
Une nouvelle déclaration du soi-disant « Front réformiste » du régime iranien, prônant la suspension de l’enrichissement de l’uranium, des négociations directes avec les États-Unis et un prétendu « plan de réconciliation nationale » pour la levée des sanctions, a ravivé les tensions et les hostilités ouvertes entre les factions au pouvoir. Les réactions virulentes des médias d’État et des imams du vendredi nommés par le guide suprême du régime, Ali Khamenei, soulignent non seulement la sensibilité de la question nucléaire et des relations avec les États-Unis, mais aussi la profonde crise de légitimité et l’impasse politique du régime.
Attaques cléricales contre la déclaration
L’agence de presse officielle Rasa a qualifié cette déclaration de « parachèvement du travail inachevé des États-Unis », utilisant un langage idéologique et sécuritaire pour la présenter comme « un rappel des positions des groupes contre-révolutionnaires avant les soulèvements armés ».
Ahmad Alamolhoda, représentant de Khamenei et imam de la prière du vendredi à Machhad, a rejeté l’initiative, la qualifiant de « liste dictée par l’Amérique ». Il a averti qu’accepter la supervision de l’Agence internationale de l’énergie atomique et des négociations directes avec Washington signifierait « abandonner les principes anti-impérialistes du régime ».
Dans le même ordre d’idées, le religieux Allah Nour Karimi Tabar, imam de la prière du vendredi à Ilam, a cité l’exemple de la Libye, déclarant : « Cette déclaration est exactement la voie empruntée par la Libye ; abandonner les armes et négocier avec l’Amérique a finalement conduit au sort de Kadhafi. »
Cadre sécuritaire et polarisation fabriquée
Les organes de propagande du régime ont rapidement emboîté le pas. L’agence de presse Tasnim a qualifié la proposition réformiste de « virus du culte occidental », insistant sur le fait que suspendre le programme nucléaire et négocier directement « ouvrirait les portes du pays aux puissances étrangères ». Une telle rhétorique reflète la stratégie de longue date du régime, qui consiste à sécuriser le discours et à fabriquer la fausse dichotomie « résistance contre reddition » pour préserver la dictature chancelante de Khamenei, dans un contexte d’impasse nucléaire et d’une société au bord de soulèvements explosifs.
Parallèlement, Shabir Firoozian, vice-ministre de la Culture et de l’Orientation islamique du régime, a déclaré à Didban Iran que les réformistes étaient des « éléments frappés par l’Occident » et a souligné que « le régime doit changer de paradigme et renoncer à de nouvelles négociations ». Cette position révèle ouvertement que le régime ne voit d’autre issue que la poursuite de la répression, annonçant le compte à rebours de sa chute.
Signes d’une impasse structurelle
Cet affrontement entre factions ne concerne pas uniquement le dossier nucléaire. Il reflète une crise structurelle plus profonde : l’incapacité du régime à redéfinir son modèle de survie. Pris entre l’intensification de la répression pour maintenir le statu quo et un renversement inévitable, les factions au pouvoir sont de plus en plus divisées et affaiblies.
Les « extrémistes » comme les « réformistes » font partie intégrante du même appareil dictatorial. Leurs querelles publiques ne représentent pas de véritables alternatives, mais ne font que souligner la fragilité du régime. Le dernier conflit montre que les contradictions internes du régime ont atteint un point où l’existence même de son modèle de gouvernement est remise en question, signalant une marche irréversible vers l’effondrement.
Ces querelles sont les signes d’un régime affaibli qui perd progressivement le contrôle de ses propres éléments et piliers du pouvoir. Et à mesure que le régime perd le contrôle du pouvoir, son ennemi le plus redouté, la colère du peuple iranien, le rattrapera et le renversera définitivement.

