mercredi, décembre 7, 2022
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Les Nations unies expriment leur «profonde inquiétude» sur les droits humains en Iran

AP, 19 novembre – Le comité des droits de l’homme de l’Assemblée générale a exprimé sa «profonde inquiétude» sur l’utilisation par l’Iran de la flagellation, de la lapidation et des amputations comme châtiments dans son examen annuel de la situation des droits humains dans plusieurs pays du monde. Le comité a voté à 80 pour, 44 contre et 57 abstentions pour souligner son inquiétude dans ce domaine en Iran. Ce vote est plus fort que celui de l’an dernier, lorsque le comité avait voté à 74 pour et 48 contre une résolution similaire.

La mesure devrait être approuvée par la totalité de l’instance de 192 membres.

La résolution parle de « torture et traitements cruels, inhumains ou dégradants », dans un pays islamique, ainsi que de « l’incidence toujours élevée et dramatique de l’application de la peine de mort en l’absence de garanties internationalement reconnues, y compris des exécutions publiques ».

Au début de la réunion, l’Iran avait tenté en vain de bloquer la résolution en demandant un vote pour qu’aucune action de soit entreprise. Cette motion a échoué à 51 pour, 91 contre. En 2008, la dernière fois que l’Iran avait appelé à une motion de non-action sur une résolution du comité des droits de l’homme à son encontre, le vote avait été beaucoup plus serré avec 71 pour et 81 contre.

Mohammad Javad Larijani, secrétaire général du « Conseil supérieur des droits de l’homme » en Iran a dit au comité que la résolution «honteuse» était remplie de « mensonges » et d’ « accusations invérifiables ». Même si le Canada en est le premier sponsor, Larijani a déclaré que «les États-Unis sont le cerveau et le provocateur principal»  de cette résolution «qui s’inscrit dans le cadre de la politique des États-Unis contre la République islamique d’Iran».

Maryam Radjavi, présidente élue du principal groupe d’opposition le Conseil national de la Résistance iranienne, a déclaré que la résolution « insuffisante » ne touchait « qu’une infime partie des crimes manifestes des mollahs contre le peuple d’Iran ».

Dans un communiqué publié depuis son siège hors de Paris, Mme Radjavi a néanmoins estimé que le vote « indique un consensus mondial contre le fascisme religieux au pouvoir en Iran ». Elle a appelé les pays à supprimer le commerce et les relations avec l’Iran jusqu’à l’amélioration de la situation des droits humains.

La résolution note « l’inégalité et la violence généralisées » contre les femmes dans le pays islamiques, y compris des mesures de répression contre les femmes défenseurs des droits humains.

Pour les Iraniens en général, dit le texte, il y a « des restrictions systématiques et sévères » à la liberté de réunion, d’association et d’expression pour les opposants politiques, défenseurs des droits humains, avocats, journalistes, fournisseurs de services Internet, utilisateurs et autres. Les opposants politiques continuent d’être harcelés, intimidés et persécutés, peut-on lire.

Le comité s’est dit «particulièrement préoccupé» par l’incapacité du gouvernement à mener une enquête approfondie sur les exactions commises après l’élection présidentielle du 12 juin 2009. Il a appelé à mettre fin à l’impunité de ceux qui ont attaqué les manifestants après le vote, et a exhorté le gouvernement à ne plus utiliser ses forces de sécurité et ses milices pour disperser les manifestations pacifiques.

Larijani a défendu la manière dont son pays a traité les protestations, notant que les États-Unis et la France dans le passé s’étaient attaqués à des manifestations de rue sur leur propre sol. Evoquant l’Iran comme une « démocratie islamique », il a demandé: « Est-il possible d’avoir une démocratie sans protestations? ».

Il a également déclaré que l’Iran avait déjà fait une enquête approfondie sur les événements autour de l’élection de l’an dernier, qui a découvert que « le gouvernement des États-Unis d’Amérique a été profondément et largement impliqué à financer, entraîner, diriger (…) et encourager les manifestants ».

La résolution sur la situation des droits en Iran parle notamment de la discrimination continue touchant les minorités ethniques, y compris les Arabes, les Kurdes, les chrétiens et les juifs, et les persécutions contre les membres des minorités religieuses, en particulier de la foi baha’ie.

La résolution dit qu’il y a « des preuves croissantes des efforts déployés par l’État pour identifier, contrôler et détenir arbitrairement les bahaïs » et pour les empêcher de fréquenter l’université et d’occuper un emploi. Elle déclare que leurs biens ont été confisqués et détruits, et que leurs cimetières ont été vandalisés.

La résolution, 23ème du genre depuis 1985 condamnant l’Iran, « ne laisse aucun doute comme quoi le monde reste profondément préoccupé par la poursuite des violations des droits de l’homme en Iran », a déclaré Bani Dugal, représentante de la Communauté internationale baha’ie.

 

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