samedi, novembre 26, 2022
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Les femmes à la pointe du combat contre les mollahs en Iran

 CNRI – A l’approche de la Journée internationale des Femmes, une réunion intitulée « La Diversité, La Parité et l’Egalité des Chances pour Tous » s’est tenue le 13 février à l’Assemblée nationale. Elle était organisée par le Haut Conseil des Mariannes de la République et l’Europe (CMR), qui a invité une délégation de la Résistance iranienne. Farideh Karimi, membre de la commission des Femmes du CNRI, y a présenté un exposé sur la situation des femmes en Iran, victimes de la misogynie des mollahs.

 CNRI – A l’approche de la Journée internationale des Femmes, une réunion intitulée « La Diversité, La Parité et l’Egalité des Chances pour Tous » s’est tenue le 13 février à l’Assemblée nationale. Elle était organisée par le Haut Conseil des Mariannes de la République et l’Europe (CMR), qui a invité une délégation de la Résistance iranienne. Farideh Karimi, membre de la commission des Femmes du CNRI, y a présenté un exposé sur la situation des femmes en Iran, victimes de la misogynie des mollahs. 

Sont notamment intervenus Mme George Pau-Langevin, députée et Marraine de l'événement, Mme Koh Bela, présidente de Mayina (la Diversité comme un atout et non comme handicap), l’écrivain et historien Georges Ifrah, Marie-Thérèse Altermath-Massing, présidente du CMR et M. Zachary-James MILLER Représentant Officiel en France du Président Barack OBAMA,  et Vice Président du Parti Démocrate en France

Voici l’intervention de Mme Karimi :

Lorsque l'on se penche sur le combat des Iraniennes contre le régime des mollahs, il est nécessaire de revenir sur un siècle de lutte des femmes pour l'égalité en Iran. Les femmes ont commencé a jouer un rôle de premier plan dans les événements politiques et sociaux dès la révolution constitutionnelle de 1906 qui a limité le pouvoir absolu de la monarchie en instaurant un parlement. Elles sont allées jusqu'à prendre part à la lutte armée qui s'est déroulée à l'époque. Ce mouvement a mené pour la première fois à la scolarisation des filles et à l'éducation des femmes. Des associations et le premier journal féminin ont vu le jour.

Un demi-siècle plus tard, les femmes ont également contribué activement au mouvement de nationalisation du pétrole, en 1953, en offrant un soutien financier et politique massif au dirigeant du mouvement, le Dr. Mohammad Mossadegh.

Dans la lutte contre la dictature du chah, les femmes aux côtés des hommes et bien souvent avant eux, demandaient la liberté et la démocratie. Les étudiantes sont descendues dans l'arène. Elles ont participé aux activités politiques et sociales des multiples groupes et partis de l'époque. Avec la révolution de 1979, les Iraniennes sont entrées en masse sur la scène politique, descendant parfois par millions dans les rues. Quand les mollahs sont arrivés au pouvoir, ils ont trouvé une société qui voulait voir ses aspirations historiques satisfaites après un siècle de lutte pour la liberté, particulièrement les femmes qui avaient à leur actif un siècle de mouvement pour l'égalité.

 Je voudrais attirer votre attention sur le fait qu'après la révolution de 1979, l'Iran aurait pu suivre la route du développement et de la démocratie grâce au rôle important des femmes dans cette révolution. Mais en fondant un régime intégriste et misogyne, Khomeiny s'en est même pris aux lois et aux réformes que les femmes avaient progressivement acquises jusque là.

Les mollahs ont déclenché leur offensive dès leur arrivée au pouvoir en rendant le voile obligatoire et en chassant les femmes de leurs emplois. Elles se sont défendues en occupant les premiers rangs de la contestation. Les femmes et les jeunes filles formaient une partie essentielle des manifestations et des rassemblements. C'est ainsi qu'a commencé un combat sans merci entre les Iraniennes et les intégristes et qu'il dure depuis 30 ans.

Les Iraniennes sont arrivées cette conclusion : il est impossible de changer de conditions sous ce régime. Pourquoi impossible ? Parce que la constitution des mollahs est la base de la législation et qu’elle va à l’encontre des conventions internationales sur les droits humains. Et comme je l'ai mentionné, elle est entièrement basée sur la discrimination et l'abus sexuel des femmes.

