Par Hossein Abedini
Yorkshire Post Hossein Abedini est membre de la commission des affaires étrangères du Conseil national de la Résistance iranienne, lalliance des groupes de lopposition iranienne.
Après que la Corée du nord ait indigné le monde avec son essai nucléaire, quen est-il de cette autre membre potentiel du club nucléaire, lIran, la seule nation à avoir pris la défense cette semaine de la Corée du Nord ?
Cela fait maintenant moins dun an que le commandant des gardiens de la révolution, Mahmoud Ahmadinejad, est arrivé à la présidence de lIran et que Maryam Radjavi, la présidente de la République élue de lalliance des groupes de lopposition iranienne, le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) avait vu juste en qualifiant cette événement de déclaration de guerre à la population iranienne et la communauté internationale.
Ahmadinejad sest dépêché de nommer ses accolytes des gardiens de la révolution à tous les postes de pouvoir en Iran. Son gouvernement a été surnommé le « Whos Who du terrorisme ».
En Iran, le régime a développé et renforcé ses forces répressives, leur ordonnant de réprimer durement toute forme dopposition.
Hors dIran, les mollahs ont intensifié leur terrorisme, de manière plus évidente au Moyen-Orient, et en particulier en Irak. Au même moment, ils ont redoublé defforts pour acquérir des armes nucléaires et Ahmadinejad a appelé lui-même à la destruction dIsraël, ce que la possession de telles armes pourrait, évident, rendre possible.
En adoptant une approche de confrontation avec la communauté internationale, la machine de propagande des mollahs a travaillé dur pour convaincre le monde que son programme nucléaire est un point dhonneur national.
Cependant cela montre aussi que ce régime oppressif a été incapable de forcer la population à descendre dans les rues de Téhéran pour manifester son soutien.
A la place, selon les réseaux de sympathisants du CNRI en Iran, depuis quAhmadinejad est arrivé à la présidence, lIran a connu plus de 4200 manifestations et protestations, un taux jamais atteint en 27 ans de pouvoir religieux.
En mai, la population de quatre provinces azeri du nord-ouest de lIran sest massivement soulevée, attirant à son sommet plus de 100.000 personnes dans les rues. Plus de dix manifestants y ont perdu la vie quand les forces du gouvernement ont ouvert le feu.
A la même époque, une vague de protestations étudiantes, a traversé le pays. Les manifestants ont pris dassaut les bâtiments gouvernementaux, en scandant « A bas la dictature » et « le cri de la liberté en Iran, liberté, liberté ».
Deux mois à peine auparavant, plus de 10.000 personnes avaient été arrêtées lors dune grève des chauffeurs de bus de Téhéran. Dans la ville dAhwaz, dans le sud-ouest, des manifestants hostiles au pouvoir ont été pendus en public.
Le thème de ces protestations, y compris une manifestation de milliers de femmes à Téhéran en juin, était contrairement à limpression que le gouvernement veut donner au monde que les Iraniens veulent un changement et sont prêts à en payer le prix.
Une répression brutale des opposants, de arrestations arbitraires étendues, la torture et des châtiments barbares ainsi quune montée en flèche des exécutions, met en avant le prix que les Iraniens payent pour obtenir leurs droits élémentaires.
Le mois dernier, le régime a exécuté Valiollah Feyz-Mahdavi, âgé de 28 ans, un opposant ayant passé cinq années en prison, dont 546 jours dans les salles de torture du ministère des renseignements.
Le CNRI, avec son réseau en Iran, a été le premier à exposer les projets nucléaires clandestins des mollahs. Il bénéficie dun grand soutien des Iraniens et a la capacité de mobiliser la population.
En juillet, 30.000 Iraniens venus de toute lEurope se sont rassemblés à Paris pour soutenir la Résistance et la solution quelle apporte à la crise nucléaire iranienne un changement démocratique en Iran.
Maryam Radjavi a déclaré à plusieurs reprises que la Résistance iranienne ne souhaite ni laide financière ni aucun soutien de lOccident, mais attend de lui quil adopte une politique réaliste vis-à-vis des mollahs.
Le premier pas dans la mise en place de cette politique serait de retirer la marque injuste de terroriste du principal parti de lopposition iranienne, lorganisation des Moudjahidine du peuple dIran (OMPI), car létiquette de terroriste était au cur de la politique de complaisance précédente de Washington avec le régime iranienne.
Retirer cette marque et décider au Conseil de sécurité de lONU dimposer des sanctions au régime iranien, enverrait un message clair aux mollahs sur le sérieux de la demande de la communauté internationale. Ces mesures sont soutenues par une majorité de députés et plus de 150 membres de la Chambre des Lords.
Comme lavait dit lan dernier le négociateur en chef du régime iranien de lépoque, les mollahs ont dupé loccident en prétendant négocier, gagnant ainsi quatre ans durant lesquels ils ont fait avancer avec agressivité leur programme nucléaire.
Loccident, cependant, a fini par réaliser que quelles que soient les concessions ou les mesures incitatives offertes aux mollahs, ils nabandonneront pas leur poursuite des armes nucléaires.
Après tout, les armes nucléaires sont une condition préalable à la survie du régime théocratique et à la poursuite de leur politique expansionniste de lintégrisme islamiste.
Cependant, aussitôt que loccident a commencé à en prendre conscience et à considérer la nécessité de changements politiques, les mollahs sont passés au plan B connu et testé le terrorisme.
Dans la montée des crises au Moyen-Orient, plus particulièrement en Irak, en Palestine et au Liban, les mollahs cherchent à faire chanter loccident et à gagner davantage de temps pour compléter leur première bombe atomique.
A la lumière de léchec du régime iranien de suspendre lenrichissement duranium comme le demande la résolution 1696 du Conseil de Sécurité de lONU, il ne reste plus beaucoup de temps.
Soit la communauté internationale se montrera ferme et finira par saligner sur la population iranienne en forçant le régime à se mettre sur la défensive, soit la région se dirigera rapidement vers de plus grandes tensions, avec la course dAhmadinejad et son régime à la première bombe atomique.
Ce choix et ses conséquences nous reviennent.
13 octobre 2006

