jeudi, décembre 11, 2025
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Sanctions contre l’Iran: les discussions des Six prennent un tour technique

Par Hervé COUTURIER

Agence France Presse – Les six grandes puissances chargées du dossier iranien à l’ONU ont eu lundi une nouvelle séance de discussions purement exploratoires sur des sanctions économiques et commerciales à imposer à l’Iran pour son refus de suspendre l’enrichissement d’uranium, ont indiqué des diplomates.
 

A l’issue d’une réunion de 90 minutes à la mission française auprès de l’ONU, les ambassadeurs des Six (les cinq permanents du Conseil de sécurité: Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie, plus l’Allemagne) ont décidé de laisser les experts clarifier certains aspects très techniques du projet de sanctions débattu depuis trois semaines et de se retrouver mercredi.

"Nous avons eu un échange de vues général sur un certain nombre de questions importantes et difficiles et nous sommes convenus de demander aux experts de voir si nous pouvons trouver un accord sur ces questions", a déclaré à la presse l’ambassadeur de Chine, Wang Guangya.
 
Les discussions informelles portent sur un projet de résolution rédigé par les Européens et visant à imposer des sanctions économiques et commerciales à l’Iran.

La Russie soutenue par la Chine, estimant ce texte trop dur, a proposé des amendements qui l’édulcorent considérablement, tandis que les Etats-Unis veulent au contraire le renforcer.

L’ambassadeur américain, John Bolton, a affirmé que les amendements proposés par la Russie "réduiraient grandement le champ" des sanctions. Les Occidentaux craignent que certains d’entre eux n’aboutissent à favoriser la prolifération, a-t-il indiqué.

En conséquence, a-t-il dit, les experts des Six, à New York et dans les capitales, vont examiner ces questions très techniques avant la prochaine réunion des ambassadeurs mercredi.

Les diplomates ont souligné que les véritables négociations n’avaient pas encore commencé.

"Nous sommes dans une phase où nous cherchons à comprendre les positions des uns et des autres", a déclaré l’ambassadeur de France, Jean-Marc de La Sablière. "Il s’agit de trouver le point d’équilibre entre les préoccupations de tous les partenaires. Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons avancer, de manière collective et donc efficace".
"Notre objectif à tous reste le même: mettre un terme aux activités dangereuses, reprendre les négociations", a-t-il ajouté.

Plus de deux mois après la date butoir – le 31 août – fixée à l’Iran par le Conseil de sécurité pour suspendre l’enrichissement sous peine de sanctions, et trois semaines après le dépôt du projet européen, le Conseil de sécurité est encore loin de pouvoir passer à un vote.
Selon M. de La Sablière, la négociation proprement dite "prendra du temps".

Le projet européen prévoit des sanctions économiques et commerciales contre l’Iran dans les domaines liés au nucléaire et aux missiles balistiques, ainsi que des sanctions individuelles – interdiction de voyager et gel des avoirs financiers à l’étranger – contre les Iraniens associés à ces activités.

La Russie a proposé des amendements très importants, restreignant le champ des mesures envisagées et supprimant toute sanction individuelle. Moscou et Pékin, qui ont d’importants intérêts économiques en Iran, rechignent à lui imposer des sanctions trop sévères.

En revanche, les Etats-Unis, qui poussent à l’adoption rapide de sanctions, veulent durcir le texte européen, notamment en affirmant que le programme iranien constitue "une claire menace à la paix et la sécurité internationale" et le qualifiant de "programme d’armement nucléaire".