mardi, décembre 6, 2022
AccueilActualitésActualités: NucléaireNucléaire : L'Iran veut la bombe – et la levée des sanctions

Nucléaire : L’Iran veut la bombe – et la levée des sanctions

 

Par Reuel Marc Gerecht et Mark Dubowitz*

The Washington Post, 13 octobre – Le président iranien Hassan Rohani ment lorsqu’il dit que la république islamique n’a jamais eu l’intention de fabriquer une arme nucléaire. Les ingénieurs nucléaires iraniens qui ont fait défection ont affirmé aux responsables américains qu’à la fin des années 1980, le programme des mollahs, alors secret, était exclusivement destiné à de telles armes.

Tout ce que les services de renseignement occidentaux ont pisté depuis correspond étroitement à ces premières révélations.

La participation américaine dans les prochaines négociations ne semble pas partir du principe d’une attente de la vérité de la part des Iraniens. Si cela était le cas, le président Obama n’enverrait pas son secrétaire d’État jusqu’à ce que Téhéran ait avoué ses précédentes duperies. On n’attend pas de l’Iran le comportement exemplaire du gouvernement de l’Apartheid souvent menteur de l’Afrique du Sud lorsqu’il a décidé d’être non-nucléaire – une transparence totale sur la militarisation de son programme atomique.

Le régime théocrate a d’ores et déjà baissé la barre de son intransigeance à propos des « faits sur le terrain » : plus de 19 000 centrifuges construits et un site d’eau lourde en voie d’achèvement. Washington ne veut pas à nouveau entrer en guerre au Moyen Orient et les Iraniens savent cela.

L’Administration et le Congrès misent sur le fait que les sanctions seront suffisantes pour vaincre la malhonnêteté chronique du régime. L’épreuve économique sera si intense, soutient cette théorie, que finalement Téhéran jouera selon les règles occidentales.

En d’autres termes, le guide suprême l’ayatollah Ali Khamenei, les gardiens de la révolution et Rohani – qui n’a pas joué un rôle négligeable dans le développement du programme nucléaire de l’Iran dans les années 1990 – seraient prêts à avouer que le « diable incarné » (la version Khamenei du « Grand Satan »), contre lequel l’identité de la république islamique s’est édifiée, a vaincu leurs aspirations nucléaires.

Tout pays a un point de rupture économique. Mais atteindre ce moment dans la république islamique sera extraordinairement difficile parce qu’un tel compromis équivaut à un suicide spirituel (…)

Les dirigeants iraniens entament probablement ces négociations pour une raison : tester la trempe de Barack Obama. Ils veulent voir si Téhéran peut avoir la bombe et la levée des sanctions. La stratégie pour agir en ce sens n’est pas compliquée. Le régime pourrait suspendre son travail dans le site d’eau lourde d’Arak, la voie du plutonium vers une bombe, et cesser d’enrichir de l’uranium à 20%, la grande étape pour le transformer à un niveau militaire.

Mais sans mettre fin de manière vérifiable à la production de centrifugeuses, le régime pourrait continuer de construire des centrifugeuses, réduisant le temps nécessaire pour convertir l’uranium non traité en réserve à un niveau militaire. Avec suffisamment de centrifugeuses supérieures, une réserve de 20% devient opérationnellement moins pertinente, étant donné la vitesse croissante du traitement.

Le seul réel compromis que ferait Khamenei concerne le calendrier nucléaire. Davantage de temps serait nécessaire pour développer une capacité « d’éruption » rapide, indétectable, pour laquelle l’expert nucléaire David Albright estime qu’elle se produira d’ici mi-2014. Si le régime pouvait échanger le traitement de l’eau lourde et l’uranium enrichi à 20% contre l’affaiblissement des sanctions sur les transferts interbancaires, le renouveau du droit de régler ses échanges avec de l’or ou des restrictions assouplies sur l’utilisation de l’euro, il pourrait alors aisément gagner 20 milliards de dollars – une grosse somme pour un régime qui n’a que 20 milliards de dollars en devise forte accessible. Téhéran dispose toujours de près de 50 milliards de dollars en argent liquide verrouillé qui peut être utilisé pour des échanges commerciaux dans une poignée de pays. Étant donné les réserves de devises de l’Iran, même sans une diminution de la pression économique, la physique nucléaire est encore plus rapide que les sanctions et la diplomatie.

Obama a clairement fait comprendre qu’il ne va en guerre pour cesser l’enrichissement à un bas niveau, de sorte que Téhéran doit découvrir si le président a une quelconque « ligne rouge » contre l’enrichissement à 3,5%. Si Khamenei devait exporter la majorité des réserves enrichies de l’Iran jusqu’à cette quantité, une arme nucléaire serait considérablement retardée – à condition que la production de centrifugeuses ait été limitée et le nombre de machines qui tournent réduite.

Khamenei ne peut pas autoriser l’Occident à cesser la construction de centrifugeuses. Il ne peut pas autoriser Washington à savoir où sont construits toutes les centrifugeuses ni comment le régime évite les sanctions sur les importations « à double usage». Une telle connaissance pourrait massivement retarder ou même stopper le programme d’armement, via une frappe préventive ou bien par une meilleure application des sanctions.

Le guide suprême de l’Iran ne peut pas non plus mettre en œuvre un quelconque protocole additionnel du Traité de Non-prolifération qui autoriserait les inspecteurs de l’ONU à pister les sites des centrifuges, rechercher les bases militaires (où le régime cache probablement ses recherches les plus sensibles sur les armes nucléaires) ou filtrer tous les scientifiques nucléaires d’Iran.

L’Administration et le Congrès seraient sages de frapper Téhéran avec davantage de sanctions immédiatement. Les États-Unis ne devraient pas être trompés par les fausses divisions au sein du régime. Abandonner la longue quête d’armes nucléaires serait une humiliation extraordinaire pour la classe dirigeante de l’Iran. Cela ne va pas se produire à moins que le guide suprême et ses gardiens sachent avec certitude que l’ordre islamique est terminé s’ils n’abandonnent pas la bombe.

FOLLOW NCRI

16,297FansLike
7,743FollowersFollow
377SubscribersSubscribe