AccueilActualitésActualités: Terrorisme & intégrismePour changer l'Iran, visez les gardiens de la révolution

Pour changer l’Iran, visez les gardiens de la révolution

Lord KingPar Lord Tarsem King, Special pour the Times*

St. Petersburg Times, 19 février – Alors que la Secrétaire d'État Hillary Clinton s’adressait à des étudiants à Doha cette semaine, il est apparu que l'administration du président de Barack Obama avait enfin compris que le Corps des gardiens de la révolution iraniens (CGR) a pris un rôle de contrôle – et non de soumission – dans le leadership iranien. « L'Iran se dirige vers une dictature militaire », a-t-elle dit.

Soulignant le rôle des gardiens dans le développement nucléaire et militaire de Téhéran et proposant de viser le groupe dans les sanctions à venir, les autorités américaines estiment pouvoir porter préjudice au régime sans nuire aux Iraniens ordinaires. Tactiquement, la politique semble bonne si elle est appliquée avec de stricts contrôles.

Bien que fondés par l'ayatollah Khomeiny après la révolution de 1979 pour défendre le pouvoir religieux, les gardiens de la révolution sont désormais bien loin de leurs années de soumission vis-à-vis des religieux de l'Iran. Anciens et actuels membres des gardiens se bousculent désormais au sein du pouvoir à Téhéran. Le président Mahmoud Ahmadinejad, l’actuel président du Parlement Ali Larijani et l’actuel ministre de l'Intérieur Mostafa Mohammad Najjar ne sont que trois d'un grand nombre de personnes qui ont eu un long passé au sein des gardiens avant d’émerger comme des leaders au sein du groupe militants.

Toutefois, les gardiens ne sont plus simplement la bête militante entrée dans le monde politique de l'Iran. Au contraire, ils contrôlent maintenant une grande partie de l'économie iranienne, dont 30 % des exportations hors hydrocarbures de l'Iran et plus de la moitié des importations du pays, en plus de vastes contrats pour développer les champs pétroliers et gaziers.

Dans le climat actuel, avec les dirigeants iraniens affaiblis par les troubles internes qui ont explosé ces derniers mois dans des manifestations sans précédent à l'échelle nationale, l'administration Obama voit les gardiens remplacer potentiellement de nombreux centres de pouvoir à Téhéran. En vérité, le groupe répond uniquement au guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei. Viser les gardiens est une méthode politiquement saine qui non seulement ralentit les progrès nucléaires de l'Iran, mais atteint aussi le régime là où ça fait mal, à savoir sa poche.

En novembre, le groupe connu pour avoir dénoncé le programme nucléaire de Téhéran en 2002, a annoncé que les gardiens jouaient un rôle avancé nouveau au sein des dirigeants iraniens. La présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne, Maryam Radjavi, a annoncé que les autorités avaient organisé les services de renseignements du corps des Gardiens de la Révolution, qui est devenue la principale force de sécurité du régime. Dirigée par le haut commandant du CGR, cette restructuration marque une nouvelle étape dans l’avancée des gardiens pour le contrôle directe du régime.

Viser les gardiens a deux avantages évidents pour une administration Obama étiquetée faible pour faire face à la menace nucléaire de l'Iran et faible dans le soutien au mouvement d'opposition démocratique iranien. Les gardiens sont aujourd'hui le pilier financier et tactique du programme nucléaire de l'Iran et de son soutien au terrorisme ; mais plus encore, et potentiellement d'une plus grande importance, c’est la force qui a été utilisée pour réprimer le mouvement d'opposition iranien.

La semaine dernière, lors de tentatives du régime pour célébrer le 31e anniversaire de la révolution islamique, c’était les gardiens qui étaient là pour faire taire les protestations de l'opposition. Bien que les gardiens aient réussi à maintenir les manifestants loin de cœur de l'événement, alors même que M. Ahmadinejad a parlé de défi sur le programme nucléaire de Téhéran, le slogan «Mort au dictateur » peut être clairement entendu au loin.

Les Iraniens voient désormais les gardiens, comme la source de leur répression, tandis que l'Occident les considère comme la source du défi nucléaire de Téhéran. Vu que les objectifs de l'Occident pour arrêter le programme nucléaire de Téhéran convergent avec ceux du peuple iranien pour réaliser un changement démocratique, il est temps de cibler les gardiens avec des sanctions générales strictement appliquées.

Le soutien au mouvement démocratique du peuple iranien semble désormais être le plus grand instrument face à la menace du défi nucléaire iranien. Sanctionner les gardiens, tout en réduisant le financement au programme nucléaire de Téhéran, permettra de couper également le financement de la répression de l'Iran, aidant l'opposition démocratique iranienne à se développer.

* Lord King of West Bromwich, est membre travailliste de la Chambre des Lords britannique. Il est également membre du Comité parlementaire britannique pour la liberté en Iran.