Reuters LIran a déclaré mercredi que les négociations cruciales entre lUnion Européenne et lIran concernant les mesures incitatives visant à mettre fin au conflit nucléaire ont été reportées dune semaine, refusant de donner une raison officielle immédiate à ce délai.
Le ministre des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, a annoncé que le meeting entre le négociateur nucléaire en chef de lIran, Ali Larijani, et le chef de la politique étrangère de lUE Solana, naurait pas lieu comme prévu à Bruxelles.
« Aucune réunion ne va avoir lieu aujourdhui entre Larijani et Solana », aurait dit Mottaki selon lagence de presse IRNA.
Un haut responsable nucléaire iranien qui a demandé à rester anonyme a déclaré à Reuters que la réunion avait été reportée à la semaine prochaine. De plus, lagence de presse Fars a rapporté que son voyage avait été annulé « pour certaines raisons » mais pourrait être envisagé de nouveau dans les jours à venir.
Le bureau de Solana na pas confirmé immédiatement quand le meeting, considéré par les puissances occidentales comme la date limite pour la réponse de lIran, aurait lieu.
Solana a parlé par téléphone à Larijani mercredi et délivrera un communiqué plus tard, selon un haut responsable de lUE.
LIran avait expliqué avoir besoin de plus de temps pour répondre à loffre de mesures incitatives, ce qui est venu sajouter aux suspicions de lOccident selon lesquelles lIran tente de gagner du temps.
Visite de Radjavi
Mais un expert à Téhéran a déclaré que la visite le même jour au Parlement européen à Strasbourg du leader du Conseil national de la Résistance iranienne, considéré par le gouvernement comme un groupe terroriste, semblait en être la raison.
Maryam Radjavi, dont lorganisation basée en France est la branche politique du groupe armé proscrit des Moudjahidine du Peuple, a été invitée par un groupe composé de députés européens de différents partis se faisant appeler « Amis dun Iran libre ».
« On pourrait penser que cela na pas plu aux Iraniens mais cela pourrait devenir un prétexte utile pour eux », selon lexpert, qui a demandé à ne pas être identifié.
Radjavi a mené une conférence de presse au siège de lUE dans la ville de lest de la France mais a annulé son projet de rencontrer des groupes parlementaires afin déviter de donner aux autorités iraniennes une excuse pour stopper les pourparlers nucléaires.
« Je voulais retirer tous les prétextes dont pourraient se servir les mollahs et rendre les négociations possibles pour la communauté internationale, cest pourquoi jai demandé que les réunions soient reportées », a-t-elle dit aux journalistes.
Les diplomates ont affirmé que les divisions au sein du Conseil de Sécurité de lONU autour de la position à adopter sur lIran signifiaient quil y avait peu de chances que Téhéran donne sa réponse lors du meeting de Bruxelles ou avant le sommet du 15 juillet des nations industrialisées du G8 en Russie.
Les Etats-Unis ont accusé lIran de poursuivre un programme secret de développement darmes nucléaires. LIran dément ces accusations, affirmant que son programme atomique est uniquement destiné à la génération délectricité.
LIran affirme discerner quelques ambiguïtés dans loffre du 6 juin de lAllemagne et des cinq membres permanents du Conseil de Sécurité de lONU ayant pouvoir de veto (les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, la Russie et la Chine).
Les principales puissances ont proposé de la technologie nucléaire dernier cri ainsi quun approvisionnement garanti en combustible nucléaire, des avantages économiques et un cadre de sécurité régional à condition que lIran mette fin à ses activités denrichissement duranium.
Les diplomates pensent quétant donné que la Russie et la Chine ont peu de chances de soutenir des sanctions de lONU contre lIran à ce stade, lOccident nétait pas en position de fixer un délai.

