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Faire face aux réalités sur l’accord avec l’Iran

The Hill – Par Ivan Sascha Sheehan* – Depuis que le plan d’action conjoint des 5+1 sur le programme nucléaire iranien a été signé à Genève en novembre, la Maison Blanche a fait face à deux vérités difficiles concernant le régime iranien.

La manipulation des négociateurs américains par Rohani a mis fin à l’isolement de Téhéran et fait gagner du temps en échange de promesses creux, favorisant les objectifs nucléaires du régime. Et les mollahs n’ont manifestement pas l’intention de faire marche à rebours dans leur programme d’armement. (…)

Aujourd’hui, le programme iranien n’a pas été « arrêté » comme  l’a suggéré le président Obama dans son récent discours sur « l’État de la Nation ». Il ne lui a pas non plus été demandé d’ « éliminer » son stock d’uranium enrichi à 20 pour cent.

En fait, l’enrichissement de l’uranium  à un niveau de moins de 20% est susceptible de croître à court terme et le régime continue d’avancer dans son infrastructure nucléaire tandis que les puissances mondiales tergiversent.

Voici ce que le Congrès peut faire pour contenir les faux pas de la Maison Blanche sur la politique iranienne :

1 ) Adopter la Loi du « Nuclear Weapons Free Iran Act ».

La levée des sanctions a donné vie à un régime qui pâtie de l’isolement politique et économique et du mécontentement interne. Les manœuvres parlementaires et l’opposition de la Maison Blanche ne devraient pas faire obstacle pour une législation bipartisane – le Nuclear Weapons Free Iran Act – qui garanti que le régime aura a payer un coût élevé en cas de violation des accords diplomatiques. L’adoption du projet de loi ne fera pas dérailler les négociations. Il incitera des discussions de bonne foi.
Les 59 signataires de la législation – plus de la moitié du Sénat américain- devraient accroître la pression sur le leader de la majorité au Sénat, Harry Reid, pour mettre la mesure des sanctions sur la table pour un examen rapide.

2 ) Protéger les capacités de renseignement de l’opposition iranienne.

Les renseignements les plus utiles sur les activités nucléaires iraniennes viendront des trois mille opposants iraniens, les Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI ), au camp Liberty en Irak et leur réseau mondial de partisans. Le groupe a un antécédent important de révélations sur le programme nucléaire de Téhéran et a révélé les importantes informations qui ont mené à la première série de sanctions globales.

Sans surprise, les agents de Téhéran – notamment les forces de sécurité irakiennes – ont attaqué les dissidents en Irak à plusieurs reprises entre 2009 et 2013. Il y a eu quatre attaques à la roquettes sur Liberty dans la seule année 2013. Et la sécurité des sept otages – dont six femmes – reste incertaine en dépit des condamnations internationales. Les attaques ont fait des dizaines de morts, en violation des conventions de Genève et en dépit des promesses des États-Unis pour les protéger.

Le Congrès américain doit adopter une loi pour protéger les personnes détenues à Liberty et assurer leur transfert à l’extérieur de l’Irak. Tout grand accord avec le régime sur la question nucléaire doit impliquer la réinstallation rapide des dissidents .

3 ) Enquêter sur le Lobby du régime à Washington.

Le Congrès peut engager une enquête pour identifier les liens entre le lobby du régime à Washington et les décideurs américains. Les apologistes de Téhéran aux États-Unis ne devraient pas être en mesure d’influencer les législations et les politiques ou d’empêcher les mesures de sécurité. Les sympathies pro-régime ne devraient pas échapper aux contrôles.

Il est maintenant temps pour le Congrès de faire ce que la Maison Blanche n’a pas réussi à faire et durcir les sanctions en matière de non-conformité, soulever la question des droits de l’homme, améliorer la collecte de renseignements et augmenter la pression sur le régime iranien.

La complaisance envers les mollahs ne fera ni assouplir la position de Téhéran sur le dossier nucléaire ni ne facilitera l’émergence d’un partenaire mondial responsable.

* Sheehan est directeur des programmes d’études supérieures dans la négociation et la gestion des conflits à l’École des affaires publiques et internationales de l’université de Baltimore.

Traduit de l’anglais