dimanche, janvier 29, 2023
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Les experts soulignent le danger réel du programme nucléaire iranien

De g. à dr.: Claude Goasguen, François Loncle, Raymond Tanter, la modératrice, Dr. Frédéric Encel, Sid-Ahmed Ghozali and Admiral Michel DarmonAgence France Presse, PARIS, 21 septembre – Des experts réunis à Paris ont souligné le danger réel que représente selon eux le programme nucléaire iranien, tout en mettant en garde contre l’illusion d’une solution rapide en cas de saisine du Conseil de sécurité de l’Onu.

De g. à dr.: Claude Goasguen, François Loncle, Raymond Tanter, la modératrice, Dr. Frédéric Encel, Sid-Ahmed Ghozali and Admiral Michel DarmonAgence France Presse, PARIS, 21 septembre – Des experts réunis à Paris ont souligné le danger réel que représente selon eux le programme nucléaire iranien, tout en mettant en garde contre l’illusion d’une solution rapide en cas de saisine du Conseil de sécurité de l’Onu.

"Ces toutes dernières semaines m’ont convaincu que le régime iranien cherchait réellement à aller vers le nucléaire militaire", a déclaré Frédéric Encel, spécialiste de géopolitique, lors de cette réunion organisée mardi soir par le Gulf Intelligence Monitor, un institut de recherches basé à Londres.

ImageTéhéran a brandi une double menace mardi après-midi: un retrait du Traité de non prolifération nucléaire (TNP), que supervise l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), et des restrictions des ventes pétrolières aux pays s’opposant à Téhéran dans la dispute nucléaire.

"C’est un test extrêmement important pour l’Europe", a estimé M. Encel, se disant "agréablement surpris par la détermination de la troïka européenne" (Allemagne, France, Royaume-Uni) qui a proposé le jour même à Vienne à l’exécutif de l’AIEA de saisir le Conseil de sécurité.

Pour Bruno Tertrais, de la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), "certaines choses dans le programme nucléaire iranien n’ont de sens que dès lors que l’Iran a un intérêt pour l’option militaire".

"Les Iraniens veulent avoir accès à l’ensemble du cycle nucléaire", a-t-il rappelé. Or, "ils ont dissimulé un nombre significatif d’installations depuis une vingtaine d’années".

Mohamed Mohadessine, l’un des dirigeants du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), a assuré que "s’il n’est pas empêché, Téhéran aura la bombe dans deux ou trois ans".

"En s’assurant de l’élection d’un commandant des gardiens de la Révolution à la présidence, le guide suprême Ali Khamenei a montré qu’il était déterminé à poursuivre à fond et à achever le programme nucléaire iranien", a-t-il dit.

M. Mohadessine a appelé à "transmettre le dossier iranien au Conseil de sécurité et à imposer un embargo pétrolier et technologique" à Téhéran, afin "d’empêcher le régime d’utiliser la richesse du peuple iranien et la technologie occidentale pour se procurer des armes nucléaires".

Mais Georges Le Guelte, ancien secrétaire du Conseil des gouverneurs de l’AIEA, a voulu "mettre en garde contre les illusions que peut susciter la saisine du Conseil de sécurité" où la Russie et la Chine, deux membres permanents, ne sont pas sur la même ligne sur ce dossier que les Européens et les Américains.

Même si l’affaire iranienne était transférée au Conseil de sécurité, "nous serions au début d’un processus et non à la fin", a estimé également M. Tertrais.

C’est pourquoi "il faudra envisager, y compris après un éventuel échec au Conseil de sécurité, un certain nombre de pressions supplémentaires", a suggéré le député français François Loncle, vice-président de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.

Mais des sanctions seraient elles-mêmes extrêmement difficiles à mettre en place.

"Ce qui s’est passé en Irak n’incite pas à prendre très au sérieux le caractère implacable de l’application d’un embargo", a souligné Claude Goasguen, député de Paris.

"On sait très bien aussi que des compagnies pétrolières ne sont pas les dernières à commercer avec l’Iran en dehors des normes établies", a-t-il ajouté. "Les barils de pétrole, achetés en catimini en Iran par certaines des sociétés très implantées en France, n’arrangent pas la situation".

Pour lui, "ces intérêts économiques sont considérables et permettent de laisser penser à l’Iran qu’il n’y a pas un front uni des démocraties mais des intérêts économiques qui peuvent prêter à certains accommodements".

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