mardi, février 7, 2023
AccueilActualitésActualités: Terrorisme & intégrismePas de détente entre l'Iran et les Etats-Unis à la conférence sur...

Pas de détente entre l’Iran et les Etats-Unis à la conférence sur l’Irak

Par Mona SALEM

Agence France Presse – L’Iran a accusé vendredi les Etats-Unis de "terrorisme" en Irak, douchant les espoirs d’une détente au sommet dans les relations entre les deux pays, lors la conférence internationale sur la reconstruction de l’Irak de Charm el-Cheikh (Egypte).

Des experts des deux pays se sont toutefois rencontrés en marge de la conférence, qui a en outre été marquée par une petite embellie dans les relations entre Washington et Damas, l’autre bête noire de l’administration américaine au Moyen-Orient.

Les rumeurs se faisaient très insistantes pour évoquer un possible entretien entre la secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice et son homologue iranien Manouchehr Mottaki, qui aurait constitué la rencontre au plus niveau depuis la rupture des relations diplomatiques entre des deux pays en 1980.

Mais les deux dirigeants n’ont eu aucun face-à-face, se contentant jeudi d’échanger quelques formules de politesse à un déjeuner.

Et vendredi, dans un discours devant les représentants d’une soixantaine de pays et organisations internationales, M. Mottaki a accusé Washington de se livrer à des actes de "terrorisme" en Irak.

Des experts iraniens et américains se sont toutefois rencontrés en marge de la conférence, d’après le chef de la diplomatie irakienne Hoshyar Zebari.

L’ambassadeur des Etats-Unis à Bagdad Ryan Crocker a confirmé avoir rencontré un vice-ministre des Affaires étrangères iranien, tout en minimisant la portée de l’entretien: "C’était très limité, très court et c’était sur l’Irak".

Les Etats-Unis semblent en revanche avoir assoupli leur position sur la Syrie, Mme Rice ayant rencontré jeudi pendant une demi-heure son homologue syrien Walid Mouallem, première rencontre à ce niveau depuis janvier 2004.

Elle a précisé avoir évoqué avec lui le "problème des combattants étrangers à l’origine de la plupart des attentats suicide en Irak".

"C’était une conversation très importante, je suis très heureuse que nous ayons eu cette opportunité", a-t-elle ajouté vendredi.

Les responsables de l’armée américaine en Irak ont eux aussi envoyé des signaux divergents sur la Syrie et l’Iran, notant jeudi une réduction du nombre de combattants étrangers passant par le territoire syrien, et annonçant vendredi l’arrestation de 16 Irakiens soupçonnés d’avoir fait entrer illégalement dans leur pays des armes en provenance d’Iran.
 
Les Etats-Unis accusent la Syrie de ne pas faire assez pour empêcher l’infiltration des insurgés en Irak. Ils accusent en outre Damas et Téhéran d’attiser la violence chez leur voisin, en finançant respectivement la rébellion sunnite et les milices chiites.

Au terme de leurs deux jours de travaux, les participants à la conférence – Etats voisins de l’Irak et représentants de la communauté internationale – se sont engagés à respecter "le principe de non-ingérence dans les affaires internes de l’Irak" et "l’obligation de tous les Etats à combattre" le terrorisme.

Ils "réitèrent en particulier leur appel à empêcher le transit de terroristes et d’armes vers et depuis l’Irak, et soulignent de nouveau l’importance de renforcer la coopération entre l’Irak et ses pays voisins pour contrôler leurs frontières communes".

L’Iran, la Syrie, l’Arabie saoudite, les Etats-Unis, l’Union européenne (UE) et l’ONU ont notamment pris part à cette réunion dans la station balnéaire égyptienne, située sur la mer Rouge.

Jeudi, les participants avaient adopté un plan quinquennal de sauvetage de l’Irak et promis d’annuler environ 30 milliards de dollars de dette.