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L’influence sournoise de l’Iran en Irak

Par Claude Salhani
 
The Washington Times – De nouveaux rapports de renseignement indiquent que l’Iran redoublent d’efforts pour déstabiliser l’Irak tandis que le  président Bush réétudie ses options de politique.
 
Pendant que M. Bush songe à remplacer certains hauts responsables politiques et militaires et envisage de déployer 20 000 à 40 000 soldats américains supplémentaires dans un dernier effort visant à rétablir la sécurité dans le chaos irakien, de nouvelles informations d’espionnage révèlent que l’Iran pourrait bien avoir d’autres plans.

 « La Force Al-Qods des Gardiens de la Révolution islamique intensifie le terrorisme et encourage la violence sectaire en Irak », affirme Alireza Jafarzadeh, président de Strategic Policy Consulting à Washington, dissident iranien qui entretient des liens étroits avec les Moudjahidine-e Khalq, ou MeK. C’est M. Jafarzadeh qui a été le premier à révéler l’existence de sites nucléaires clandestins en République islamique à Natanz et à Arak en août 2002.
 
« Il y a eu ces derniers mois une montée en puissance du soutien de l’Iran au terrorisme et à la violence sectaire », a déclaré M. Jafarzadeh lors d’une conférence organisée par l’Iran Policy Committee (IPC), groupe de pression militant pour que le MeK soit retiré de la liste terroriste du département d’Etat. Le général Thomas McInerney, vétéran de l’armée de l’air américaine et membre de l’IPC, a déclaré que la démonstration de M. Jafarzadeh était la « preuve accablante » que l’Iran est devenu le principal
assassin des soldats américains en Irak.
 
Le fer de lance des activités terroristes en Irak, selon M. Jafarzadeh, est le travail de la Force al-Qods, que le dissident iranien qualifie de « force la plus meurtrière » au sein des Gardiens de la Révolution. La Force al-Qods est responsable des « activités extraterritoriales », expression qui selon M. fajarzadeh est un euphémisme pour terrorisme.
 
« Rien que du terrorisme », dit M. Jafarzadeh. « Tout ce qu’ils font, c’est du terrorisme. Cette force meurtrière est très présente en Irak. »
 
Le quartier général de la Force al-Qods se situe dans le bâtiment qui abritait autrefois l’ambassade des États-Unis à Téhéran, où des diplomates américains sont restés captifs pendant 444 jours peu après la révolution islamique et la chute du chah en 1979. C’est à partir de cette base, selon des sources du MeK, que la Force al-Qods dirige toutes ses activités en Irak.
 
Ils fabriquent secrètement des engins explosifs improvisés, entraînent, financent et arment un réseau terroriste extensif en Irak, explique M. Jafarzadeh. « L’objectif de l’Iran est de créer l’insécurité en Irak et d’obliger les forces de la coalition à partir afin d’établir en Irak une république islamique. »
 
Ce vaste réseau terroriste iranien est commandé par le général Abtahi, qui servait autrefois au Liban. Le général Abtahi est basé à la base Fajr située à Ahvaz, dans le sud-ouest de l’Iran. Il est assisté d’un certain nombre de hauts commandants, selon M. Jafarzadeh. « L’Iran intervient considérablement en Irak, c’est le moins que l’on puisse dire ; en déstabilisant la situation, en envoyant des armes, des munitions, des espions, en fournissant un entraînement depuis 2003, sans mentionner les vingt années au moins pendant lesquelles les mollahs ont pu établir leurs réseaux », a-t-il dit.
 
La Force al-Qods (qui signifie force de Jérusalem) a établi un centre de commandement et de contrôle en Irak, d’où elle gère son réseau terroriste. Le réseau irakien est sous le contrôle de Jamal Jaafar Mohammad Ali Ebrahimi, connu aussi sous le nom de Mehdi Mohandes.
 
Selon le MeK, Mohandes est responsable de l’organisation des attentats contre les ambassades américaine et britannique au Koweït dans les années 1980.
 
Interpol a fait figurer Mohandes sur sa liste de personnes recherchées en 1984. Il n’est pas sorti d’Iran depuis. Il serait un ancien haut officier des Gardiens de la Révolution. Il a accompli sa formation de commandement à l’Université Imam Hossein du Corps des Gardiens de la Révolution islamique,
et est membre du personnel de la Force al-Qods.
 
Ce nouveau réseau terroriste établi en Irak, affirme M. Jafarzadeh, a été baptisé « Hezbollah », comme le mouvement chiite du Liban avec lequel Mohandes, connu aussi sous le nom de Ebrahimi, serait en contact. Le réseau est opérationnel à Bassora, dans le sud, et dans la capitale, Bagdad. Ses membres suivent un entraînement militaire et « terroriste » à Bassora. Leurs armes et munitions sont envoyées clandestinement à Bassora par le passage frontalier de Shalamche.
 
Entretenir un réseau terroriste aussi important nécessite des sommes d’argent colossales. Selon des sources du MeK, le général Abtahi « envoie en Irak des millions et des millions de dollars chaque mois depuis Ahvaz ». L’argent est transporté vers l’Irak par un coursier spécial qui ramasse les fonds à Ahvaz et leur font traverser la frontière à Shalamche où des gardes frontaliers « alliés » le laissent passer.
 
Le général McInerney a recommandé à George Bush d’affronter directement l’Iran pour son interférence s’il désirait stabiliser l’Irak. « Le fait simplement d’envoyer de nouveaux soldats en Irak ne résoudra pas le problème à moins que l’on s’attaque directement [à l’ingérence de l’Iran] », a affirmé le général McInerney. « Mais il doit être attaqué indirectement. Nous faisons face à un ennemi vraiment redoutable qui pense que nous ne réagirons pas. »
 
L’intervention voulue par le président Bush en Irak risque d’être trop modeste et d’arriver trop tard pour régler un problème qui nécessite une opération majeure plutôt qu’une approche tenant du rafistolage. Ceci est comparable à ce qu’un observateur a baptisé la « théorie du bon médecin » : lorsque le patient est en stade terminal et qu’aucun médicament ou aucune intervention médicale ne peut le sauver, le bon médecin se sent obligé d’administrer un traitement au patient juste histoire de faire quelque chose.
 
 
Claude Salhani est rédacteur en chef international pour United Press International.