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L’effondrement économique de l’Iran s’aggrave : 80 % de la population est confrontée à la pauvreté

L'effondrement économique de l'Iran s'aggrave : 80 % de la population est confrontée à la pauvreté
Manifestations dans les rues en Iran – Septembre 2022

Le 30 août, l’économiste Morteza Afqah, proche du régime, a averti que le projet du gouvernement d’unifier le taux de change pourrait avoir des conséquences catastrophiques.

« Les décideurs politiques écrivent des rêves, pas des politiques », a déclaré Afqah. « Avec des réserves de devises étrangères historiquement basses, promouvoir un taux de change unique ferait passer 80 % des Iraniens sous le seuil de pauvreté. »

Afqah a critiqué les décideurs politiques pour leur mépris des réalités économiques, arguant que ces « réformes de papier » profiteraient aux élites tout en dévastant les groupes à faibles et moyens revenus. Selon les analystes, ce plan vise à consolider les recettes du régime tout en reportant le coût de la crise sur les citoyens ordinaires, attisant ainsi la colère publique dans un contexte déjà explosif.

Pannes d’électricité et pénuries d’eau paralysent les entreprises
Des rapports révèlent que des pannes d’électricité continues de six à dix heures et des pénuries d’eau généralisées poussent les entreprises au bord de la faillite.

Le 25 août, des commerçants et des habitants de Babolsar ont organisé leur quatrième manifestation en une semaine contre les pannes d’électricité persistantes, les coupures d’eau et les perturbations d’internet, se rassemblant devant le bureau du gouverneur.
À Behbahan, des chauffeurs routiers ont protesté après que les fermetures d’usines de ciment causées par des pannes de courant ont anéanti les opportunités d’emploi. Le 24 août, des agriculteurs de la province du Khuzestan ont bloqué la route Seydoun-Kohgiluyeh, dénonçant des projets de détournement d’eau qui menacent l’agriculture et les moyens de subsistance.

Parallèlement, les prix des denrées alimentaires flambent. Le ministre de l’Agriculture, Gholamreza Nouri Qazaljeh, a admis que les coupures de courant répétées ont contraint les aviculteurs à abattre prématurément leurs volailles, faisant grimper les prix du poulet de plus de 26 % depuis le début de l’année.

Usines au bord de la faillite
La Chambre de commerce de Semnan a averti le 20 août que la mauvaise gestion financière persistante risquait de déclencher une « vague de licenciements massifs ». De nombreuses usines fonctionnent désormais à 30 % de leur capacité, voire moins, en raison de pénuries d’énergie et de ruptures des chaînes d’approvisionnement.

Bien que les chiffres officiels indiquent un taux de chômage national de 7,3 %, les médias contrôlés par le régime reconnaissent que 40 % des chômeurs sont des diplômés de l’enseignement supérieur, ce qui révèle une aggravation de la crise de l’emploi parmi les jeunes diplômés iraniens.

Les économistes mettent également en garde contre les statistiques gouvernementales trompeuses, car toute personne travaillante ne serait-ce qu’une heure par semaine est considérée comme « employée ». Le chômage latent, la réduction des horaires et les bas salaires ont laissé des dizaines de milliers de personnes sans revenus durables, creusant les inégalités et le désespoir.

Le régime se prépare à une réaction violente
Les crises en cascade alimentent les manifestations dans tout le pays et font craindre au sein du régime une nouvelle vague de soulèvements.

Le vice-ministre de l’Intérieur, Pourjamshidian, a récemment admis que les autorités préparaient les forces de sécurité aux « jours difficiles à venir » en armant les postes de contrôle des Bassidjis et en déployant des unités de police FARAJA dans les villes. Il a révélé que durant la récente guerre de 12 jours, le régime a mis en œuvre plus de 70 mesures de sécurité d’urgence du jour au lendemain, notamment l’évacuation de la prison d’Evin par crainte de troubles.

Ces préparatifs montrent que le régime lui-même reconnaît la menace croissante que représentent l’effondrement économique, la pénurie de ressources et la montée de la colère sociale.

Une société au bord du gouffre
Avec 80 % de la population menacée de pauvreté, des infrastructures en panne, une flambée des prix alimentaires et un chômage des jeunes en forte hausse, l’Iran est confronté à l’une de ses crises les plus profondes depuis des décennies. Alors que le régime continue de dépenser pour des interventions étrangères et une répression intérieure, des millions d’Iraniens peinent à accéder à l’eau, à l’électricité, à la nourriture et à l’emploi.

Les analystes avertissent que la frustration de la population atteint un point de rupture et que la dictature cléricale pourrait bientôt se retrouver incapable de contenir la tempête qu’elle a créée.