By Jubin Afshar
Near East Policy Research Le président du régime iranien la qualifié de « bonne nouvelle ». Le monde cependant, le voit avec beaucoup dinquiétude et condamne la dernière provocation en date de la théocratie dIran qui enrichit de luranium après avoir dissimulé pendant 18 ans un programme nucléaire secret que beaucoup suspectent davoir pour objectif le développement darmes nucléaires.
Le régime iranien cherche à obtenir la capacité nucléaire afin dassouvir ses ambitions de domination dun monde musulman et de menacer la sécurité régionale et mondiale depuis une position de pouvoir, la tête dun nouveau « Califat » (empire islamique). Cest là le rêve des extrémistes islamiques de Khomeiny depuis la révolution islamique de 1979. Les idéologues du régime font référence depuis longtemps à la place légitime de lIran en tant que leader du monde musulman en imposant son modèle sociopolitique et économique régressif et limité, diamétralement opposé aux valeurs démocratiques et aux droits humains.
LOccident sest dangereusement trompé sur les mollahs et pendant trop longtemps. Les experts occidentaux et les intellectuels peinent à identifier une éventuelle modération de son fondamentalisme fanatique et à discerner les signes dun pragmatisme émergeant qui selon leurs espérances aurait dû être amené par le commerce et lengagement, comme laurait voulu la logique. Mais plus lOccident sengage dans un dialogue décisif et constructif, plus les mollahs apprennent quils pourraient jouer avec le système et gagner leur place tout en dupant les dirigeants occidentaux trop réticents à légard des conflits et de la fermeté. En augmentant les richesses de lIran en gaz et en pétrole, son énorme potentiel de marché, son influence politique dans la région et ses capacités terroristes inexprimées mais distinctes, les mollahs dIran ont fait du chantage et ont pris en otage la politique occidentale dans la région. Une piètre et égocentrique réponse de lOccident, produit dune politique étrangère commerciale, nest pas parvenue à réfréner leur soif dexpansion ni la réalisation de leur rêve de « Califat islamique ».
En 1998, ladministration Clinton a offert à lIran de Khatami un bouc émissaire (les Moudjahidin-e Khalq iraniens / MEK / OMPI) en faisant paraître sur la liste des organisations terroristes étrangères le mouvement de résistance légitime aux mollahs. La plupart des Iraniens ont considéré ceci comme un geste grossier face aux nouveaux despotes iraniens. Il na pas fait non plus de bien à ladministration car comme ils disent dans la rue en Iran « Donnez une main à un mollah et il réclamera tout votre bras ».
LEurope ne sest pas mieux comportée dans la compréhension de la dynamique du problème iranien. Les Européens ont soigneusement entrepris de construire des ponts pour la théocratie en Iran. Jack Straw a admis récemment quil était personnellement intervenu dans les requêtes des ayatollahs pour placer lOMPI sur la liste britannique des organisations proscrites en 2000. Le bureau des Affaires Etrangères, sous la direction de M. Straw, a également joué un rôle crucial pour placer le nom de lOMPI sur la liste de la terreur de lUE en 2002.
Il serait convenable de demander à quels actes terroristes lOMPI a participé pour mériter de figurer sur ces listes. La réponse à cette question réside dans les aveux de M. Straw et de M. Martin Indyke selon lesquels il sagissait de gestes de bonne volonté vis-à-vis de Téhéran. Le gouvernement britannique a admis que lOMPI ne posait aucune menace à la sécurité des intérêts américains, britanniques ou européens. Une enquête de seize mois réalisée par sept agences américaines sur des milliers de membres de lOMPI en Irak na découvert aucun lien non plus avec le terrorisme. Une politique étrangère commerciale désirant un assouplissement des mollahs dIran sest servie de manière amorale de lOMPI pour soudoyer les mollahs et les faire devenir des membres respectables de la communauté internationale. Cela na tout simplement pas fonctionné.
