AccueilActualitésActualités: NucléaireManifestations de retraités, différend pétrolier et appels à des essais nucléaires aggravent...

Manifestations de retraités, différend pétrolier et appels à des essais nucléaires aggravent la crise en Iran sur fond de luttes intestines

Manifestations de retraités, différend pétrolier et appels à des essais nucléaires aggravent la crise en Iran sur fond de luttes intestines
Un homme accroupi dans une rue iranienne trie un tas de bouteilles en plastique jetées pour tenter de gagner de quoi subsister

Le pouvoir iranien fait face à des pressions sur plusieurs fronts simultanément : les retraités descendent à nouveau dans la rue, les salaires ne suivent plus l’augmentation du coût de la vie, la demande d’essence dépasse la production, et des allégations concernant des dizaines de millions de barils de pétrole ont ouvert un nouveau front au sein de l’appareil d’État.

Le 13 septembre 2026, des retraités affiliés à la Sécurité sociale ont manifesté à Ahvaz, Shush et Rasht. Selon l’agence ILNA, ces retraités ont affirmé que leurs revenus ne leur permettaient pas de couvrir leurs besoins pour la moitié du mois et se sont plaints que les arriérés étaient versés « au compte-gouttes ». Les manifestants réclamaient une revalorisation des pensions, un meilleur accès aux soins de santé, la protection des actifs de la Sécurité sociale et le remboursement des dettes de l’État envers la caisse.

Le fossé en matière de niveau de vie est considérable. Des rapports syndicaux estiment le coût mensuel pour faire vivre un foyer de la classe ouvrière à environ 90 millions de tomans, alors que les revenus minimums sont bien inférieurs à ce montant. Par ailleurs, des habitants de la région d’Esfarayen ont signalé des coupures d’eau prolongées ; l’agence Tasnim avait précédemment fait état de coupures ou de fortes baisses de pression affectant onze villages de la zone. Le carburant constitue un autre point de tension : l’agence Mehr a rapporté qu’en septembre, la consommation a atteint 145 millions de litres par jour pour une production d’environ 135 millions, tandis que la porte-parole du gouvernement, Fatemeh Mohajerani, a déclaré le 12 septembre que les quotas subventionnés resteraient inchangés « pour l’instant », mais que des modifications pourraient intervenir d’ici trois mois.

Pétrole, sécurité et répression
Le débat sur le carburant coïncide avec un différend pétrolier hors du commun. Le député Hossein Samsami a déclaré que plus de 86 millions de barils avaient été transférés à crédit à une seule personne, que seuls 30 millions étaient parvenus à l’acheteur final et que « le sort de plus de 56 millions de barils de pétrole reste incertain ».

La pression sécuritaire se maintient également dans le sud-est du pays. Le 12 septembre, le quartier général régional de la force Al-Qods (relevant du Corps des gardiens de la révolution islamique, ou CGRI) a annoncé que trois membres des Gardiens et quatre opposants armés avaient été tués à Saravan lors d’une opération conjointe impliquant le CGRI, la police et le ministère du Renseignement. Le diffuseur public IRIB a indiqué que le groupe préparait un assassinat ; des informations officielles ultérieures ont porté à cinq le nombre d’opposants armés tués.

La pression sur la contestation reste visible ailleurs. L’agence Tasnim a rapporté, le 7 septembre, que deux étudiants de l’université Shahid Beheshti avaient fait l’objet de décisions disciplinaires préliminaires — incluant l’exclusion et une suspension de deux semestres — en raison de ce qu’elle a qualifié de « troubles » au sein de l’université.

Les luttes intestines s’étendent au dossier nucléaire
Les tensions internes alimentent une lutte de plus en plus publique au sein de l’appareil d’État concernant la guerre, les négociations et la responsabilité de la situation critique dans laquelle se trouve l’Iran. Mehdi Fazaeli, un responsable lié au bureau des publications du Guide suprême, a pris pour cible l’ancien président Hassan Rohani, le qualifiant de chef du gouvernement « le moins efficace » de l’ère post-révolutionnaire et le dépeignant comme l’un des anciens présidents les plus impopulaires et les plus isolés du régime.

Ahmad Alamolhoda, représentant du Guide suprême à Machhad, a attaqué ce même courant politique le 11 septembre, imputant la guerre actuelle à l’accord sur le nucléaire conclu par Rohani. Rejetant les arguments en faveur d’une fin de la confrontation prolongée, il a affirmé que si l’ennemi devait combattre l’Iran pendant « 200 ans, 2 000 ans, voire 200 000 ans », l’Iran se devrait de continuer à se défendre.

La confrontation s’étend désormais à la question nucléaire. Le député Hossein-Ali Hajideligani a ouvertement appelé le régime à procéder aux essais nécessaires à la fabrication d’une arme nucléaire et a soutenu une initiative parlementaire urgente visant à retirer l’Iran du Traité sur la non-prolifération nucléaire.

Manifestations quotidiennes, effondrement du pouvoir d’achat, déséquilibres dans l’approvisionnement en carburant, accusations liées au secteur pétrolier, affrontements armés et luttes de factions convergent ; face à cela, la réponse dominante des tenants de la ligne dure privilégie de plus en plus un contrôle interne accru et une confrontation renforcée plutôt que l’apaisement.