vendredi, décembre 9, 2022

L’occident finance l’Iran

Par Brian Binley, Parlementaire britannique

Middle East Times, le 18 avril – Bastion de liberté – Une terre déserte porteuse de paix
« Le gouvernement britannique a envoyé à nos fils en Irak et en Afghanistan pour défendre nos valeurs démocratiques et les étendre à ceux qui en manquent. Au même moment, certaines de nos sociétés fournissent des pétrodollars au régime iranien qui sont utilisés à leur tour pour fournir les bombes et les munitions qui les tueront. » C’est une citation d’un exilé iranien, devenu citoyen britannique.

Quand je l’ai entendu, j’ai été choqué, parce que notre gouvernement utilise un politique de complaisance bizarre et dangereuse avec un régime brutal qui pend des gens à des grues dans de nombreuses villes d’Iran, exporte le terrorisme en Irak, en Afghanistan, en Palestine et au Liban et poursuit un programme nucléaire clandestin pour tenir le monde en otage. Le tout financé par les pétrodollars.

Paradoxalement, la politique de complaisance de notre gouvernement ignore le droit du peuple iranien à obtenir exactement ce que nous souhaitons pour nous-mêmes : la démocratie et la liberté. Les récentes "élections" en Iran ont été à juste titre taxée de « ni libres, ni équitables » par la plupart des pays occidentaux, y compris l’UE elle-même. Alors pourquoi aidons-nous à réprimer la principale opposition démocratique iranienne en exil ?

Nick Cohen dans un livre publié en 2007 intitulé "Que reste-t-il?" dit que « nous n’avons pas d’obligation de renverser la tyrannie par la force militaire. Mais nous n’avons pas le droit de tourner le dos à ceux qui veulent les libertés que nous considérons comme allant de soi… Nous avons la liberté de voter, de faire pression, de protester, d’écrire et de parler et il n’y a aucune raison d’avoir des libertés si on ne les utilise pas à bon escient. »

Et critiquant la complaisance avec les « islamistes », il écrit que « la crainte est le plus puissant de motifs humains, et la tendance à rationaliser l’irrationnel est une faiblesse libérale fatale ».

Que ce soit la crainte ou l’espoir d’un gain économique qui a motivé le gouvernement britannique pour imposer et ensuite maintenir des restrictions à la principale opposition des mollahs, les Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI), le résultat diminue la perspective de paix dans cette partie du monde. En outre, tant la Cour européenne de Justice que la POAC, une branche de la justice britannique, ont qualifié l’interdiction de l’OMPI d’ « illégale ».

Quelle ironie du sort, quand on considère que l’OMPI a joué un rôle majeur dans la protection de nos intérêts face à une dictature religieuse brutale et expansionniste arrivée au pouvoir en Iran en 1979.

Quand Khomeiny a pris le pouvoir, il a annoncé ses ambitions mondiales avec ces mots : « je veux entendre partout résonner Allah-o-akbar ». Et ainsi, il a identifié l’Irak comme la première étape de la réalisation de son objectif. C’est pourquoi il a qualifié la guerre Iran-Irak de « bénédiction divine ». Il a ensuite ordonné aux enfants d’agir comme « des soldats jetables » pour nettoyer les champs de mines sous la bannière de « conquérir Jérusalem en passant par Karbala ».

Malheureusement personne ne prend au sérieux cette menace sauf les dirigeants de l’OMPI qui déplacèrent leur quartier général en Irak après la signature d’un accord de cessez-le-feu avec les autorités irakiennes peu de temps après que l’Irak eût retiré toutes ses forces d’Iran.

La présence de la principale force d’opposition aux ayatollahs en Irak a été clairement comprise par le peuple iranien. Khomeiny a perdu la capacité de mobiliser des ressources pour la gagner la guerre, mais en gardant un œil sur l’expansion de l’intégrisme, il a refusé de signer un accord de cessez-le-feu qui était sur la table depuis octobre 1982.

Quand en 1988 ses conseillers lui ont dit qu’il n’y avait aucun autre choix, que d’accepter un cessez-le-feu sous la résolution d’ONU 598, il en a parlé comme « d’avaler une coupe de poison » et a ordonné en réponse le massacre de 30.000 partisans de l’OMPI dans les prisons.

La présence de l’OMPI à la Cité d’Achraf en Irak, a beaucoup limité les ambitions des mollahs pour infiltrer l’Irak dans les années 1980 ainsi qu’en 2003, malgré la naïveté des dirigeants occidentaux qui n’ont pas vu l’infiltration de l’Iran en Irak comme une menace à ce moment.

Achraf est toujours là, se tenant comme un symbole de liberté démocratique au milieu de la terre désertique d’Irak et des millions d’Irakiens – chi’ites, sunnites, kurdes et chrétiens – se sont tenus à ses côtés pour empêcher et rejeter une guerre civile que le régime iranien a tenté d’imposer à l’Irak pour se débarrasser des forces de la coalition.

Les Iraniens et leurs agents au gouvernement irakien n’ont cessé de vouloir détruire Achraf. Ils ont d’abord demandé l’extradition des membres de l’OMPI vers l’Iran quand un groupe d’avocats internationaux renommés dirigés par Lord Slynn of Hadley a obtenu le statut de « personnes protégées » pour les résidents d’Achraf.

Le régime iranien et ses alliés en Irak ont essayé de nouveau d’arrêter l’organisation en lui coupant l’approvisionnement en nourriture, en médicaments, en eau et en carburant, et ils ont même eu recours aux attaques terroristes contre Achraf.

Les dernières tentatives pour faire baisser le moral de l’OMPI ont impliqué le plasticage de la station de pompage d’eau près d’Achraf située au bord du Tigre qui dessert aussi environ 25.000 Irakiens des environs.

Heureusement aucune de ces actions n’a affecté la résistance des résidents d’Achraf.

On peut regretter cependant d’avoir si peu entendu ici en occident à propos ce bastion de liberté qui brille comme une balise pour le peuple iranien et les défenseurs de la démocratie dans le monde. Autrement dit nous avons un devoir de défendre et protéger Achraf non seulement pour les Iraniens qui continuent à s’opposer au régime funeste de Téhéran, mais aussi pour notre propre intérêt.

Ni l’invasion de l’Iran ni la politique de complaisance ne sont des options de politique viables bien que la dernière ait été essayée et a échoué et que la première allumera simplement le tonneau de poudre qui représente le Moyen-Orient de nos jours.

Mais il y a une troisième voie, comme la décrite la présidente élue de la Résistance iranienne, Mme Maryam Radjavi. En 2004, elle a proposé sa politique, « la Troisième voie » qui appelle simplement les pays Occidentaux à lever les restrictions touchant l’opposition en exil et lui permettre de réaliser un changement démocratique efficace et leur permettre de travailler pour la transition paisible vers la démocratie et la liberté dans leur propre pays .

Deuxièmement elle a appelé à la mise en place de sanctions complètes contre la dictature brutale au pouvoir en Iran. Ainsi, en d’autres termes, elle veut simplement permettre au peuple iranien de réaliser lui même un changement démocratique que nous appelons tous de nos vœux, dans une voie qui évite une autre guerre désastreuse dans cette région troublée du monde et sûrement qui doit être dans l’intérêt de tous.

Brian Binley est un parlementaire conservateur britannique.
 

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