L’intégrisme islamiste repose sur le concept du « Velayat-e-Faghih. C’est la base de la constitution des mollahs. Cette législation rend impossible l'égalité entre les femmes et les hommes. C'est pourquoi je souligne que le seul moyen d’obtenir l'égalité et la liberté, c’est de changer de régime en Iran.

Je dois ici aborder un autre sujet actuel, les élections, ou comme disent les Iraniens, les sélections ! Comme vous le savez, il y aura une soi-disant élection présidentielle en Iran en juin.  J'insiste sur le fait qu'il n'y a aucune différence entre Khatami et Ahmadinejad ou n'importe quel autre candidat de ce régime. Selon la constitution actuelle, c'est le guide suprême Khamenei qui décide de tout. C'est pourquoi ces jeux politiques n'ont aucun intérêt pour les Iraniens. Au bout de trente ans, le peuple iranien et surtout les femmes ont bien compris qu'il n'y aura aucun changement fondamental dans ce régime et donc que la démocratie et la liberté restent un simple mirage avec les mollahs.

Les Iraniens ne se laisseront plus tromper par les manœuvres politiques et absurdes de ce régime, des manœuvres qui ne visent qu’à réduire la pression de l'opinion publique internationale et à passer des accords économiques.

Pour donner une idée de l'ampleur de la catastrophe, je dois d'abord, aborder les lois des mollahs.
Selon eux, les femmes iraniennes n'ont aucun droit. Elles n'ont pas le droit de choisir leurs vêtements, les musulmanes comme les non musulmanes sont obligées de porter le voile. Les femmes ne peuvent pas voyager sans l'autorisation de leur mari. L’héritage des femmes est la moitié de celui des hommes. Les femmes ne peuvent travailler qu’avec l'autorisation de leur mari. Quand un homme le souhaite, il peut divorcer alors que les démarches de divorce pour la femme sont très difficiles et parfois impossibles. Les enfants restent sous la garde du père et la mère n’a aucun droit sur eux. D'autre part, selon le code pénal du régime, les hommes sont pénalement responsables à 15 ans, alors que les femmes le sont dès 9 ans, soit six ans plus tôt. Cela veut dire qu'en cas d'infraction, les tribunaux peuvent accuser ou condamner une fillette de 9 ans comme une adulte. Si un père ou un grand père tue sa fille ou sa petite fille à n'importe quel âge, il ne sera pas condamné. Il y a beaucoup de ces lois rétrogrades et comme nous n'avons pas beaucoup de temps j'ai seulement abordé les plus importantes.

Comme l’a déclaré la présidente élue de la Résistance iranienne Maryam Radjavi : « Ces réactionnaires qui oppriment le peuple et surtout les femmes sous prétexte de religion, n'ont rien à voir avec l'Islam, ce sont des marchands du temple qui abusent de l’islam pour atteindre leur objectifs néfastes et inhumains. »

Dans ces conditions, quel est le rôle des Iraniennes et que faire ? Cela tient en trois mots : il faut résister. C'est pourquoi la résistance des femmes contre ces injustices n’a pas cessé un seul instant ces trente dernières années.

Il faut dire qu’elles sont à l’avant-garde de cette bataille contre les mollahs, dans tous les domaines. Grâce à leur dévouement remarquable, elles ont marqué l’avancée des femmes. Chaque jour elles sont actives dans la rue, les universités, tous les domaines sociaux. Elles opposent une résistance héroïque dans les salles de tortures et les prisons, ce qui est un phénomène unique dans l'histoire de notre pays.

Je dois dire que les femmes jouent le rôle le plus déterminant dans le mouvement de la Résistance contre la dictature religieuse pour la liberté, l'égalité, la paix et la coexistence pacifique.

Les femmes de la Résistance iranienne ont obtenu des acquis sans précédent dans l'histoire des mouvements de libération : elles constituent 52% des membres du parlement de la Résistance. La principale organisation de cette coalition, les Moudjahidine du peuple, est dirigée depuis dix ans par un conseil de direction entièrement féminin.

Je voudrais conclure par cette phrase de Mme Radjavi, qui en s’adressant à ses sœurs iraniennes, a déclaré : votre persévérance, malgré la souffrance et les larmes, et votre refus de céder vous assurent un avenir glorieux dans l'Iran de demain. Vous vaincrez le fascisme religieux car l’avenir vous appartient.

 

 

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