mercredi, février 8, 2023
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L’Iran: le déclin économique et l’incurie du régime

CNRI : La rue iranienne parle de l’éternelle crise d’essence, du diesel, du gaz naturel comprimé, du kérosène, de l’électricité, de l’eau et du pain. Les prix de ces produits de consommation multipliés, ces derniers mois, par trois, quatre ou cinq…continuent d’accroitre le désarroi de la population. Le prix du diesel a été multiplié par neuf, le prix de l’essence subventionnée a été multiplié par quatre (chaque automobiliste a droit à 60 litres mensuels qu’il payera désormais 4.000 rials ou 0,3 euro/litre), et le prix libre de l’essence s’est accru graduellement de 75 %.

Le régime qui avait cherché sous Ahmadinejad à récupérer 76 milliards d’euros annuels consacrés aux prix de produits subsidiés, en généralisant les prix réels en matière de consommation courante, a essuyé des échecs successifs et ne semble plus reprendre la pente.  Les familles à revenus modestes, qui représentent le cœur de la classe moyenne démunis par le présent système économique, ont été les plus touchées. Le plan économique du régime avait eu comme crédo: « ceux qui consommeront moins dépenseront moins. » Le pays souffre a priori de la corruption et des inégalités. Selon les chiffres du régime, la population du décile supérieur consomme 35 fois plus d’énergie que le décile le plus défavorisé.

Le taux d’inflation le plus élevé au monde

La vie quotidienne en Iran est complètement paralysée par la politique générale du régime : retraités et personnes âgées qui assistent à l’augmentation journalière des prix et des difficultés liées au logement et au chômage. L’Iran a le taux d’inflation le plus élevé au monde, soit 42 %, la devise a perdu 80 % de sa valeur, les exportations sont en déclin, la production du pétrole est la plus basse depuis 25 ans. Signe d’un assèchement de capitaux, la Banque Mondiale a indiqué que l’Iran n’avait pas remboursé les 79 millions qu’il devait sur un total de 679 millions.

La crise, avant d’être causée par les sanctions internationales, elle est due aux prévarications de groupes politico-industriels tels que les Gardiens de la révolution qui contrôlent les sociétés énergétiques et les ressources du pays. Les classés touchées voient la cause de ces maux dans l’incurie des responsables et l’isolement international du pays dû à la politique étrangère aventuriste et dangereuse du régime en contrevenant aux lois internationales, notamment la non-prolifération.

Pour la population il faut une économie rationnelle et protectrice des ressources dont l’Iran regorge – gaz et produits pétroliers –, une production économique plus efficace et une distribution plus juste. Mais pour certains économistes c’est la composition du prochain cabinet du nouveau président des mollahs qui va déterminer les chances du prochain gouvernement pour redresser la situation: il faut une remise en question fondamentale du système du Guide suprême qui, à lui seul, peut décider de la poursuite de l’arme nucléaire et la suite de l’isolement du pays. Ces économistes restent peu optimistes.