mercredi, novembre 30, 2022
AccueilActualitésActualités: Iran & MondeQuelle politique iranienne de la France

Quelle politique iranienne de la France

Afrique Asie, juin 2007 – Quelle sera la politique iranienne du nouveau gouvernement français ? Les chancelleries s’interrogent après l’élection présidentielle. Pour certains, l’arrivée d’un gouvernement proche des milieux d’affaires va encore accentuer le clientélisme économique aux dépens d’un rôle stratégique intelligent dans la région. La France continuerait ainsi d’être l’amie des despotes. Pour d’autres, avec Nicolas Sarkozy à la présidence et Bernard Kouchner aux Affaires étrangères, l’axe Paris-Washington va se consolider, y compris sur le dossier nucléaire iranien. La question majeure est de savoir s’il y aura une rupture avec la politique menée par Chirac.

L’opposition française à la guerre en Irak a été saluée à juste titre par le monde. Mais en même temps, les mollahs ont tiré profit des conséquences de cette guerre. Les échanges commerciaux entre les deux pays dépassent les 3 milliards en 2006 et la France laïque est devenue un partenaire majeur de la dictature religieuse. Les déboires judiciaires du PDG de Total, Christophe de Margerie, révèlent les dessous de l’implication des firmes françaises dans ce pays géré par des groupes mafieux. 

Déjà en 1997, Total avait obtenu un contrat de 2,4 milliards de dollars pour le gisement de Pars Sud. Ce contrat a été signé à une époque où les pays européens avaient rappelé leurs ambassadeurs après le verdict sur les assassinats des opposants kurdes à Berlin. Depuis la guerre, les contrats fusent. Ils ne se limitent pas à Total, d’autres firmes françaises ont été conviées au festin : Alcatel, Renault, Peugeot … Cela n’a pas été sans contrepartie. Les autorités iraniennes exigent d’ailleurs ouvertement des pressions sur les opposants iraniens en France. Les années Chirac ont été à ce titre les années de toutes les compromissions.

Le 17 juin 2003, les bureaux du Conseil national de la résistance iranienne en région parisienne avaient été la cible d’une rafle spectaculaire de la police. 164 réfugiés politiques iraniens avaient été arrêtés. Tous ont été libérés par la suite et, depuis, le dossier d’accusation de terrorisme tourne au ridicule. Après cette rafle, le journal Hamchahri du 22 juin annonçait que, bien que la BP eût offert un coût moins élevé, c’est Total qui avait gagné l’appel d’offres pour le gisement gazier de Pars Sud.

Mais l’échec majeur de cette politique aura été les quatre années de vains efforts de la Troïka européenne (France, Allemagne, Grande-Bretagne), pour amener les mollahs à la table des négociations sur le dossier nucléaire. Elle n’a pas compris que la fragilité intérieure de ce régime l’oblige à se radicaliser davantage.

A.A.

FOLLOW NCRI

16,297FansLike
7,743FollowersFollow
377SubscribersSubscribe