samedi, février 4, 2023
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L’Union européenne doit choisir son camp vis-à-vis de l’Iran, selon Me Patrick Beaudouin

CNRI – « Il faut lancer un appel solennel à la France et aux autres pays d’ailleurs de l’Union européenne, aux pays démocratiques et leur dire de choisir leur camp. Où est le terrorisme ? Est-ce qu’il n’existe pas un terrorisme d’Etat ? L’Iran n’est-il pas un pays qui pratique le terrorisme d’Etat ? Et à côté de cela, loin de condamner l’Iran, on lui apporte un soutien contre les mouvements d’opposition, les mouvements de résistance, qui peuvent apporter l’espoir d’un demain démocratique. Alors n’est-ce pas tout de même proprement scandaleux ?

CNRI – « Il faut lancer un appel solennel à la France et aux autres pays d’ailleurs de l’Union européenne, aux pays démocratiques et leur dire de choisir leur camp. Où est le terrorisme ? Est-ce qu’il n’existe pas un terrorisme d’Etat ? L’Iran n’est-il pas un pays qui pratique le terrorisme d’Etat ? Et à côté de cela, loin de condamner l’Iran, on lui apporte un soutien contre les mouvements d’opposition, les mouvements de résistance, qui peuvent apporter l’espoir d’un demain démocratique. Alors n’est-ce pas tout de même proprement scandaleux ? Est-ce que l’Etat français dans le cas présent, ne se fait pas complice d’un Etat terroriste ? » a lancé Patrick Beaudouin, président d’honneur de la fédération internationale des droits de l’homme lors d’une rencontre au sénat français sur la situation des droits de l’homme en Iran le 12 décembre. Organisée par le CFID, le comité français pour un Iran démocratique, la réunion regroupait de nombreux défenseurs des droits de l’homme, comme Danielle Mitterrand, Maryam Radjavi ou Robert Badinter.
Voici le texte de l’intervention de Patrick Beaudouin :

Pour un défenseur des droits de l’homme, évidement la situation de l’Iran n’est pas mirobolante, c’est le moins qu’on puisse dire. Sur le plan intérieur, le bilan est catastrophique. Aucune des libertés essentielles n’est accordée au peuple iranien : pas de liberté de la presse, pas de liberté de réunion et pas de liberté d’association. Des étudiants qui manifestent, les avocats embastillés, une justice inexistante, des détentions arbitraires, la torture… enfin la litanie, je dirai, malheureusement habituelle et puissamment exercée des violations des droits de l’homme.

C’est lamentable sur le plan démocratique, c’est tout aussi lamentable sur le plan des droits économiques, puisque au-delà des atteintes aux libertés individuelles, on trouve de la même manière quelques puissants qui s’enrichissent, un système de corruption, et une population qui ne bénéficie pas, lorsqu’il y a des progrès économiques, de la manne qui se répand sur quelques privilégiés.

Alors vous me direz « on connaît ça ailleurs ». Mais enfin en Iran, on fait quand même assez fort.

Je voudrais juste citer un exemple. Je pense que déjà on a dû en parler dans les interventions précédentes, c’est la peine de mort en Iran. Alors qu’aujourd’hui, et on s’en félicite tous, nous les défenseurs des droits de l’homme  qui luttons depuis des années, et je pense qu’ici Madame Mitterrand est un exemple de cette lutte, nous qui luttons tous pour l’abolition de la peine de mort, nous constatons avec satisfaction qu’enfin il y a des progrès. D’abord il y a de plus en plus de pays qui ont aboli la peine de mort. Aux Etats-Unis même on constate un certain recul avec l’application de moratoire. Même en Chine ça commence un peu à bouger.

J’étais il y a 48 heures avec des avocats chinois qui ont obtenu le prix de la commission consultative des droits de l’homme ici en France et qui expliquaient que ça commence à bouger.

En Iran c’est l’inverse. 210 exécutions et encore le chiffre est à prendre avec précaution car il est certainement supérieur, en neuf mois. Entre janvier et septembre 2007. 210 exécutions. Des exécutions dans des conditions épouvantables pour certaines d’entre elles, ça a été dit tout à l’heure : la lapidation, les exécutions par pendaison sur la place publique, des exécutions qui peuvent viser des mineurs, des exécutions qui peuvent être prononcées pour des délits qui n’ont rien de violents, tel que l’adultère. En Iran on peut être aujourd’hui exécuté pour adultère, c’est quand même assez épouvantable. Voilà ce pays. Voilà le bilan de ce pays.

