
L’Iran se trouve aujourd’hui à un tournant décisif. La théocratie au pouvoir est plus faible, plus isolée et plus dépendante de la répression qu’elle ne l’a été ces dernières années. Pourtant, c’est précisément en raison de cette faiblesse qu’elle est devenue plus violente. À la suite du soulèvement de janvier 2026, le régime a cherché à imposer le silence par une répression massive, des exécutions et un climat de peur. Son objectif était clair : convaincre la société iranienne que la résistance avait été écrasée et que le régime en était sorti intact et victorieux.
La réalité s’est révélée bien différente.
Ni les exécutions ni l’intensification de la répression par le régime n’ont réussi à créer ce climat de désespoir et de résignation qu’il cherchait à imposer à la société iranienne. L’une des raisons principales en est la présence constante et l’activité croissante des unités de résistance des Moudjahidines du peuple (OMPI / MEK) à travers le pays. Opérant avec un courage remarquable dans un contexte de répression sévère, ces unités ont su maintenir vivant un esprit de résistance et de défi. Leurs actions incessantes au fil des ans — et tout particulièrement au lendemain de la répression sanglante du soulèvement de janvier 2026 — ont contribué à renforcer un climat de résistance plutôt que de soumission, contrecarrant directement la tentative du régime de convaincre la société que l’opposition organisée avait été anéantie.
Rapport hebdomadaire : Les unités de résistance intensifient leurs opérations nationales et commémorent le 61e anniversaire de l’OMPI https://t.co/KRZct1R7dC pic.twitter.com/2NH0wpJqqO
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C’est peut-être au sein des prisons iraniennes que ce phénomène est le plus manifeste. Les prisonniers politiques, confrontés à des pressions extrêmes et à de lourdes peines — nombre d’entre eux étant sous le coup d’une condamnation à mort —, ont continué à faire passer des messages de défi et de soutien à la résistance. En septembre, les détenus des prisons de Ghezel Hesar, Evin, Yazd, Machhad et Karaj ont marqué le 61e anniversaire de la fondation de l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI/MEK), veillant à ce que leurs messages parviennent au peuple iranien. Leurs paroles témoignent d’une réalité frappante :
Cette continuité revêt une importance particulière après les exécutions perpétrées cette année à l’encontre de membres et de sympathisants du OMPI. Neuf membres du OMPI/MEK ont été exécutés par le régime en 2026. Six ont été mis à mort entre le 30 mars et le 4 avril, suivis par les exécutions de Hamed Validi et de Mohammad (Nima) Massoum Shahi le 20 avril. Le 22 juillet, le régime a exécuté Mehdi Khanaki, un diplômé en droit âgé de 26 ans. Loin d’étouffer la résistance, ces exécutions en ont renforcé la portée pour une nouvelle génération de prisonniers politiques et de militants.
Cet acte de défi ne constitue pas une réaction isolée à la répression de 2026. Il reflète la logique même sur laquelle le OMPI/MEK a été fondé il y a plus de soixante ans.
Le 6 septembre 1965, Mohammad Hanifnejad, Saeid Mohsen et Ali Asghar Badizadegan ont créé l’organisation après avoir conclu que des décennies de lutte contre la dictature avaient échoué à maintes reprises, faute d’une force disciplinée et organisée capable de soutenir le combat pour la liberté. Les fondateurs eux-mêmes ont payé le prix ultime : Hanifnejad, Mohsen et Badizadegan ont été exécutés par le Shah en 1972 après avoir refusé de renoncer à leurs convictions.
Cinq décennies à tenter de minimiser le rôle de l’OMPI en Iran https://t.co/PLwtAbdLbh pic.twitter.com/6hp01kHvm5
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Pourtant, le principe pour lequel ils ont donné leur vie — à savoir que la liberté exige une résistance organisée, des sacrifices et un refus de céder face à la dictature — n’a pas disparu avec eux. Plus d’un demi-siècle plus tard, ce même principe perdure à travers les générations successives qui, des rues aux prisons et même à l’ombre de la potence, continuent de choisir la résistance plutôt que la soumission.
C’est cette continuité, allant des principes établis par les fondateurs jusqu’à la défiance d’une nouvelle génération face au régime des mollahs, qui confère une signification particulière à l’entrée du OMPI/MEK dans sa 62e année d’existence. En tant que principale composante du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), la persévérance, le renouveau et la capacité d’organisation du OMPI revêtent une importance majeure pour l’ensemble de la Résistance iranienne. L’élection de Mahnaz Maimanat au poste de nouvelle secrétaire générale, le 6 septembre, doit être envisagée dans ce contexte politique plus large.
La Résistance iranienne élit sa dixième secrétaire générale https://t.co/g3FL95TeNC pic.twitter.com/zuCYaK4ztH
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La portée de cette transition dépasse le cadre d’une simple décision organisationnelle interne. Dans un pays dirigé par un régime profondément misogyne, l’élection d’une femme à la tête du OMPI / MEK véhicule un message politique puissant. Depuis des années, les femmes occupent des postes de direction au sein de la Résistance iranienne. Leur rôle constitue un défi direct pour un système qui a institutionnalisé la discrimination à l’égard des femmes et cherché à les exclure des responsabilités politiques et sociales.
La réaction même du régime montre qu’il en a saisi toute l’importance. Ses médias ont accordé une large place à la transition à la tête de l’OMPI, reflétant la préoccupation constante des autorités face à un mouvement organisé qu’elles tentent, depuis des décennies, de…

