu aucune intention de produire un travail équilibré, mais qu’elle était plutôt résolue à produire de la propagande anti-OMPI.
Cordialement, 
Hossein Abedini
Bureau représentatif au Royaume-Uni du Conseil National de la Résistance d’Iran

Copie à :
Mark Thompson, Directeur Général de BBC
Helen Boaden, Directrice de BBC News
Caroline Thomson, Directrice exécutive

 

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