lundi, juillet 22, 2024
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Nucléaire iranien : quand la complaisance fait long feu

Un rapport important mais sans surprise de Reuters du 24 mai a révélé que les États-Unis s’opposent activement à une résolution menée par l’Europe avant la réunion du Conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) sur l’Iran. Cette résolution vise à condamner le régime iranien pour ses avancées nucléaires militaires et son manque de coopération avec l’AIEA. L’opposition américaine à cette résolution a déclenché un débat sur les motivations de cette stratégie de complaisance insensée, en particulier dans un contexte d’inquiétudes croissantes concernant les ambitions nucléaires militaires du régime en Iran et les efforts de la communauté internationale pour les freiner.

Le programme nucléaire iranien fait l’objet d’une attention internationales depuis plus de 20 ans. Des décennies de négociations, d’incitation lucratifs, de garanties de sécurité, de concessions politiques et économiques et de réunions à tous les niveaux n’ont pas réussi à mettre le régime en conformité avec les traités internationaux. Au lieu de cela, Téhéran n’a cessé de développer ses capacités nucléaires illicites. En outre, les affirmations publiques de Téhéran selon lesquelles son programme serait « à des fins pacifiques et scientifiques » sont contredites par son non-respect et son obstruction constants.

Le jeu du chat et de la souris du régime avec l’organisme de surveillance nucléaire de l’ONU, notamment en entravant ses capacités de surveillance, en démolissant des sites nucléaires avant inspection, en refusant de clarifier les traces suspectes dans les endroits demandés par l’AIEA et en obscurcissant les preuves d’activités nucléaires, en dit long sur le mépris de Téhéran pour les traités internationaux et les efforts mondiaux visant à sauvegarder la paix et la sécurité. Les rapports de l’AIEA, ainsi que de nombreux cercles de réflexion et groupes d’études professionnels, mettent en lumière des centaines de cas de duplicité de l’Iran.

Contrairement à ce que suggèrent certains défenseurs de Téhéran, les responsables iraniens ont admis que le régime avait poursuivi clandestinement son programme nucléaire alors même que le monde pensait qu’il l’avait interrompu ses activités dans le cadre du Plan d’action global commun (JCPOA).

La Résistance iranienne, notamment le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), critique depuis longtemps les ambitions nucléaires du régime. Le CNRI n’a cessé de mettre en garde la communauté internationale contre les activités nucléaires clandestines de l’Iran et a fourni des renseignements critiques sur les avancées illicites du régime. Une chronologie fournie par le CNRI présente de nombreuses révélations au fil des années qui ont révélé l’ampleur des sites nucléaires et des installations souterraines iraniennes. Ces révélations ont souvent devancé les rapports officiels des organismes internationaux, soulignant le rôle important de la résistance dans la mise en lumière de la menace nucléaire du régime. Les révélations du CNRI ont joué un rôle crucial pour tenir la communauté mondiale informée de la véritable ampleur du programme nucléaire iranien, déclenchant souvent des inspections et des enquêtes plus approfondies de la part de l’AIEA.

Citant les niveaux d’enrichissement de l’uranium du régime supérieurs à 60 % et son utilisation de centrifugeuses très avancées, les experts et les dirigeants mondiaux ont spéculé sur la proximité de l’Iran d’acquérir des armes nucléaires. Cependant, il n’a pas été possible de définir les mesures à prendre pour l’empêcher. Alors que les États-Unis ont constamment réitéré leur détermination à empêcher un Iran doté de l’arme nucléaire, leurs actions ont souvent compromis cet objectif. L’opposition à la résolution menée par les Européens en est un bon exemple.

Les preuves historiques suggèrent que la complaisance n’a jamais conduit à l’obéissance du régime iranien. Cela n’a fait qu’encourager Téhéran à poursuivre ses ambitions nucléaires et a démontré une tendance à tirer parti des négociations et de la clémence internationale pour gagner du temps et développer ses capacités nucléaires militaires.

Les récentes déclarations et actions du régime iranien indiquent que Téhéran justifie déjà son statut d’État à seuil nucléaire. Les responsables utilisent fréquemment les médias d’État pour suggérer que l’Iran pourrait modifier sa doctrine nucléaire, que la fatwa du guide suprême interdisant les bombes nucléaires est sujette à révision, ou même laisser entendre que Téhéran possède déjà une arme nucléaire et préfère garder le silence à ce sujet. Cette rhétorique s’aligne parfaitement avec l’histoire de chantage atomique de l’Iran, encouragé par la faible réponse qu’il reçoit de l’Occident.

Deux décennies de persistance à faire avancer son programme nucléaire, de traînage des pieds dans les négociations, de violation des engagements du JCPOA et de tromperie de l’AIEA se sont heurtées à une quête infatigable, indestructible et inépuisable de la part de l’Occident pour réaliser ce qu’il ne parviendra jamais : faire renoncer Téhéran à son mécanisme stratégique de survie.

Si deux décennies d’échec politique ne peuvent pas aider les capitales occidentales à comprendre les conséquences dévastatrices de leurs vœux pieux, peut-être que l’instabilité économique et les conséquences sociopolitiques découlant de quatre décennies de fondamentalisme islamiste incessant indiquent ce qu’un Iran doté de l’arme nucléaire peut déclencher.