vendredi, décembre 2, 2022
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L’ONU est directement responsable de la vie des sept otages d’Achraf

CNRI – A la conférence du 19 septembre en marge du Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève, de nombreuses personnalités ont pris la parole pour condamner le massacre des réfugiés iraniens à Achraf en Irak et demander la libération des 7 otages d’Achraf détenus par les forces irakiennes.

Voici un résumé des interventions :

Sid Ahmed Ghozali, ancien Premier ministre algérien : Nous tenons cette réunion grâce à l’hospitalité de l’Association Internationale des Droits Humains des Femmes, la Fondation Danielle Mitterrand-France Libertés, le MRAP et l’International Educational Development.

Cette tragédie ne peut pas avoir pris par surprise les principaux acteurs de la communauté internationale. Car ce n’est qu’une des étapes d’une opération de génocide planifiée et exécutée par phases, depuis au moins cinq années. Cela n’exonère ni les États-Unis d’Amérique, ni la communauté internationale de leurs engagements et de leurs devoirs de protection de cette population.

Je suis témoin que l’OMPI et la direction de la résistance, depuis huit ans, n’ont jamais cessé, quotidiennement, d’attirer l’attention de la communauté internationale sur les risques et les menaces qui pesaient sur cette population. C’est le plan du régime iranien qui est à la base de tout cela, et qui agit pour éliminer la seule organisation de résistance qui soit l’incarnation d’un islam moderne, de la démocratie, de la liberté d’expression, de la liberté de croyance. Nous devons savoir mobiliser toutes nos énergies pour sauver ces sept otages. Bernard Kouchner, ancien ministre français des Affaires étrangères : C’est un crime du premier ministre d’un État. Parce que sans lui, il n’y aurait pas eu d’ordre. Et c’est lui qu’il faut accuser. Et si les Américains ont un peu d’honneur, ils vont exiger que les sept otages, six femmes comme par hasard et un homme, soient libérés, mais surtout pas donnés à l’Iran. Ce serait le sommet de la contradiction. Le problème c’est que le camp Liberty n’est pas protégé suffisamment, et vous demandez très justement une protection permanente de l’ONU.

Je l’ai dit, le choix dangereux, mais nécessaire, admirable, des Moudjahidine du Peuple en faveur de la laïcité. Ensuite la démocratie. Ce sont ces mots qui ont été brisé avec la vie des 52 du camp d’Achraf. Démocratie, ils [les criminels] ne veulent pas en entendre parler. Laïcité, ils ne veulent pas en entendre parler.

Ce crime est parfaitement insupportable. Et il faut absolument que chacun des gouvernements – et comptez sur moi pour le faire – soit alerté de façon à réagir auprès des Américains, auprès des Nations Unies. Il faut que chacun de nous s’y engage. Et surtout avant qu’il ne soit trop tard. Ce crime est inacceptable parce qu’il contient cette haine de la laïcité, du combat des femmes et de la démocratie.

François Colcombet magistrat et ancien député français : L’OMPI est, parmi les organisations démocratiques qui luttaient contre le régime intégriste et théocratique qui est en place en Iran, probablement une des seules à avoir survécu. C’est une organisation démocratique, laïque et qui donne aux femmes leur place, la Présidente étant une femme. C’est un symbole, car il y a un point sur lequel je crois utile d’insister encore, c’est que parmi les otages, il y a six femmes, comme par hasard, et un seul homme. Pourquoi six femmes ? Elles étaient les moins nombreuses à l’intérieur du camp. Beaucoup ont été abattues. On a gardé six femmes, évidemment, pour les livrer à l’Iran. Que la commissaire de l’ONU pour les Droits de l’Homme soit une femme, je pense que c’est peut-être une obligation supplémentaire, s’il était possible, de tout faire pour que ces femmes soient rendues à la liberté, pour qu’elles échappent à ce qui les attend.

