Agence France Presse – L’Iran, en raison de son programme nucléaire controversé, est sur la sellette devant le conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), réuni de lundi à vendredi à Vienne, alors que se poursuit au Conseil de sécurité des Nations Unies (Onu) le débat sur des sanctions renforcées.
Lundi, le Conseil de sécurité devrait d’ailleurs donner un tour de vis supplémentaire au régime de sanctions économiques et commerciales qu’il impose depuis quinze mois à l’Iran.
Une fois n’est pas coutume, certains diplomates proches de l’AIEA, une agence onusienne, ont suggéré de proposer le vote d’une résolution lors de la réunion du conseil des gouverneurs pour pousser Téhéran à répondre enfin à toutes les demandes d’informations exigées.
L’adoption d’une résolution est un fait plutôt rare — la dernière a été votée il y a près de deux ans — et marquerait l’impatience croissante de l’AIEA vis-à-vis de la République islamique: "Ce serait un moyen de faire passer notre message d’augmenter la pression sur l’Iran", a souligné un diplomate sous couvert d’anonymat.
Dans son dernier rapport, fin février, le directeur général de l’agence, l’Egyptien Mohamed ElBaradei, avait estimé que si Téhéran avait effectivement fait "des progrès" dans ses réponses aux questions de l’AIEA, il refusait toujours de répondre aux accusations sur son programme présumé de recherche à des fins militaires, comme d’arrêter ses activités en vue de l’enrichissement d’uranium.
Pour Téhéran, son programme nucléaire ne sert qu’à des fins civiles, afin de répondre aux besoins énergétiques croissants du pays et l’Iran, par la voix d’un porte-parole du gouvernement iranien, Gholam Hossein Elham, a encore qualifié le 1er mars toutes nouvelles sanctions de l’Onu "d’illégales". Et, le même jour, le président Mahmoud Ahmadinejad avait réaffirmé que "cent ans de résolutions" de l’Onu ne changerait "rien".
Or, lors d’une récente réunion d’information au siège de l’AIEA, le directeur adjoint, le Finlandais Olli Heinonen, a présenté une documentation détaillée indiquant que l’Iran poursuivait des études de fabrication d’armements non-conventionnels, ont indiqué des diplomates ayant participé au briefing.
De plus, les documents présentés suggéraient, selon la même source, que l’Iran a poursuivi ses recherches militaires après 2003, alors que des agences de renseignement américaines avaient affirmé en décembre que Téhéran avait cessé ces recherches à cette date.

