AFP, 28 aout – L’Iran a continué de défier les grandes puissances en augmentant sa capacité d’enrichissement d’uranium, selon un rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), diffusé mercredi, alors que doivent reprendre fin septembre les discussions avec Téhéran sur son programme nucléaire controversé.
Dans son rapport trimestriel sur l’Iran, le gendarme de la non-prolifération nucléaire indique que le pays dispose désormais de 1.008 centrifugeuses de deuxième génération (IR-2m) sur son site nucléaire de Natanz, contre près de 700 comptabilisées il y a trois mois.
Au 24 août, aucune de ces centrifugeuses -qui servent à enrichir l’uranium- n’est toutefois entrée en production, selon ce document.
Le chef sortant de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA), Fereydoun Abassi Davani, avait récemment évalué à un millier le nombre de ces nouvelles centrifugeuses.
Téhéran a également augmenté le nombre de ses centrifugeuses de première génération (IR-1) à 15.416, soit environ 1.860 de plus que dans le précédent rapport. Dans le site souterrain de Fordo (centre), leur nombre est en revanche resté identique (2.710).
Avec un équipement plus performant, les Occidentaux craignent que l’Iran ne puisse plus facilement produire de l’uranium enrichi à un niveau de pureté nécessaire pour fabriquer l’arme nucléaire (90%). Au total, le pays a produit 372,5 kg d’uranium enrichi à 20%, soit 48,5 kg de plus qu’il y a trois mois. Une partie ayant été convertie en combustible, il n’en restait que 185,8 kg, un niveau inférieur aux 240 à 250 kg nécessaires, selon les experts, pour fabriquer une bombe atomique.
L’annonce intervient alors que plus tôt dans la journée, l’AIEA avait confirmé la reprise le 27 septembre à Vienne des discussions avec l’Iran, interrompues depuis la mi-mai.
L’agence veut un accord (« approche structurée » dans le jargon diplomatique) avec la République islamique lui garantissant un accès plus large à des sites, documents ou individus afin de vérifier si le pays a travaillé ou non à la mise au point de l’arme atomique avant 2003.
Elle demande notamment d’accéder au site militaire de Parchin, près de Téhéran, où elle soupçonne le pays d’avoir procédé à des tests d’explosion conventionnelle applicable au nucléaire.
Dans son nouveau rapport, elle dresse une liste des points d’achoppement entre les deux parties au cours des dix précédentes réunions. L’agence exige notamment de ne pas fournir « dès le début tous les détails sur la façon dont elle mènera des vérifications, ni sur la date, ni sur le lieu ». Elle veut aussi être en mesure de revenir sur un point déjà discuté, une demande maintes fois rejetée publiquement par le représentant de l’Iran auprès de l’AIEA, Ali Asghar Soltanieh.
Ce dernier va toutefois quitter son poste le 1er septembre. Selon l’agence Irna, il sera remplacé par Reza Najafi, l’actuel directeur général chargé des affaires politiques et internationales au sein du ministère des Affaires étrangères. Depuis son arrivée au pouvoir, M. Rohani a procédé à plusieurs changements dans l’équipe de négociations sur le nucléaire.