Désormais tout est à leau et lon joue cartes sur table. Les pots-de-vin de lOccident nont pas calmé les mollahs, le régime iranien a un programme darmes nucléaires avancé et une capacité de frappe ouvertement admise, il se vante de vouloir rayer des nations et des peuples de la surface de la terre, il a déjà rayé une génération entière de partisans de la liberté et continue de mener une campagne brutale de répression dans la société iranienne et en particulier contre les femmes, il milite pour la formation dune « Loi islamique mondiale », il alimente les violences sectaires en Irak et encourage le terrorisme à travers le Moyen Orient. Le temps est venu dadmettre que le monde a besoin de changer les choses en Iran et de le faire rapidement sil veut éviter de faire face aux conséquences horribles dun conflit dévastateur.
Le régime fondamentaliste islamique dIran a un talon dAchille : le peuple iranien et une opposition musulmane diamétralement opposée qui défie la suprématie des mollahs en interprétant la religion islamique, soit les Moudjahidine du peuple. LOMPI est le seul mouvement musulman réclamant et agissant en faveur dun Etat laïque. Maryam Radjavi, présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), a récemment parlé au Conseil de lEurope du plan en 10 points de son parlement en exil pour lavenir de lIran :
1- De notre point de vue, le vote populaire est le seul critère de légitimité et cest pour cela que nous voulons une république fondée sur le vote populaire.
2- Nous voulons un système pluraliste, la liberté de partis et dassemblée. Dans lIran de demain, il existera une liberté totale dopinion, dexpression et de la presse et toute censure ou inquisition, sera interdite.
3- Dans lIran libéré de loppression des mollahs, nous nous engageons à défendre et maintenir labolition de la peine de mort.
4- La Résistance iranienne établira la séparation de la religion et de lEtat. Toute forme de discrimination contre les fidèles des diverses religions et cultes, sera interdite.
5- Nous croyons dans légalité totale des femmes et des hommes pour tous les droits politiques et sociaux et la participation égale des femmes à la direction politique. Toute forme de discrimination contre les femmes sera abolie, et elles auront notamment le droit de choisir leurs vêtements.
6- Nous voulons instaurer un système judiciaire moderne basé sur le respect de la présomption dinnocence, le principe du droit à la défense et lindépendance totale de la justice. Les châtiments cruels et dégradants seront abolis.
7- Nous nous engageons à respecter la Déclaration universelle des droits de lhomme, les pactes et les conventions internationales, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, la Convention contre la torture et la Convention pour lélimination de toutes les discriminations contre les femmes.
8- Nous reconnaissons la propriété privée, linvestissement privé et le libre échange.
9-Nous voulons que notre politique étrangère soit fondée sur la coexistence pacifique, la paix et la coopération internationale et régionale, et le respect de la Charte des Nations Unies.
10-Nous voulons que lIran libre de demain soit un pays non atomique et sans arme de destruction massive.
Le CNRI et lOMPI méritent le soutien moral et politique du monde libre tandis quils luttent pour changer le régime brutal qui gouverne lIran aujourdhui. Ils ne cherchent pas ni nont besoin dun soutien financier ou technique. Ils sont plein de ressources et intelligents et bénéficient de lappui dun grand nombre dIraniens à lintérieur de lIran et à létranger. Tout ce dont le monde a besoin est que lOccident se rende compte de son erreur en leur ayant imposé une étiquette de terroristes dans une tentative vaine de gagner la faveur des mollahs.
Ils sont le plus grand espoir du monde pour la paix et la démocratie dans cette région en proie aux troubles doù pourrait éclater une guerre catastrophique. Comme Maryam Radjavi la dit au Conseil de lEurope la semaine dernière, « Je suis venue pour dire que la communauté internationale na pas à choisir entre des mollahs armés de la bombe nucléaire ou une guerre ». Elle a ensuite proposé sa propre solution à la crise iranienne, la troisième option : « Un changement démocratique amené par les Iraniens et leur résistance organisée » et a souligné que « faire des concessions aux mollahs nest pas une façon déviter la guerre. Cela ne fait quaugmenter les probabilités dune guerre. Il est nécessaire de réagir rapidement. Nous navons pas beaucoup de temps ». Le monde ferait bien découter cet appel le plus tôt possible.
Jubin Afshar est directeur des Etudes sur le Proche Orient à Near East Policy Research, société de recherches et danalyse de politique étrangère à Washington DC. – http://www.neareastpolicy.com/

