jeudi, janvier 26, 2023
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Les pasdarans, une entité multidimensionnelle vitale pour l’existence des mollahs

Par Reza Shafa*

CNRI – Si on examine attentivement le statut  du Corps des gardiens de la révolution iranien (le CGR), ou pasdarans, on risque de rencontrer des faits très intéressants. Le plus important étant que le CGR a été fondé en 1979 pour protéger le régime des mollahs.  

Cette théocratie est basée sur deux piliers : la répression de l’opposition dans le pays et l’exportation du terrorisme à l’étranger. Le rôle principal dans ces deux domaines a été attribué au CGR.

Il est évident depuis le début, les mollahs ont créé cette force pour garantir leur survie dans n’importe quelle crise.

Les Gardiens de la révolution compte 500.000 hommes, tous sous contrôle direct du guide suprême du régime Ali Khamenei; c’est lui qui en nomme personnellement tous les commandants. Le CGR est composé de cinq forces : l’armée de terre, l’armée de l’air, la Marine, la Force Qods et la milice du Bassidj.  

L’armée de terre du CGR est déployée dans toutes les villes principales et constitue l’épine dorsale des forces des mollahs pour maintenir la sécurité. On trouve une brigade du CGR dans chacune des 30 provinces d’Iran, à l’exception de Téhéran qui compte deux divisions.

Etant donné que toutes les autres forces de sécurité, d’une façon ou d’une autre, sont des ramifications du CGR, comme par exemple les Forces de sécurité de l’Etat (FSE), cette force est des plus vitales pour la survie du régime face à n’importe quelle menace intérieure.

Que fait la Force Qods pour le CGR ?

L’idée de cette force remonte à Khomeiny lui-même.

En pleine guerre civile au Liban, le CGR a reçu pour tâche d’aider les soi-disant musulmans de ce pays. La Force Qods compte 21.000 hommes et a été officiellement fondée en 1993.

La force a une très large portée et n’est limitée par aucune frontière géographique (la constitution des mollahs ne les reconnaissant pas). La manière d’opérer de la Force fait penser à un pays doté de deux ministères des Affaires étrangères avec diverses directions pour les régions du monde. Toutes les ambassades du régime ont leurs propres officiers en liaison directe avec le quartier général de la Force Qods à Téhéran.

Pour avoir une tête de pont dans les pays voisins – l’Irak, la Turquie, l’Afghanistan et le Pakistan – des bases tactiques ont été installées dans les provinces frontalières de ces pays. Ces bases sont directement responsables des activités terroristes du régime dans chaque pays. Si on veut examiner une de ces garnisons, on peut prendre la plus active, la base Ramadan dotée de quatre bases tactiques le long des 1200 kilomètres de frontières avec l’Irak. Il s’agit des bases Nasser, Raad, Zafar et Fajr qui s’étendent du nord au sud.

En décembre 2006, c’est la Résistance iranienne qui a révélé ces bases et leurs activités pour la première fois. C’est par là que des milliers d’individus sont recrutés et envoyés dans divers camps dans la banlieue de Téhéran et de Qom pour y être formés. Certains camps sont spécialisés dans la formation des milices irakiennes et d’autres travaillent sur d’autres secteurs.  

Avec une force militaire classique, comme les armées nationales dans le monde, ils auraient eu du mal à entrer dans l’économie nationale sans parler de dominer la totalité du système bancaire, la plupart des industries pétrolières et gazières et leur lourde influence sur les importations et les exportations. Mais c’est un fait en Iran aujourd’hui que le CGR a la mainmise sur le marché  et le commerce.

Les activités terroristes du CGR à l’étranger coûtent des milliards de dollars. Par exemple ses opérations en Irak coûtent à elles seules trois milliards de dollars par an. Il faut y ajouter un autre milliard de dollars pour ses aventures au Liban et la liste continue.

Pour financer ses opérations, après la guerre Iran-Irak en 1988, le CGR a utilisé une grande partie de ses unités techniques et sa machinerie pour soutenir les projets de construction que lui a confiés le gouvernement sans la moindre compétition.

En 2004, les études montraient que les projets du CGR dépassaient les 12 milliards de dollars et pour 2007, le conglomérat financier gagnera 57% des importations nationales et des exportations, ainsi que 30 % de ses exportations non-pétrolières. Pour gérer ce géant, le CGR a établi plus de 1000 sociétés financières s’étendant des Emirats arabes unis à l’Asie orientale et allant de l’Europe à l’Afrique et même à l’Amérique du Sud. Ces entités ont fourni une couverture aux activités illégales du CGR dans le monde entier. 

Pour supprimer les contrôles habituels, le CGR a étendu son réseau hors de la structure du gouvernement pour deux raisons : d’abord pour se passer des contrôle internationaux qui arrivent avec ce genre de transactions et ensuite pour blanchir l’argent produit par les affaires illégales, principalement reçues des organisations écrans créées par le CGR.   

Très peu a été dit du CGR et ses activités terroristes hormis ce que la Résistance iranienne a révélé au fil du temps.

Depuis l’inscription du CGR et de la force Qods sur la liste noire des Etats-Unis, il est grand temps de se concentrer sur l’entité terroriste la plus dangereuse et la mieux organisée dans le monde pour assurer la sécurité mondiale. 

*Reza Shafa est un expert des réseaux de renseignements du régime iranien, en Iran et à l’étranger. Il a mené des recherches poussées sur le VEVAK, les services secrets du CGR et la force Qods. Il contribue actuellement au site du CNRI.

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