vendredi, janvier 27, 2023
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Pourquoi le régime iranien refuse les inspections de ses sites nucléaires ?

Pourquoi le régime iranien refuse les inspections de ses sites nucléaires ?

Les chefs de la diplomatie américaine et iranienne ont mené samedi à Genève d' »intenses » tractations mais des divergences demeurent à un mois de la date butoir pour sceller un accord sur le programme nucléaire de Téhéran. La rencontre entre le secrétaire d’Etat américain John Kerry et le ministre des affaires étrangères du régime iranien, Mohammad Javad Zarif samedi dernier à Genève, n’a pas permis d’aplanir les divergences pour permettre de faire avancer les négociations sur le programme nucléaire du régime iranien, a avoué le numéro deux de l’équipe des négociateurs du régime iranien à l’issue de la rencontre.

Abbas Araghchi reprenant les déclarations de son Guide suprême avait été clair : Téhéran refuse que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) mène des « inspections de ses sites militaires » et interroge ses scientifiques dans le cadre d’un éventuel règlement.

« L’interrogatoire de nos savants est définitivement hors de question et l’inspection des sites militaires aussi », a déclaré Araghchi.

Cette position avait été fermement exprimée le 20 mai par le guide suprême des mollahs, Ali Khamenei.

Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius lui avait emboîté le pas, prévenant que Paris « n’accepterait pas » d’accord s’il n’y avait pas de « vérification » de « toutes les installations iraniennes, y compris les sites militaires ».

Pourtant des Pasdaran allaient encore plus loin en formulant des menaces sans ambigüité. Le Commandant en chef des Gardiens de la révolution de la province de fars, le général Gholamhossein Gheibparvar, a fociféré récemment : « Vous auriez tort d’oser vouloir inspecter nos centres militaires et celui qui viendraient voir les centres des pasdaran, nous allons remplir sa gorge avec du plomb fondu»!

Alors que le temps presse, pourquoi le régime iranien refuse ces inspections ? Après un accord provisoire en novembre 2013 et un accord de principe le 2 avril, les parties n’ont que jusqu’au 30 juin pour finaliser l’accord.

Officiellement le guide suprême évoque la protection de ses intérêts nationaux pour refuser l’entrée des inspecteurs de l’AIEA dans les sites militaires ou l’audition des responsables directs de ce programme secret.

Alors que le protocole additionnel au Traité de non prolifération, dont l’application a en principe été acceptée par Téhéran dans le cadre d’un accord future sur le nucléaire, permet des inspections poussées des sites nucléaires mais aussi l’accès à d’autres sites, y compris des sites militaires, par les inspecteurs de l’AIEA.

Le directeur de l’AIEA Yukiya Amano avait souligné la semaine dernière la nécessité pour l’agence onusienne, d’avoir accès à tous les sites, y compris militaires.

Des révélations qui tombent au mauvais moment

Mais quand on se penche depuis 13 ans sur les révélations de l’opposition iranienne d’une part, et les découvertes de l’AIEA de l’autre, on saisit que les dimensions militaires de ce programme sont en effet dissimulé dans des sites militaires. Par exemple, les tests d’explosifs expérimentaux se sont déroulés à la base militaire Parchin dont le régime refuse l’accès aux inspecteurs.

Les révélations récentes du Conseil national de la Résistance iranienne montrent que le régime iranien continue de collaborer avec la Corée du Nord sur les ogives nucléaires et les missiles balistiques dans le site militaire de Khoijeir, situé au sud est de Téhéran.

Les informations obtenues par la Résistance de l’intérieur de l’Iran, font état d’une part des envois d’experts Nord Coréens à Téhéran, dont le dernier cas remonte à la fin avril 2015, et de l’autre de la présence d’experts nucléaires iraniens lors d’un récent test nucléaire en Corée du Nord.

Selon ces sources, durant la dernière semaine d’avril une délégation nord-coréenne, composé de sept experts d’ogive nucléaire et du système de guidage balistique a séjourné une semaine en Iran. Il s’agit de la troisième équipe nucléaire et balistique nord-coréenne à visiter l’Iran depuis le début de 2015. Une autre délégation, composée de neuf spécialistes nord-coréens, est attendue en Iran dans le courant du mois de juin.

Le personnage clé du programme iranien assiste au test nucléaire en Corée

Mohsen Fakhrizadeh, est le personnage-clé du volet militaire du programme nucléaire iranien. Général des pasdaran, il dirige le SPND qui supervise la fabrication de la bombe. Depuis 2006, Mohsen Fakhrizadeh est inscrit sur la liste des sanctions des Nations-Unies et cela fait plusieurs années que l’AIEA cherche à l’interroger. Dans sa décision du 29 août 2014, le département d’État américain a inscrit le « SPND » dans sa liste des sanctions en raison de sa participation dans la fabrication des armes de destruction massive.

Or selon les sources du CNRI, Mohsen Fakhrizadeh était présent en Corée du Nord le 12 avril 2013 lors du troisième test nucléaire de ce régime. Cette information avait été révélée il y a deux ans par le quotidien britannique The Times. Après plus de deux ans d’enquête, le CNRI a pu confirmé que Mohsen Fakhrizadeh s’est bien rendu en Corée du Nord, sous le pseudonyme Dr Mohsen Mohseni, via la Chine et a logé à l’hôtel Koryo de Pyongyang. Selon ces informations, deux autres experts nucléaires iraniens, du SPND, accompagnaient Mohsen Fakhrizadeh lors de ce déplacement et ils ont assisté au test de la bombe nord coréenne.

S’il est placé devant les inspecteurs de l’AIEA, le général Fakhrizadeh aura en effet du mal à expliquer pourquoi le directeur d’un programme nucléaire civil s’intéresse au test nucléaire de la bombe coréenne? C’est précisément ce que craint le Guide suprême iranien.

Tout cela indique clairement que les mollahs n’ont pas l’intention de renoncer à leur ambition d’acquérir l’arme stratégique. L’objectif de Téhéran n’est rien d’autre que la poursuite de la politique de dissimulation et de duplicité dans le but de pouvoir compléter un jour son programme nucléaire militaire.

La possibilité d’inspections inopinées, des sites militaires et non-militaires ; la responsabilité du régime pour s’expliquer sur les dimensions militaires de son programme; l’accès libre et inconditionnel aux experts nucléaires du régime et la transmission d’informations concernant les réseaux de contrebande d’équipements nucléaires (…) doivent faire parties intégrantes de tout accord nucléaire avec le régime islamiste. Dans le cas contraire, toute prétention d’avoir barré la voie de Téhéran à l’arme atomique n’est, dans le meilleur des cas, que pure illusion.

 

 

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