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L’Iran résolu depuis bien longtemps sur les armes nucléaires

Emanuele Ottolenghi
commentarymagazine – 21 mai 2012 – Michael Rubin a mentionné d’importantes déclarations, récentes et passées, faites par de hauts responsables iraniens au sujet du programme nucléaire de l’Iran et de ses ambitions. À cette importante liste, je voudrais ajouter ce qui suit. Seyed Hossein Mousavian, l’ancien négociateur nucléaire de l’Iran sous le président Mohammad Khatami, a révélé dans une récente tribune libre au Boston Globe que l’Iran avait atteint la « capacité d’éclatement » en 2002 : « Il est trop tard », a affirmé Mousavian, « pour exiger que l’Iran suspende ses activités d’enrichissement ; il a maîtrisé la technologie d’enrichissement et atteint la capacité d’éclatement en 2002 et continue d’améliorer progressivement ses capacités d’enrichissement d’uranium. »

Au-delà de ces déclarations, il y a une montagne de preuves solides pour appuyer l’avis que l’Iran a décidé il y a bien longtemps de fabriquer des armes nucléaires.
Des rapports du Renseignement américain et la plupart des dirigeants occidentaux maintiennent que les dirigeants de l’Iran n’ont pas encore décidé de poursuivre des armes nucléaires.
Pas vraiment – d’après les documents que le groupe d’opposition, les Moudjahidine du Peuple (OMPI), a récemment divulgués à la presse occidentale et tout d’abord dans le quotidien allemand Die Welt.
D’après l’OMPI, le leadership religieux iranien continue de chercher implacablement l’arsenal nucléaire – leur seule incertitude étant « quand » et non « si ».

Le document divulgué conteste la croyance largement partagée que l’Iran a suspendu toutes les activités de militarisation en 2003. Il fournit la preuve que le programme militaire iranien a seulement été restructuré depuis. Il est désormais plus furtif, fonctionnant sous couverture dans des laboratoires universitaires et des structures industrielles, mais il est plus grand et plus complet que jamais.
Les sceptiques douteront de l’authenticité de ces découvertes. Pourtant, l’OMPI bénéficie d’un passé de révélation d’autres structures nucléaires iraniennes cruciales – elle a révélé la structure d’enrichissement alors secrète de Natanz en 2002 – et ses révélations ont été confirmées par des sources indépendantes.

Un haut responsable d’un organisme occidental du Renseignement, parlant de façon anonyme, a jugé l’information « fiable ».
Un diplomate occidental basé à Vienne suivant le programme nucléaire de l’Iran a confirmé cette évaluation : l’information « coïncide avec ce que l’AIEA a déclaré dans son rapport au sujet du programme de militarisation clandestin de l’Iran ».
Le diplomate faisait allusion à une annexe de l’AIEA rattachée au rapport trimestriel de novembre 2011 sur le programme nucléaire de l’Iran, qui décrivait une structure similaire dans le programme militaire de l’Iran – avec une différence significative. Les découvertes de l’OMPI représentent « une loupe », ajoutant des noms, des adresses et des dates, détaillant le liens organisationnels et expliquant longuement la nature et la signification du domaine d’activité et de responsabilité de chaque service.

Plus important encore, les documents établissent une subdivision du programme militaire comme le centre en charge du site de Fordow près de la ville de Qom, dont « la taille et la configuration », comme le président américain Obama l’a dit en 2009, « est en contradiction avec un programme pacifique ».
Comme si les affirmations de l’OMPI ne suffisaient pas, une image divulguée d’une chambre de compression d’explosif puissant nécessaire pour tester des matériaux explosifs nucléairement appropriés a fourni une autre preuve de la nature du programme iranien – l’on n’a pas besoin de tester de tels explosifs ni d’investir dans une telle infrastructure sophistiquée si l’objectif est l’énergie nucléaire pacifique.

Des responsables du Renseignement américains maintiennent que l’Iran a suspendu ses activités de militarisation à l’automne 2003. Toutes les activités qui ont pu continuer après cette date – pense le Renseignement occidental – étaient limitées et fragmentées.
Mais selon l’OMPI, le directeur du Centre pour la Production et la Recherche Industrielle, Ali Mehdipour Omrani, a mené « un test d’explosif sur du tungstène pour accroître sa densité » sur le site de Parchin pas plus tard qu’en 2006. Manipuler du tungstène peut être crucial pour la conception d’une ogive nucléaire. D’ailleurs, le domaine d’expertise du Centre d’Omrani est « l’ingénierie et la transformation mécanique de matériaux, dont des éléments métalliques de façonnage, pour la fabrication d’ogives nucléaires ».
Et, se fondant sur l’image publiée par Associated Press, de telles expérimentations explosives peuvent bien être en cours.
Contrairement aux affirmations de fatwas religieuses anti-nucléaires, le programme nucléaire civil de l’Iran n’est qu’un jeu de fumée et de miroirs. Son objectif véritable a toujours été et continue d’être la production d’armes nucléaires.