mardi, février 17, 2026
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Iran: Khamenei refuse les négociations et redouble d’hostilité

Dans un discours le 12 mars, le guide suprême du régime iranien, Ali Khamenei, a catégoriquement rejeté l’offre de négociations du président américain Donald Trump, exprimant ainsi sa profonde crainte que tout engagement diplomatique ne menace les mécanismes de survie de son régime. Qualifiant l’ouverture de Trump de « tromperie de l’opinion publique mondiale », Khamenei a insisté sur le fait que Téhéran ne s’engagerait pas dans des négociations sous pression, avertissant que la guerre n’était pas une « question unilatérale ».

Le discours a été prononcé devant un parterre de fidèles du régime présentés comme des « étudiants » . La rhétorique de Khamenei a clairement montré qu’il perçoit tout dialogue comme une menace directe à son emprise sur le pouvoir : « Négocier avec l’administration américaine ne lèvera pas les sanctions. Cela ne fera que les durcir et accroître la pression. » Il a également rejeté l’idée que son régime cède face aux menaces militaires américaines : « Si une action est entreprise, nous répondrons avec détermination.»

Son discours faisait suite aux récentes déclarations de Trump lors d’une interview sur Fox Business, où le président américain a révélé avoir envoyé une lettre à Khamenei exprimant la volonté de Washington de négocier sur le programme nucléaire iranien. Trump a averti que l’Iran avait « deux choix : négocier ou faire face à la guerre ».

Khamenei a cependant balayé ces propos d’un revers de main, les qualifiant de tentative des États-Unis de se présenter comme le camp de la paix, tout en dépeignant l’Iran comme peu disposé à négocier. Il a ironisé sur les affirmations de Washington : « Cela signifie que nous [les États-Unis] sommes ouverts à la négociation, que nous voulons des pourparlers et la paix, mais que l’Iran refuse. Alors que nous savons déjà qu’ils ne respecteront pas leurs engagements, pourquoi négocier ?»

Le Guide suprême du régime a également fustigé la campagne de pression internationale plus large contre Téhéran, accusant les pays occidentaux d’hypocrisie. « Les tyrans du monde disent que chacun doit se soumettre à nous et faire passer nos intérêts avant les siens », a-t-il affirmé. « L’Iran est le seul pays à avoir catégoriquement rejeté cette position. »

Malgré le ton dédaigneux de Khamenei, des responsables iraniens ont confirmé quelques heures seulement après son discours que l’administration Trump avait bien transmis une lettre par un intermédiaire. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a annoncé que la lettre avait été reçue par l’intermédiaire d’Anwar Gargash, conseiller diplomatique du président des Émirats arabes unis.

Alors que Khamenei s’accroche à sa rhétorique de défiance, le régime iranien reste profondément divisé et de plus en plus vulnérable. La crainte du Guide suprême à l’égard des négociations ne provient pas de sa force, mais de la certitude qu’engager des négociations le priverait des mécanismes de survie qui ont maintenu son régime à flot : la répression, la belligérance extérieure et la rigidité idéologique. Alors que les pressions économiques s’intensifient et que les troubles intérieurs s’amplifient, les fissures au sein de l’establishment clérical ne feront que s’élargir, rendant les fanfaronnades de Khamenei de plus en plus creuses.