mercredi, février 1, 2023
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L’UE se moque de sa propre loi pour apaiser l’Iran

Par Christopher Booker

Sunday Telegraph, 2 septembre – Les événements récents ont encore accentué l’énigme la plus embarrassante de notre politique étrangère. Pourquoi, dans un contraste saisissant avec la nouvelle ligne dure de Washington, l’Union Européenne, menée par le gouvernement britannique, persiste dans sa politique de complaisance à l’égard d’un régime brutal et fanatique dont les activités terroristes sont la principale cause de déstabilisation du Moyen-Orient, depuis le Liban jusqu’à l’Afghanistan ?

Le régime iranien a intensifié le règne de la terreur à l’intérieur du pays et a notamment augmenté le  nombre de pendaisons publiques (des cadavres pendus à des grues ont récemment été exposés devant les ambassades d’Australie et du Japon à Téhéran).

Et, comme le Président Bush l’a confirmé la semaine dernière, la garde révolutionnaire de ce régime est à l’heure actuelle le principal fournisseur d’hommes et d’armes aux groupes insurgés en Irak et en Afghanistan. Par ailleurs, ce régime a récemment fourni davantage d’aide au Hezbollah, pour préparer une nouvelle guerre au Liban.

Selon des rapports publiés à Washington, le gouvernement américain est sur le point d’inscrire sur sa liste des organisations terroristes le nom de cette garde révolutionnaire et de ses brigades Qods, chargés des assassinats perpétrés à l’extérieur de l’Iran.

Les gardiens de la révolution agissent directement sur les ordres du guide suprême, Ali Khamenei, et le Président Mahmoud Ahmadinéjad était autrefois un commandant des pasdarans.

Washington a adopté récemment une attitude beaucoup plus sympathique à l’égard du principal groupe de l’opposition iranienne, le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), qui durant 30 années a fait campagne pour l’instauration d’un Etat démocratique et laïque. Plus de 100.000 sympathisants du CNRI ont été tués par les pasdarans.

Après avoir effectué de nombreuses recherches, les autorités américaines n’ont trouvé aucune preuve pour placer le plus grand groupe du CNRI, les Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI), sur leur liste des organisations terroristes.

Cela constitue un contraste révoltant avec l’attitude de l’UE en général, et notre propre gouvernement en particulier. En 2001, le gouvernement britannique a pris l’initiative de placer l’OMPI sur sa liste des organisations terroristes (à la demande du régime de Téhéran, comme cela a été expliqué l’an dernier par Jack Straw). Par la suite, les autres pays membres de l’UE ont suivi le mouvement. Mais en décembre dernier, la Cour européenne de Justice (CEJ) a rendu un arrêt dans lequel elle a déclaré que cette action a été faite de façon illégale.

Or, au mois de janvier, à la demande de la Grande-Bretagne, le Conseil des Ministres de l’UE a décidé d’ignorer l’arrêt de la Cour. Un millier de parlementaires de tous les pays européens ont protesté, dont plus de 100 membres de notre propre Parlement. Mais le Conseil des Ministres a encore décidé, au mois de juin, de se moquer de l’arrêt de la Cour européenne de Justice (CEJ).

C’est vraiment ahurissant. En violant de façon flagrante les lois de l’Union Européenne, on interdit les activités du principal mouvement qui mène une campagne pacifique pour promouvoir la démocratie en Iran, et on fait cette action explicitement pour apaiser un régime qui lui-même orchestre des attentats terroristes et fournit des roquettes et des bombes provoquant des morts parmi les troupes britanniques et d’autres troupes alliées.

Dans un article publié dans nos colonnes la semaine dernière, la dirigeante du CNRI, Maryam Radjavi, qui vit en exil en France dans la crainte constante d’être assassinée par les pasdarans, a affirmé : « La décision illégale de l’UE du 28 juin 2007 maintenant l’OMPI sur sa liste des organisations terroristes a donné un feu vert au régime de Téhéran pour que ce régime accélère le massacre des prisonniers en Iran. En érigeant des grues qui tuent la jeunesse iranienne, Khamenei, Ahmadinejad et les autres dirigeants criminels de ce régime piétine la dignité de l’humanité. »

Madame Radjavi a appelé le Conseil de Sécurité de l’ONU à agir et à prendre les dispositions qui s’imposent. Elle a ajouté : « les consciences libres à travers le monde doivent protester contre cette politique d’apaisement envers un régime fasciste qui exécute les jeunes».

Washington a peut-être reçu le message, alors que notre gouvernement est un ardent promoteur de cette politique d’apaisement, même si cette politique est directement responsable de la mort de nos compatriotes. Peut-on espérer qu’un jour le bon sens et la décence puissent prévaloir ?
 

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