Christiane Perregaux, coprésidente de l’Assemblée constituante de Genève : La barbarie s’est déchaînée à Achraf le 1er septembre. Nous avons vu que les images étaient insoutenables. Un véritable crime contre l’humanité qui doit hanter tous ceux et toutes celles qui ont la responsabilité de Liberty et d’Achraf: l’ONU et les États-Unis. Elles sont six comme otages, elles sont six aussi à avoir été victimes à Achraf. Ces femmes sont tombées. Elles sont tombées pour leur soif de liberté, de démocratie, de laïcité. Ces femmes qui avaient la responsabilité du camp. Et ce qui est insoutenable pour le régime des mollahs, c’est qu’elles sont un danger vivant pour ce régime qui prône tout le contraire. Et ces personnes, ces femmes représentent aussi pour le peuple iranien, pour la jeunesse, pour les femmes, un grand espoir. Nous sommes là pour sauver les otages qui sont emprisonnés depuis 20 jours en Irak sans aucune raison. Nous devons mettre toutes nos forces en commun.

Dr. Jean-Charles Rielle, membre du conseil municipal de Genève : Ce qui s’est produit le 1er septembre à Achraf est un crime programmé. De lâches assassinats d’État. Outre ces 52 résidents exécutés de manière barbare, sept résidents, dont six femmes, ont été enlevés. Le gouvernement irakien n’a rien dit à propos de ces kidnappings et du lieu où se trouvent les otages. Comme des informations à ce sujet ont été révélées par la résistance iranienne, le ministère irakien des Droits de l’Homme a dû avouer que ces sept personnes sont actuellement retenues en détention. Il faut garantir la sûreté et la sécurité ainsi que la libération immédiate des otages. C’est une obligation pour l’ONU et les États-Unis. Chaque instant où se prolonge la détention de ces otages par les forces irakiennes signifie que ces otages sont maltraités et torturés. De même, il est intolérable que ces otages d’État soient extradés en Iran.

Tahar Boumedra, ancien responsable du dossier d’Achraf à la MANUI en Irak : Achraf est un camp hautement fortifié où personne ne peut pénétrer sans le soutien de la police et de l’armée irakienne. Il y a des miradors à chaque coin du camp. Rien de ce qui se passait à Achraf ne leur échappait. Quand j’entends qu’il y a des doutes sur qui a mené l’attaque, cela me choque. C’est moi qui ai mené l’enquête et j’ai parlé directement avec ceux qui ont commis le crime d’avril 2011. Ils ont essayé de faire porter le blâme sur les Achrafiens, mais ils ont fini par reconnaître que c’était eux qui l’avaient fait. Rien de ce qui est arrivé aux Achrafiens n’a de secret pour la MANUI. Ça a été fait par l’armée irakienne, sous la coordination du cabinet du Premier ministre et les ordres de Fallah Fayaz, le conseiller à la Sécurité nationale. Mes interlocuteurs à l’ambassade américaine ont aussi essayé de cacher la réalité. Le rapport sur le massacre d’avril 2011 a été envoyé ici à Genève de manière irrégulière parce que je n’ai pas été autorisé à l’envoyer par les canaux habituels. Il est impossible que la MANUI et l’ambassade américaine ne sachent pas où sont les otages. Quand les 36 otages en 2009 ont été emmenés d’Al Khalis, ils ont disparu et je les ai suivis. Je suis allé les voir en présence d’officiers de la sécurité irakienne. Je leur ai dit que je viendrais les voir tous les jours. Le jour suivant, on les avait déplacés.

Guy Goodwin-Gill, professeur de droit international des réfugiés à Oxford : L’Etat irakien est responsable en terme de droit international parce qu’il s’est engagé par des assurances écrites et orales. “Les faits parlent d’eux-mêmes” et sont à la base de la responsabilité de l’Irak pour ce qui est clairement un crime contre l’humanité. C’est une obligation contraignante pour l’Etat irakien, qu’il s’agisse d’extradition, de déportation ou d’expulsion, il ne doit pas renvoyer dans leur pays d’origine ou dans tout autre Etat, ces personnes qui y risqueraient la persécution, la torture ou la mort. Il y a une plus grande responsabilité, celle de la communauté internationale en général de faire respecter l’état de droit, de refuser l’impunité aux responsables de crimes internationaux. Pour moi, la loi est claire concernant ce qui se passe à Achraf et en Irak. Mais la justice demande plus que la clarté de la loi. Elle demande des actes.

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