CNRI – « ce régime n'a aucune assise populaire et essaye de perdurer par la répression et par la terreur », a déclaré le Dr. Saleh Radjavi. Le représentant du CNRI en France s’exprimait dans un colloque à l’occasion du 30e anniversaire de la révolution antimonarchiste en Iran, organisé au Sénat le 11 février par le Comité français pour un Iran démocratique.
La réunion a été l’occasion de se pencher sur la terrible situation des droits de l’homme et de faire un tour d’horizon de la dictature religieuse et de la Résistance iranienne. Les orateurs ont insisté sur la nécessité de lever les restrictions qui pèsent encore sur la résistance, notamment de clore le dossier vide du 17 juin 2003 qui touche des opposants iraniens. Le maintien du dossier étant une des conséquences de la politique erronée de complaisance avec le régime des mollahs.
Voici des extraits de son intervention :
Permettez-moi tout d'abord de vous transmettre les salutations chaleureuses et les vifs remerciements de notre présidente, Mme Maryam Radjavi et de tous mes amis de la Résistance iranienne, et d’exprimer toute notre admiration pour les efforts que le Comité français pour un Iran démocratique n'a cessé de déployer pour faire triompher la vérité et la justice. En effet, vos efforts inlassables et parfaitement louables ont porté leurs fruits. Ils ont été combinés à ceux du « Comité européen pour l’application de la justice » en faveur de la Résistance iranienne, présidé par le vice-président du Parlement européen. C’est un comité qui englobe plus de 2000 parlementaires à travers l'Europe. Et les efforts également, de très nombreux juristes et avocats de renom, ainsi que la détermination démocratique sans faille des membres de la Résistance iranienne.
Le conseil des ministres de l'Union européenne, c'est-à-dire l'exécutif européen, a fini par respecter les règles de droit et par appliquer la décision de la plus haute juridiction européenne. Je pense que c'est un événement extrêmement important. Il s'agit avant tout de la victoire de la justice et une manifestation éclatante du bon fonctionnement des différentes institutions européennes, de manière harmonieuse et démocratique. C'est de cette Europe dont on peut être fier.
Certes, c'est une victoire extrêmement importante pour le peuple et la Résistance iranienne. Mais cette victoire est incomplète si elle n'est pas appliquée par tous les Etats membres. En fait théoriquement et par principe, tous les Etats membres doivent appliquer les décisions des plus hautes juridictions complétées par le conseil des ministres. Et d'ailleurs, le ministère des Finances de la Grande-Bretagne a fait une ordonnance qui demande le dégel des avoirs de l'OMPI en Angleterre.
Paradoxalement on constate que dans un pays qui est le pilier principal de l'Europe, qui est la terre de la démocratie et des droits de l'homme, il existe des réticences. En fait, on ne comprend pas pourquoi la France essaie de prolonger le dossier du 17 juin 2003 dans lequel les 24 mis en examen sont accusés d'association de malfaiteurs et de terrorisme.
D'autant plus que dans ce dossier règne un vide sidéral selon les avocats. La juridiction européenne a parlé de l'absence totale de preuve dans le dossier français, et même est allé plus loin en qualifiant cette décision d'abus et de détournement de pouvoir. Donc vous êtes en face d’un dossier parfaitement vide.
Donc voyez-vous ce dossier ne tient pas ! La France s’honorerait de mettre un terme à ce dossier. Je demande instamment à tous nos amis, à tous les démocrates européens de faire tout leur possible pour qu’il soit mis un terme à ce dossier selon les modalités exigées : soit un non-lieu, puisque c'est un dossier complètement vide, soit un procès.
Cette victoire est donc incomplète si le dossier du 17 juin reste dans l'état actuel. D'autant plus que le régime des mollahs qui vient de recevoir deux coups de massue absolument extraordinaires, est en colère et se concentre sur la Cité d’Achraf pour en déstabiliser les résidents. C'est 3500 hommes et femmes, les symboles et les fleurons de la société iranienne et de sa Résistance.
En effet le régime des mollahs, comme vous avez pu le constater, a eu des réactions hystériques devant la décision du conseil de l’Europe. Et d'autre part il vient de perdre pied lors des élections récentes provinciales en Irak, où les acolytes des mollahs ont enregistré un recul considérable.
Il est vital, pour éviter une catastrophe humanitaire, de clore ce dossier et de faire quelque chose. C'est la priorité des priorités.
Aujourd'hui le 11 février coïncide avec le 30e anniversaire de la révolution antimonarchique, dont l'organisation des Moudjahidines du peuple d'Iran était le fer de lance, mais que malheureusement les mollahs ont confisquée, et dont ils ont usurpé la direction. Vous vous rappelez de Khomeiny à Neauphle-le-château il y a quelques années. Eh bien, Khomeiny, lorsqu'il est rentré en Iran, il a oublié tous ses promesses. Au lieu de procéder à l'élection d'une assemblée constituante au suffrage universel pour faire la constitution du pays, il a désigné 70 mollahs appartenant à son sérail pour former ce que l'on appelle l'assemblée des experts, laquelle assemblée, par retour d'ascenseur, nomme le guide suprême de la nation, en l'occurrence à l'époque c'était Khomeiny, aujourd'hui l'ayatollah Khamenei.
