lundi, novembre 28, 2022
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L’Italie a condamné sans demi-mesure les attaques subies par les Achrafiens – Giulio Terzi

CNRI – « Il est très important que l’approche du gouvernement pour un soutien humanitaire fasse l’objet d’un dialogue direct et ouvert avec le Conseil national de résistance iranienne étant donné la sensibilité politique de cette question » a déclaré Giulio Terzi, à Villepinte le 22 juin.

L’ancien ministre italien des Affaires étrangères s’exprimait devant des dizaines de milliers d’Iraniens et d’amis de la Résistance au meeting annuel du Conseil national de la résistance iranienne. Sa présidente élue, Maryam Radjavi, y recevait également 600 personnalités politiques et parlementaires de 50 pays du monde. 

Voici l’intervention de Giulio Terzi :

C’est vraiment un grand plaisir et un grand honneur pour moi d’être ici avec vous ce soir, de représenter ce que mon pays a fait dans le passé sous ma direction pour la politique étrangère, comme ministre des Affaires étrangères jusqu’à il y a trois mois ; et de vous assurer de cet engagement du pays, de l’opinion publique italienne et de toutes les organisations non gouvernementales, des parlementaires qui sont présents et du présent gouvernement et du ministre des Affaires étrangères actuel, sur les causes qui sont dans vos cœurs.

Cette soirée, c’est un peu la fête de la liberté. Une fête de la liberté très importante et nous devons tous bien nous rappeler et nous solidariser avec la situation inacceptable pour nos consciences qui est celle de la dissidence iranienne. Et surtout celle des personnes qui se trouvent dans des conditions de péril et de souffrances quotidiennes au camp Liberté.

La promotion des droits de l’homme et des causes humanitaires est une donnée bien spécifique de la politique étrangère de mon pays. C’est bien là une valeur ressentie par la société civile italienne, en particulier par les organisations non gouvernementales engagées fortement dans ce domaine.

Le profond souci éprouvé par une vaste partie de la communauté internationale envers les résidents du camp Ashraf et maintenant pour tous ceux qui ont été relogés au camp Liberté a toujours été partagé par l’Italie.

L’Italie a condamné sans demi-mesure les attaques subies par les résidents du camp. Les attaques de juillet 2009, les attaques d’avril 2011, de février 2012 et encore les dernières attaques qui ont frappé le camp Liberté la semaine dernière. C’est tout à fait inacceptable.   

La coïncidence avec les élections iraniennes montre encore une fois qu’il existe une véritable stratégie qui guide ces attaques. Une stratégie que la communauté internationale doit absolument effacer. Mais je crois qu’il faut réagir aussi avec vigueur sur le plan politique aux autres attaques qui visent en Iran des personnes dans le passé proches des moudjahidines et du peuple iranien. Cela est tout à fait inacceptable.

Nous devons le dénoncer clairement. L’Italie a toujours suivi de très près la question du camp Ashraf et du camp Liberté.

Le gouvernement italien a travaillé dans trois directions.

-La première pour simplifier et rendre plus efficace la procédure d’évaluation des personnes qui peuvent être accueillies en Italie.

-La deuxième direction, humanitaire, est liée à l’urgence de la situation de santé. Mon pays a été le premier à accueillir des blessés du camp d’Achraf pour les soigner. L’ambassade d’Italie à Bagdad a effectué 22 missions dans les camps pour que les fonctionnaires italiens puissent se rendre compte personnellement de la situation et la reporter au gouvernement et aux instances européennes. 

-La troisième ligne d’action, pour moi en tant que ministre des affaires étrangères, a été celle de l’Europe. J’ai soulevé le point du camp Ashraf au Conseil des affaires étrangères à Bruxelles et j’ai encouragé l’Union à agir à Bagdad et à New York afin que tous les droits des résidents à leur sécurité et à leur dignité soient effectivement respectés.

À mon avis, l’Union européenne doit intensifier cette stratégie en assurant que le Conseil des affaires étrangères garde cette question à leur agenda jusqu’au moment où une solution équitable soit trouvée. Il est très important que l’approche du gouvernement pour un soutien humanitaire fasse l’objet d’un dialogue direct et ouvert avec le Conseil national de résistance iranienne étant donné la sensibilité politique de cette question. En même temps, il faut bien être compris par les Nations unies, par le Haut commissariat des réfugiés et par le représentant du Secrétaire général de l’ONU.

Seulement une stratégie consensuelle avec toutes les parties concernées pourra garantir la sécurité et le bien-être des personnes intéressées. J’en viens maintenant à une autre question importante. La campagne pourrait faiblir et même compromettre l’image du Conseil national de la résistance iranienne, de votre organisation, si importante pour la défense des libertés. De la compromettre vis-à-vis des gouvernements de plusieurs pays du monde.

L’attitude des gouvernements européens vis-à-vis de cette campagne est claire depuis 10 ans. Je voudrais rappeler la position commune du Conseil européen de 2004 qui exclue le Conseil national de la résistance iranienne des mesures concernant la lutte contre le terrorisme. Je peux vous assurer du scepticisme que cet argument rencontre en Europe, notamment en Italie au niveau gouvernemental, parlementaire et d’opinion publique. La cause de l’opposition iranienne est bien connue et peut compter sur de fortes sympathies qu’il faut encourager. Votre plateforme est très claire sur les droits de l’homme et de la femme, sur l’égalité de ces droits, sur la promotion de la liberté religieuse.

Je trouve que l’élection présidentielle de la semaine dernière a été en dehors de toute vérification indépendante et de toute procédure acceptable pour une démocratie. Mais l’élection a quand même peut-être démontré l’ampleur d’une volonté aussi dans le pays, aussi en Iran, de changement. Il est donc grand temps pour que les pays occidentaux soient clairs dans leur relation avec Téhéran. Les forces politiques qui placent la démocratie, les droits fondamentaux de l’homme et de la liberté au centre de leur plateforme sont les partenaires de l’Europe, les partenaires de l’Italie pour cette campagne.

Tout le monde reconnait le travail très important et les résultats qui ont caractérisé depuis longtemps l’action de la Présidente élue, Mme Maryam Radjavi et de Massoud Radjavi, votre inspirateur et voter leader.

Toute l’action extraordinaire par vos leaders est pleinement reconnue et il y a l’intérêt de la communauté internationale de faire avancer le principe de liberté et démocratie qu’ils représentent.

Je crois qu’on devrait bien séparer cette question d’une autre : la nécessité de poursuivre avec l’Iran un dialogue politique autour de questions vitales pour notre sécurité, comme le programme nucléaire et pour l’avancement de la démocratie. La question de la liberté d’expression, de reconnaissance du pluralisme, des droits des minorités, de liberté pour tous les prisonniers politiques. Toutes ces conditions représentent des conditions incontournables pour ce dialogue entre la communauté internationale et Téhéran. C’est le défi qui est devant vous et c’est le défi que vous gagnerez.

 

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