CNRI Léditorial du Figaro du 8 janvier, sous la plume dYves Thréard, examine la situation en Irak et le véritable danger le régime en Iran auquel sont confrontés les Etats-Unis et lEurope. Il écrit notamment
Certes, mais a-t-il le choix ? Pas sûr. Accepter la défaite en Irak, que beaucoup lui prédisent, quand ce n’est pas déjà fait, aurait des conséquences catastrophiques pour son pays et l’équilibre international. On objectera que l’Amérique a surmonté sa déroute au Vietnam. Mais comparaison n’est pas raison. À chaque époque son contexte.
Majoritaires à la Chambre des représentants et au Sénat, les démocrates eux-mêmes n’ont pas d’alternative à la stratégie de la Maison-Blanche. Leur ferme condamnation de « l’aventure » Bush est une posture d’ordre moral destinée à flatter l’opinion.
Il est peu probable, en revanche, qu’ils refusent au président une rallonge de crédits militaires. D’abord parce que celle-ci devrait être associée à un train de mesures économiques d’aide à la reconstruction. Ensuite parce qu’en s’opposant ils pourraient être accusés du chaos qui s’ensuivrait inévitablement à Bagdad.
Car tel est le risque. Un départ prochain des troupes américaines exacerberait les violences civiles ou interethniques que les forces régulières irakiennes, même renforcées, ne sauraient prévenir. Surtout, il consacrerait la domination de l’Iran sur toute la région. La formation d’un « croissant chiite », de Téhéran à Beyrouth, via Bagdad et Damas, qui est plus une notion qu’une réalité aujourd’hui, constituerait une menace certaine. Et signerait la victoire des adversaires de l’Occident. Suprême humiliation.
Chacun le sent bien. Aussi inquiétant que soit le conflit irakien pour Washington, le vrai défi pour les États-Unis, comme pour l’Europe, c’est de gagner le bras de fer qui les oppose au régime de Téhéran. Or, reculer à Bagdad reviendrait à perdre la première bataille d’une guerre à distance qui prendrait alors une ampleur insoupçonnée.