Il a mis au point une constitution archaïque et antidémocratique dans laquelle selon la constitution, je vous cite : le guide suprême est le tuteur de toute la nation islamique à travers le monde sans considération géographique. Il est maître de toutes les affaires publiques et privées de ladite nation. Et cette constitution ajoute : le guide suprême est le seul habilité à interpréter les lois divines qui priment sur les lois humaines. Donc, vous connaissez la suite…
L’OMPI a eu l'extrême courage, à l'apogée du pouvoir de Khomeiny, de boycotter cette constitution. C'est la raison pour laquelle, alors que Massoud Radjavi, dirigeant de la résistance iranienne, était donné comme favori dans ce scrutin, la veille des élections présidentielles Khomeiny est apparu à la télévision en disant que ceux qui n'ont pas voté cette constitution n'ont pas le droit d'être présidents dans ce système.
À partir de ce moment-là, tous les partis politiques en Iran ont été abolis. Toutes les libertés individuelles et collectives également. Et vous connaissez la suite. Mais le peuple iranien n'a pas perdu l'espérance et n'a pas baissé les bras, il a gardé sa combativité ! Cette combativité aujourd'hui est transmise par le peuple à son représentant, à son alternative démocratique, qui est le conseil national de la Résistance iranienne.
Et d'ailleurs, ce peuple malgré une répression sanglante et sans cesse croissante, malgré les pendaisons publiques dont le nombre ne cesse d'augmenter. Vous le comprendrez parfaitement, ce régime n'a aucune assise populaire et essaye de perdurer par la répression et par la terreur.
Le peuple iranien malgré cette répression continue ses manifestations de protestation. Nous avons enregistré en moyenne 4700 manifestations de différentes catégories socioprofessionnelles chaque année durant les trois dernières années. C'est quand même considérable !
Alors que le message de l'Europe en inscrivant l'alternative démocratique de ce régime sur la liste terroriste était de bloquer les contestations sociales à l'intérieur, vous imaginez que la sortie de l'OMPI de la liste va engendrer un dynamisme considérable, qui permet d'arriver à un changement démocratique sans qu'il y ait besoin de recourir à la force, sans qu'il y ait besoin de continuer la politique de complaisance.
On est d'ailleurs admiratif et étonné, lorsqu'on lit l'article de M. Sarkozy et de Mme Merkel : on dit qu'il est inadmissible que l'Iran arrive à posséder la bombe atomique. On préconise une politique de fermeté à l'égard de ce régime. Mais comment peut-on être ferme lorsque de l'autre côté on apporte autant d'eau au moulin du régime et qu’on cède à sa demande suprême qui est de réprimer sans l'opposition principale. C'est plutôt un message de faiblesse de la part des Européens à l'égard du régime des mollahs, qui ne cesse de faire monter les enchères.
Heureusement, la Résistance iranienne et un grand nombre de démocrates en Europe se sont unis pour mettre un terme à cette situation. Le CNRI en tant qu'alternative démocratique des mollahs, œuvre pour une république laïque et plus réaliste dotée d'un système juridique souverain, indépendant et respectueux des droits de la défense et de la présomption d'innocence. Il condamne et œuvre pour la suppression de tous les tribunaux d'exception. Il opte également pour la restauration de la souveraineté nationale usurpée par les mollahs et pour le rétablissement de toutes les libertés individuelles et publiques : liberté d'expression, liberté de culte, liberté de religion et de confession et liberté d'association. Il opte également pour la suppression de toute forme de ségrégation sur la base de l'égalité complète de l'homme et de la femme.
Sur le plan de la politique extérieure, le CNRI souhaiterait être un facteur de paix et de stabilité dans la région et avoir des relations amicales sur la base du respect mutuel avec tous les pays membres des Nations unies sans exception. Et avoir également une coexistence pacifique et constructive avec toutes les nations et toutes les confessions dans le respect de leur diversité.
Je pense que les dictatures ne sont pas faites pour durer ! Les peuples restent mais les dictateurs disparaissent. Il est donc temps que la France, que nous aimons tous, soit du côté de la démocratie et du peuple iranien.
Le peuple iranien et sa résistance légitime sont déterminés à aller jusqu'au bout et à avoir raison de ce régime archaïque, moyenâgeux et terroriste qui a fait de l'islam une idéologie de terreur, de barbarie, de terrorisme et de crimes. Donc nous optons également pour un islam tolérant est une séparation de la religion et de l'État.

