mardi, novembre 29, 2022
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Paris hausse le ton contre l’Iran dans l’affaire d’un Français détenu

Paris hausse le ton contre l'Iran dans l'affaire d'un Français détenu Agence France Presse – La France a haussé le ton vendredi dans l’affaire d’un navigateur français détenu depuis près d’un an en Iran en compagnie d’un ami allemand, en laissant entendre, pour la première fois, que cette affaire aurait une dimension politique en pleine crise sur le nucléaire iranien.

La justice iranienne a refusé d’accorder la liberté conditionnelle à Stéphane Lherbier et Donald Klein, condamnés à 18 mois de prison pour être entrés illégalement dans les eaux territoriales iraniennes lors d’une partie de pêche en novembre 2005.

Paris a fait savoir vendredi que cette décision n’était pas juridiquement justifiée à ses yeux.
"Nous regrettons ce nouveau refus et nous nous interrogeons sur ses motivations", a déclaré le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Jean-Baptiste Mattéi.

Tout en se refusant à "tirer des conclusions" de manière explicite, Paris considère en effet que "d’un point de vue strictement judiciaire, il n’y a pas tellement de raisons de leur refuser une libération conditionnelle".

Les deux hommes avaient été arrêtés aux abords de l’île d’Abu Moussa, un secteur sensible occupé par l’Iran mais revendiqué par les Emirats arabes unis (EAU).

"Le message implicite des autorités françaises est que la marge de tolérance a une limite", explique Frédéric Tellier, spécialiste de l’Iran à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris).

"Il faut se demander si cela annonce un changement d’attitude de Paris à un niveau plus global", ajoute-t-il.

La France s’est gardée jusqu’à présent de faire le lien entre une affaire considérée comme strictement judiciaire et les tensions liées au refus par l’Iran de suspendre ses activités d’enrichissement d’uranium pouvant servir à la construction de l’arme nucléaire.

La réaction française intervient alors que des sanctions internationales contre l’Iran semblent inévitables après l’échec des discussions entre le Haut représentant de la politique étrangère de l’Union européenne, Javier Solana, et le négociateur iranien, Ali Larijani.

"La situation, bloquée sur le plan diplomatique, incite la France à se prononcer maintenant de façon plus claire en mettant en cause la sincérité de Téhéran", fait valoir Frédéric Tellier.

"Ces affaires de droit commun ou prétendues telles ont ponctué les relations entre l’Iran et d’autres Etats au gré des crises internationales", dit-il, en rappelant par exemple le cas d’Helmut Hofer, un homme d’affaires allemand arrêté en 1999 et condamné à mort après avoir eu une liaison sexuelle avec une iranienne. Il avait été finalement libéré après 22 mois de prison.

Signe que l’affaire est jugée de la plus haute importance à Paris, le président Jacques Chirac avait demandé à nouveau à la mi-septembre la libération de M. Lherbier lors d’un entretien avec un émissaire iranien qui était consacré au dossier nucléaire.

(AFP)

 
 

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