Reuters Le Conseil de Sécurité de lONU doit se réunir à propos de lIran la semaine prochaine, a déclaré mercredi un haut diplomate de lUE tandis que le conseil des gouverneurs de lorgane de surveillance nucléaire examine un rapport sur les ambitions nucléaires de lIran, qui le considère comme étant «politisé».
LIntervention du conseil en raison des suspicions selon lesquelles lIran cherche à se procurer la bombe atomique semble inévitable après que Téhéran ait repoussé une offre de la Russie lui permettant de mener des recherches nucléaires limitées sil jure de renoncer à la production industrielle de combustible pendant 7 à 9 ans.
Le conseil des gouverneurs, composé de 35 nations, de lAgence Internationale de l’Énergie Atomique a renvoyé lIran au conseil il y a un mois et lui a demandé de mettre en suspens ses travaux denrichissement duranium et darrêter de faire entrave aux enquêtes de lAIEA sur la nature de son programme nucléaire.
Mais le rapport du directeur de lAIEA, Mohamed ElBaradei, remis à la session du conseil cette semaine, affirme que Téhéran avait généralement méprisé la décision du 4 février en développant une campagne pilote denrichissement, invitant le Conseil à intervenir et éventuellement à envisager des sanctions.
Le haut diplomate des trois puissances de lUE, la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne, a déclaré que limpasse, à laquelle leurs efforts et ceux de la Russie pour résoudre la crise par la diplomatie avaient mené, signifiait que le conseil devrait commencer les délibérations la semaine prochaine.
Demandant à ne pas être identifié en raison du caractère sensible du sujet, il a affirmé que le conseil agirait rapidement afin de délivrer « une déclaration présidentielle » appelant lIran à suspendre toute activité denrichissement de combustible atomique et à coopérer totalement avec les enquêtes de lONU sur la nature de ses ambitions atomiques.
Si lIran défie ces exigences, le conseil pourrait répéter ce message accompagné dune éventuelle menace daction sil restait ignoré.
Mais la solution de sanctions du conseil semble encore inaccessible, puisque la Russie et la Chine, détenant toutes deux un pouvoir de veto, tout en partageant la résolution de lOccident de priver lIran de technologie nucléaire à usage militaire potentiel, sopposent désormais à isoler lIran où toutes deux ont des intérêts commerciaux majeurs.
Le diplomate a ajouté quà ce stade, lintervention active du Conseil de Sécurité était nécessaire et inévitable puisque « il ny a aucun signe indiquant que lIran accepterait un compromis ».
Les États-Unis et les « 3E » ont également repoussé la proposition russe, lancée de manière informelle lors de consultations privées, car elle naurait pas empêché lIran de mettre au point une bombe via la recherche sur lenrichissement.
LA RUSSIE SERRE LES RANGS AVEC WASHINGTON
Blessé par le rejet de son ballon dessai après que ses discussions privées avec les dirigeants occidentaux à ce sujet aient été divulguées à la presse, Moscou a ensuite publiquement serré les rangs avec Washington et les 3E en déclarant quelle navait proposé aucun nouveau plan.
LIran prétend que son programme nucléaire a pour unique objectif la génération délectricité pour son économie en expansion. Cependant, le pays a dissimulé à lAIEA ses recherches atomiques pendant 18 ans et appelle à la destruction dIsraël, ce qui a alerté lOccident.
Mais lIran insiste sur son droit à une industrie atomique pacifique en vertu du Traité de Non-prolifération. Les Iraniens avancent que le recours de lAIEA au Conseil de Sécurité est motivé par le projet des États-Unis disoler et de renverser son gouvernement islamiste.
« La question nucléaire purement technique de la République Islamique dIran est politisée », a affirmé le gouvernement iranien dans un communiqué sur le rapport dElBaradei juste avant le début du débat de mercredi.
« Des informations tendancieuses, exagérées et injustifiées ont trompé la communauté internationale », affirme le communiqué.
Il ajoute que lIran sétait mis en quatre pour coopérer avec les enquêtes de lAIEA ces trois dernières années, fournissant de « volumineuses informations », autorisant laccès à des sites militaires et organisant des entrevues, bien que de telles mesures ne soient pas obligatoires en vertu du Traité de Non-prolifération.
ElBaradei a affirmé que la coopération de lIran avec les enquêtes demeurait sélective. Il a donné des exemples où le pays a refusé de fournir des documents, nié laccès à des personnes que lAIEA voulait interroger et na pas clarifié certaines allégations sur le lien militaire de ses recherches nucléaires.
Un communiqué de lUE devant être délivré à la session du conseil de lAIEA de mercredi, répète que lIran doit stopper dans les plus brefs délais toutes ses recherches nucléaires ou subir la pression du Conseil.
La décision de lIran de faire entrave aux inspections de lAIEA après que le conseil des gouverneurs ait informé le Conseil de Sécurité le mois dernier, renforce les suspicions à propos des objectifs des Iraniens, explique le communiqué de lAutriche, détenant la présidence tournante actuelle de lUE.
La déclaration de lUE interdit même les recherches à petite échelle avec des centrifugeuses, machines qui convertissent le gaz duranium UF6 en combustible pour des réacteurs nucléaires, ou bien sil est enrichi à un haut niveau, pour le cur fissile de têtes nucléaires.
« Des questions fondamentales restent sans réponse (et) pourraient revêtir une dimension militaire, par exemple un document lié à la fabrication de composants darmes nucléaires », selon le communiqué. LIran a montré ce document aux inspecteurs, affirmant que des profiteurs vendant au marché noir le leur avaient fourni sans quils en fassent la demande, mais a refusé de laisser lAIEA en faire une copie.

