mercredi, février 1, 2023
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L’Iran poursuit l’enrichissement d’uranium et s’expose à de nouvelles sanctions

The Associated Press  – L’Iran continue à défier le Conseil de sécurité de l’ONU en refusant de geler son programme d’enrichissement d’uranium, a constaté mercredi l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Téhéran, qui était sommé de se plier à cette exigence d’ici jeudi, s’expose ainsi à de nouvelles sanctions.

Le rapport du directeur général de l’AIEA Mohamed El-Baradeï note que non seulement l’Iran n’a pas stoppé son programme d’enrichissement mais a au contraire étendu ses activités dans ce domaine. Il accuse également Téhéran d’avoir bloqué les tentatives de l’AIEA pour enquêter sur des activités nucléaires suspectes. Cela signifie que l’agence, basée à Vienne, ne peut "fournir des garanties (…) sur la nature exclusivement pacifique" du programme nucléaire iranien.

L’AIEA précise que sa compréhension des zones d’ombre du programme "se détériore" malgré quatre années d’enquête, selon le rapport diffusé sur le site Internet de l’agence et remis au Conseil de sécurité.

Alors que l’Iran avait été sommé de suspendre ses activités d’enrichissement d’ici jeudi, le rapport ouvre la voie à une nouvelle série de sanctions à son encontre, la troisième depuis le 23 décembre. Des consultations sur la question pourraient avoir lieu dans les prochains jours au Conseil.

"Si l’Iran ne se conforme pas à ses obligations, le Conseil de sécurité travaillera à l’adoption de nouvelles mesures", en vertu de la résolution 1747 adoptée le 24 mars qui donnait 60 jours à Téhéran pour respecter ses obligations, a indiqué le ministère français des Affaires étrangères.

Avant la publication du rapport, la France avait exprimé sa surprise mercredi suite à des propos de M. El-Baradeï estimant que l’Iran devrait être autorisé à conserver une partie de son programme d’enrichissement d’uranium.

"Je pense que cette exigence (d’une suspension totale des activité d’enrichissement d’uranium de l’Iran, NDLR) est dépassée par la réalité des faits", a déclaré le patron de l’AIEA au journal espagnol "ABC". "L’essentiel est à présent de s’assurer que l’Iran n’accorde pas (à ces activités) une taille industrielle", qui lui permettrait de développer un programme nucléaire militaire.

"Nous avons effectivement été surpris par plusieurs des propos de M. El-Baradeï ce week-end", a réagi le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Jean-Baptiste Mattéi. De leur côté, les Etats-Unis entendent élever une protestation officielle.

Selon le rapport de quatre pages de l’AIEA, Téhéran refuse toujours d’autoriser les inspecteurs à visiter un réacteur à eau lourde en cours de construction à Arak et des installations liées depuis qu’il a réduit unilatéralement sa coopération avec l’agence en début d’année. Une fois achevé, durant la prochaine décennie, le site produira du plutonium, qui à l’instar de l’uranium enrichi, peut être utilisé à des fins militaires.

"L’agence (…) reste dans l’incapacité de réaliser de nouveaux progrès dans ses efforts pour vérifier certains aspects" du programme nucléaire iranien, souligne le rapport.

L’Iran affiche l’ambition d’exploiter à terme 54.000 centrifugeuses sur son site de Natanz (centre), le seul ouvert sans restrictions aux inspections de l’AIEA, ce qui lui permettrait de produire assez d’uranium enrichi pour des dizaines d’armes nucléaires chaque année.

Téhéran affirme vouloir maîtriser cette technologie pour pouvoir satisfaire à l’avenir ses besoins en électricité.

Confirmant des informations divulguées ces dernières semaines, le rapport précise que 1.312 centrifugeuses à Natanz produisent de petites quantités d’uranium enrichi à 4,8%, pouvant être utilisé pour produire de l’électricité. A la date du 13 mai, 328 autres centrifugeuses avaient été assemblées et un nombre identique étaient en cours de construction.

"Ils ont maintenant 1.600 centrifugeuses alors qu’il y a un an et demi, ils en avaient 40", a précisé un diplomate de l’ONU, interrogé sur les progrès accomplis par les Iraniens à Natanz.

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