Si on se tourne vers l’international, ça a dû être dit. Mais trois remarques ; il y en a des dizaines à faire. Mais sur l’international, voilà une puissance qui manifeste sa volonté d’être dangereuse de façon permanente avec le problème de l’arme nucléaire. Voilà une puissance qui continue de subventionner, d’alimenter, de favoriser les mouvements terroristes en dehors même de l’Iran. Voilà une puissance dont le chef d’Etat n’hésite pas à dire urbi et orbi qu’il veut rayer Israël de la carte. Voilà ce pays.

Alors, face à cette situation, juste quelques mots. Il se trouve qu’en ma qualité de représentant de la fédération internationale des droits de l’homme je suis avocat dans la procédure en cours en France contre le mouvement des Moudjahidine. La France dans tout cela ne s’honore pas. Il faut le crier haut et fort. La France ne s’honore pas, d’abord à travers une procédure, dont dès le départ, nous les avocats, nous avons dit que c’était la chronique d’un désastre judiciaire annoncé. C’st une procédure qui date depuis plus de quatre années maintenant. Elle a été lancée à grands renforts médiatiques, avec une opération dont tout le monde se souvient à Auvers-sur-Oise. On a arrêté 200 personnes ou à peu près. Finalement on les a relâchées pour l’essentiel. Les personnes qui avaient été incarcérées ont été tout de suite relâchées. Ce qui est quand même très rare dans ce type d’affaires, et on a dit association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, une incrimination extrêmement grave.

Tout cela s’est dégonflé comme une baudruche  et quatre ans et demie après, on a pratiquement abandonné cette accusation qui ne repose sur aucun fondement et on essaye de se rabattre sur blanchiment d’argent, sur escroquerie, sur des délits financiers en essayant de faire des recherches sur la façon dont le mouvement est financé. Bref, c’est vraiment une situation où l’on voit que l’accusation tombe comme un château de cartes, mais pour des raisons politiques et surtout des raisons économiques, cette procédure est maintenue. On voit très bien d’ailleurs dans la procédure, lorsqu’on la suit, qu’elle suit les évolutions politiques et économiques, les contrats en particulier. Quand il y a un contrat en vue entre l’Iran et la France, on en remet une louche. Mais c’est très net, je n’ai pas le temps d’entrer dans les détails, mais je pourrai en citer dix exemples.

Alors pour terminer cette intervention et je rejoins les propos que j’ai entendu des précédents intervenants, je crois qu’il faut lancer un appel solennel à la France et aux autres pays d’ailleurs de l’Union européenne, aux pays démocratiques et leur dire de choisir leur camp. Où est le terrorisme ? Est-ce qu’il n’existe pas un terrorisme d’Etat ? Est-ce que le terrorisme est seulement un terrorisme anti-étatique ? Certainement pas. On le sait par l’histoire, on le sait par la réalité d’aujourd’hui dans beaucoup de pays hélas. Et l’Iran n’est-il pas un pays qui pratique le terrorisme d’Etat ? Et à côté de cela, loin de condamner l’Iran, loin de prendre des mesures qui pourraient forcer contraindre l’Iran à modifier sa politique en matière de respect des droits de l’homme, on lui apporte un soutien et on lui apporte un soutien contre les mouvements d’opposition, les mouvements de résistance, les mouvements qui peuvent apporter l’espoir d’un demain démocratique. Alors n’est-ce pas tout de même proprement scandaleux ? Est-ce que l’Etat français dans le cas présent, ne se fait pas complice d’un Etat terroriste ?

Alors je pense qu’il est temps de changer de politique. Je terminerai juste pour dire que l’histoire effectivement n’est pas perdue, car il est vrai, c’est encore une chance que dans nos pays démocratique, il existe des contre-pouvoirs. Il existe des garde-fous et il existe des institutions judiciaires certes parfois manipulables et manipulées mais qui au bout du compte redressent la tête. Et on l’a vu donc avec cette décision à l’échelle européenne qui a dénié la classification en tant qu’organisation terroriste du mouvement des Moudjahidine. On l’a vu en Grande-Bretagne et espérons que la France va, il est permis de douter compte tenu de ce qu’on voit depuis deux ou trois jours sur nos écrans, mais enfin on ne sait jamais il y aura peut-être une repentance, eh bien espérons que la France modifiera sa politique et qu’en tout cas les médias, l’opinion publique française deviendront enfin sensible à cette nécessité et pour nous, de ne pas être seulement un pays du business et un pays qui finalement au nom du business abandonne, mais sous le boisseau, sa réputation qui devient de moins en moins justifiée, de pays des droits de l’homme.

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