lundi, décembre 5, 2022
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L’Iran pourrait avoir de l’uranium enrichi pour une bombe d’ici deux ans (expert)

L'Iran pourrait avoir de l'uranium enrichi pour une bombe d'ici deux ans (expert)Agence France Presse – Les déclarations des autorités iraniennes selon lesquelles une installation pilote de 3.000 centrifugeuses pourrait être prête à la fin de l’année "sont crédibles" et "une telle installation peut produire l’uranium hautement enrichi nécessaire à une arme en un an environ", a déclaré à l’AFP la chercheuse française Thérèse Delpech, auteure de "L’Iran, la bombe et la démission des nations", un livre paru récemment.

Q. – Les Iraniens utilisent la centrifugation pour enrichir l’uranium : de combien de centrifugeuses disposeraient-ils actuellement, combien seraient nécessaires pour arriver à l’enrichissement pour une utilisation militaire ?

R. – L’Iran a assemblé et a fait tourner une première cascade de 164 centrifugeuses. Il en a assemblé au moins une autre de même taille. Les déclarations des autorités iraniennes selon lesquelles une installation pilote de 3.000 centrifugeuses pourrait être installée à la fin de l’année sont crédibles. Les composants nécessaires seraient présents en Iran. Une telle installation peut produire l’uranium hautement enrichi nécessaire à une arme en un an environ. Deux questions sont ouvertes cependant : celle de la stabilité industrielle du processus et le fonctionnement de ce pilote sur une durée suffisamment longue pour évaluer en particulier la résistance des machines à la corrosion.

En ce qui concerne la possibilité de copier des centrifugeuses du type de celles qui se trouvent à Natanz, la réponse est évidemment oui. On ne peut exclure non plus que des centrifugeuses plus sophistiquées, dont l’AIEA sait que l’Iran a acquis les plans et trois exemplaires complets, soient dissimulées sur un autre site. Ceci surtout après les déclarations provocatrices de Mahmoud Ahmadinejad sur ce point le 17 avril.

Q. – Outre la diplomatie ou la solution militaire, quelles sont les options dont dispose la communauté internationale pour les arrêter (refus de vendre telle technologie ou tels outils indispensables…) ?

R. – Le Conseil de sécurité (de l’Onu) a demandé à l’Iran de suspendre toutes ses activités liées à l’enrichissement avant le 28 avril. Téhéran semble décidé à ne pas tenir compte de cette demande. Ceci ne veut nullement dire que le programme iranien est "irréversible" car si cette attitude se confirme, le Conseil de sécurité va devoir prendre ses responsabilités la semaine prochaine. Une réunion des directeurs politiques des cinq membres permanents est déjà prévue mardi pour décider des prochaines étapes.

En principe, il devrait s’agir cette fois d’une résolution prise sous le chapitre VII de la Charte des Nations unies avec un temps d’exécution très court et l’annonce de sanctions éventuelles (diplomatiques, politiques et économiques). Ce sera à l’Iran de voir jusqu’où il veut mener la confrontation.

Autrement dit, la voie diplomatique comprend de nombreuses possibilités dont peu ont encore été explorées. Il va de soi que parmi les premières mesures devraient figurer l’interdiction de ventes d’armes (que continue de faire la Russie) et d’un certain nombre d’équipements à double usage. Dans bien des domaines, la technologie occidentale est essentielle à l’Iran.

Pour ce qui concerne les centrifugeuses proprement dites en revanche, il est probable que l’Iran ait atteint un certain niveau d’autonomie.

Q. – Quels sont les risques de contamination radioactive dans le cas d’une éventuelle intervention militaire ?

R. – Il n’y a aucune réponse précise possible compte tenu des multiples choix de cibles et de l’ignorance dans laquelle on se trouve de l’état exact de fonctionnement des installations qui pourraient être touchées. En fait, on oublie que beaucoup de cibles potentielles (comme les sites balistiques par exemple) ne comportent aucune matière nucléaire. Mais on n’en est pas là.

Le problème est d’engager une action dissuasive du Conseil de sécurité pour ne pas avoir à recourir à des frappes. Pour l’instant, l’Iran a un discours un peu délirant où il déclare à la fois que des frappes sont impossibles parce que les Etats-Unis sont trop occupés ailleurs, et que si frappes il y a l’Iran sortira gagnant. C’est une surestimation inquiétante des capacités iraniennes.

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