Par Claude Salhani
The Washington Times – De nouveaux rapports de renseignement indiquent que lIran redoublent defforts pour déstabiliser lIrak tandis que le président Bush réétudie ses options de politique.
Pendant que M. Bush songe à remplacer certains hauts responsables politiques et militaires et envisage de déployer 20 000 à 40 000 soldats américains supplémentaires dans un dernier effort visant à rétablir la sécurité dans le chaos irakien, de nouvelles informations despionnage révèlent que lIran pourrait bien avoir dautres plans.
« Il y a eu ces derniers mois une montée en puissance du soutien de lIran au terrorisme et à la violence sectaire », a déclaré M. Jafarzadeh lors dune conférence organisée par lIran Policy Committee (IPC), groupe de pression militant pour que le MeK soit retiré de la liste terroriste du département dEtat. Le général Thomas McInerney, vétéran de larmée de lair américaine et membre de lIPC, a déclaré que la démonstration de M. Jafarzadeh était la « preuve accablante » que lIran est devenu le principal
assassin des soldats américains en Irak.
Le fer de lance des activités terroristes en Irak, selon M. Jafarzadeh, est le travail de la Force al-Qods, que le dissident iranien qualifie de « force la plus meurtrière » au sein des Gardiens de la Révolution. La Force al-Qods est responsable des « activités extraterritoriales », expression qui selon M. fajarzadeh est un euphémisme pour terrorisme.
« Rien que du terrorisme », dit M. Jafarzadeh. « Tout ce quils font, cest du terrorisme. Cette force meurtrière est très présente en Irak. »
Le quartier général de la Force al-Qods se situe dans le bâtiment qui abritait autrefois lambassade des États-Unis à Téhéran, où des diplomates américains sont restés captifs pendant 444 jours peu après la révolution islamique et la chute du chah en 1979. Cest à partir de cette base, selon des sources du MeK, que la Force al-Qods dirige toutes ses activités en Irak.
Ils fabriquent secrètement des engins explosifs improvisés, entraînent, financent et arment un réseau terroriste extensif en Irak, explique M. Jafarzadeh. « Lobjectif de lIran est de créer linsécurité en Irak et dobliger les forces de la coalition à partir afin détablir en Irak une république islamique. »
Ce vaste réseau terroriste iranien est commandé par le général Abtahi, qui servait autrefois au Liban. Le général Abtahi est basé à la base Fajr située à Ahvaz, dans le sud-ouest de lIran. Il est assisté dun certain nombre de hauts commandants, selon M. Jafarzadeh. « LIran intervient considérablement en Irak, cest le moins que lon puisse dire ; en déstabilisant la situation, en envoyant des armes, des munitions, des espions, en fournissant un entraînement depuis 2003, sans mentionner les vingt années au moins pendant lesquelles les mollahs ont pu établir leurs réseaux », a-t-il dit.
La Force al-Qods (qui signifie force de Jérusalem) a établi un centre de commandement et de contrôle en Irak, doù elle gère son réseau terroriste. Le réseau irakien est sous le contrôle de Jamal Jaafar Mohammad Ali Ebrahimi, connu aussi sous le nom de Mehdi Mohandes.
Selon le MeK, Mohandes est responsable de lorganisation des attentats contre les ambassades américaine et britannique au Koweït dans les années 1980.
Interpol a fait figurer Mohandes sur sa liste de personnes recherchées en 1984. Il nest pas sorti dIran depuis. Il serait un ancien haut officier des Gardiens de la Révolution. Il a accompli sa formation de commandement à lUniversité Imam Hossein du Corps des Gardiens de la Révolution islamique,
et est membre du personnel de la Force al-Qods.
Ce nouveau réseau terroriste établi en Irak, affirme M. Jafarzadeh, a été baptisé « Hezbollah », comme le mouvement chiite du Liban avec lequel Mohandes, connu aussi sous le nom de Ebrahimi, serait en contact. Le réseau est opérationnel à Bassora, dans le sud, et dans la capitale, Bagdad. Ses membres suivent un entraînement militaire et « terroriste » à Bassora. Leurs armes et munitions sont envoyées clandestinement à Bassora par le passage frontalier de Shalamche.
Entretenir un réseau terroriste aussi important nécessite des sommes dargent colossales. Selon des sources du MeK, le général Abtahi « envoie en Irak des millions et des millions de dollars chaque mois depuis Ahvaz ». Largent est transporté vers lIrak par un coursier spécial qui ramasse les fonds à Ahvaz et leur font traverser la frontière à Shalamche où des gardes frontaliers « alliés » le laissent passer.
Le général McInerney a recommandé à George Bush daffronter directement lIran pour son interférence sil désirait stabiliser lIrak. « Le fait simplement denvoyer de nouveaux soldats en Irak ne résoudra pas le problème à moins que lon sattaque directement [à lingérence de lIran] », a affirmé le général McInerney. « Mais il doit être attaqué indirectement. Nous faisons face à un ennemi vraiment redoutable qui pense que nous ne réagirons pas. »
Lintervention voulue par le président Bush en Irak risque dêtre trop modeste et darriver trop tard pour régler un problème qui nécessite une opération majeure plutôt quune approche tenant du rafistolage. Ceci est comparable à ce quun observateur a baptisé la « théorie du bon médecin » : lorsque le patient est en stade terminal et quaucun médicament ou aucune intervention médicale ne peut le sauver, le bon médecin se sent obligé dadministrer un traitement au patient juste histoire de faire quelque chose.
Claude Salhani est rédacteur en chef international pour United Press International.

