vendredi, décembre 9, 2022
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Révocation de Laridjani : une amputation indispensable

CNRI – La révocation par le guide suprême des mollahs d’Ali Laridjani, le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale et négociateur en chef nucléaire avec l’Union européenne, et son remplacement par Saïd Jalili, marquent la fin d’un  round avec l’occident pour gagner du temps dans la course à la bombe. Cela vient démontrer que le régime est incapable de la moindre flexibilité et que l’espoir de l’UE d’obtenir des concessions par le biais de négociations n’est qu’un mirage. Rien ne détournera le régime de sa course à l’arme atomique.

Laridjani l’a reconnu après sa mise à l’écart:  “En principe, les décisions sur les questions stratégiques de notre pays comme le projet nucléaire sont prises au niveau du Conseil suprême de sécurité nationale (le CSSN) avec l’approbation du guide suprême. La politique nucléaire du pays ne changera pas avec un changement du secrétaire du CSSN ni même de président.” (Radio Téhéran, 23 octobre)

Laridjani est un ancien commandant des gardiens de la révolution (le CGR). En tant que secrétaire du CSSN, le plus haut organe de décision de la dictature, il ne peut absolument pas passer pour un modéré. Comme l’a dit Maryam Radjavi, le départ de Laridjani est une acte chirurgical politique au sein d’un régime en plein déclin.

Les divergences entre Laridjani et Ahmadinejad sont réelles mais il ne s’agit pas d’une querelle. En fait Khamenei et son protégé, Ahmadinejad, ont atteint un stade où ils ne peuvent montrer de flexibilité, même dans les formes, car le régime est devenu trop fragile de l’intérieur. La date de consommation de Laridjani est périmée. Khamenei a dû choisir entre lui et Ahmadinejad et il a tranché. Il a révoqué un homme utilisé pour leurrer l’occident et qui ne sert plus à rien. Ahmadinejad vient du reste d’annoncer qu’il allait passer à la trappe une quarantaine d’autres responsables jugés trop faibles. 

Cette révocation signe à nouveau l’échec de la politique de complaisance  des gouvernements occidentaux, en particulier de l’UE, avec Téhéran. Ce n’est pas simplement un échec des négociations, mais aussi un échec des négociations pour les négociations, la politique que Javier Solana mène depuis deux ans avec Laridjani. Il est donc plus urgent que jamais de l’abandonner. 

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