Jason Simpkins, rédacteur adjoint
Money Morning, 20 janvier – Diverses industries en Iran commencent à sentir la pression alors que les banquiers à travers le monde ont réduit leurs prêts pour satisfaire aux demandes du gouvernement américain.
Les efforts américains pour interrompre le programme d’enrichissement d’uranium de l’Iran sont en perte de vitesse aux Nations unies, contrecarrés par la Russie et la Chine. Mais les responsables du Trésor américain Stuart Levey et Robert Kimmitt ont mené une campagne pour freiner les crédits à un pays que les Etats-Unis considèrent comme une menace globale.
Des banques comme UBS AG (UBS), la Deutsche Bank AG (DB) et HSBC Holdings PLC (HBC) en ont tenu compte, réduisant leurs prêts à l’Iran et dans certains cas, le coupant carrément.
« Nous ne faisons absolument aucune affaire en Iran », a déclaré à Bloomberg News Serge Steiner, un porte-parole d’UBS, la plus grande banque d’Europe par sa valeur sur le marché.
La Deutsche Bank, la plus grande institution financière d’Allemagne, a dit en juillet qu’elle se retirait aussi d’Iran.
« Nous avons envoyé une lettre aux clients privés en Iran qui ont un compte à la Deutsche Bank en Allemagne pour leur dire que nous devons mettre fin à nos affaires avec eux », a dit l’an dernier le porte-parole de la Deutsche Bank, Ronald Weichert.
L’Iran est en effet une nation riche en pétrole. Il exporte environ quatre millions de barils de brut par jour et représente 5 % de l’approvisionnement mondial. Mais un analyste bancaire allemand anonyme a confié à Forbes que les intérêts de la Deutsche Bank dans le pétrole iranien étaient insignifiants.
« Je pense qu’en quittant l’Iran, [la Deutsche Bank] renforce ses occasions d’affaires », a-t-il dit. « L’Iran est un petit pays. Ça ne vaut pas le coup de traiter avec l’Iran pour perdre des marchés aux Etats-Unis »
Il y a six mois, l’Organisation de la coopération et du développement économique a placé le taux de risque de l’Iran pour les crédits à l’exportation au deuxième plus mauvais rang. Il entre désormais dans la catégorie de l’Albanie, du Bangladesh et du Mozambique.
Le nombre de banques traitant avec l’Iran a considérablement baissé ces deux dernières années. Selon l’Almanach des Banquiers, le nombre d’institutions utilisées par la Banque Saderat d’Iran, une des plus grandes banques du pays, est tombé de 29 en 2006 à 8.
Le résultat de ces mesures de précaution a été nuisible aux marchés iraniennes, privées de fonds nécessaires pour acquérir des équipements et des services. L’agence de données de l’Union européenne Eurostat a annoncé que les exportations de machinerie et d’équipement de transport en Iran ont chuté de 20 % durant les neuf premiers mois de 2007 par rapport à l’année précédente.
Des institutions financières sont en plein resserrement du crédit global et la plupart renoncent à se lancer dans des investissements plus risqués. Ce n’est pas de bon augure pour l’Iran, qui manque de technologie et d’équipement pour développer lui-même ses ressources naturelles. Sans investissement étranger, l’Iran est une île.
« Les Banques ont tendance à être des créatures très, très conservatrices », a dit à Bloomberg Peter Djinis un ancien membre du réseau de la brigade financière du Trésor. Jusqu’à ce qu’ils entendent directement le gouvernement américain dire que l’on peut faire confiance à l’Iran, « il n’y aura pas d’hésitation ».

