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Les Etats-Unis doivent adopter une attitude équitable quant il s’agit de traiter les opposants d’un régime tyrannique

Par David Amess
14 mai 2012 – HUFF POST – En Chine, les États-Unis ont risqué d’importantes négociations pour la cause des droits de l’homme de Chen Guangcheng.
Au Myanmar (Birmanie), les États-Unis refusent les échanges ordinaires avec un gouvernement répressif en raison des droits de l’homme, jusqu’à ce que Aung San Suu Kyi soit autorisé à participer en liberté dans le système politique de ce pays.
Pourtant, quand il s’agit de l’Iran, peut-être la plus grande menace à la paix mondiale, les États-Unis refusent de soutenir un groupe qui est opprimé, même si ce groupe a été et est essentiel pour la connaissance mondiale des ambitions nucléaires de Téhéran.
Ai-je manqué quelque chose ici ?
J’approuve entièrement ce qu’ont fait et font les États-Unis dans les deux cas de la Chine et de Myanmar. Les gouvernements qui répriment leurs propres citoyens ne méritent pas notre soutien.
Mais un groupe étiqueté à tort de terroriste, et usant de tous les moyens juridiques pour faire annuler cette étiquette, mérite beaucoup plus de considération que ce qu’il obtient.

En jeu se trouve le cas des Moudjahidine du Peuple d’Iran (OMPI), faisant partie de l’organisation d’opposition iranienne de premier plan, le Conseil National de la Résistance d’Iran (CNRI). Après avoir fui les mollahs en Iran il y a un quart de siècle, l’OMPI s’est installée en Irak et a vécu paisiblement dans une petite ville qu’elle a construite, appelée Achraf.

Après le renversement de Saddam Hussein mené par les États-Unis, ces résidents se sont désarmés et ont accepté la protection des forces américaines en vertu de la Quatrième Convention de Genève – et après que chacun d’entre eux ait fait l’objet d’une enquête de sécurité de la part des autorités américaines.
Toutefois, bien avant l’invasion de l’Irak et dans une tentative d’apaiser les mollahs, les États-Unis ont ajouté l’OMPI à la liste du Département d’État des Organisations Terroristes Étrangères, tout cela dans le vain espoir de négocier avec les « modérés » de Téhéran. Le Royaume-Uni et l’Union Européenne en ont fait autant. D’une certaine manière, nous n’avons jamais su qu’il n’y avait aucun modéré à Téhéran.

L’OMPI s’est battue dans les tribunaux de l’UE et du Royaume-Uni pour être radiée de la liste, et elle a réussi. Mais le Département d’État américain traîne les pieds depuis près de deux ans, en dépit d’un ordre d’une cour américaine de District pour reconsidérer cela. En fin de compte, la cour a ordonné une audience, qui a eu lieu le 8 mai.
Lors de cette audience, l’avocat du Département d’État américain a soulevé l’indignation parmi d’anciens commandants militaires américains – stationnés au camp d’Achraf de 2004 à 2009 – lorsqu’il a prétendu que des armes et des munitions pouvaient être cachées au camp d’Achraf.

Dans une déclaration commune, le Général de Brigade David Phillips (retraité), ancien Commandant de toutes les opérations de police en Irak, qui comprenaient la protection du camp d’Achraf jusqu’en 2006, le Colonel Wesley Martin (retraité), officier supérieur du contre-terrorisme et de la protection des forces pour toutes les forces de la coalition en Irak et le premier colonel en charge du camp d’Achraf en 2006, ainsi que le Lieutenant Colonel McCloskey (retraité), Commandant de l’unité opérationnelle commune inter-agences au camp d’Achraf jusqu’en janvier 2009, ont décrit les remarques de l’avocat du Département d’État comme « absurdes » et un « dénigrement du travail formidable de milliers de militaires américains qui ont protégé le camp d’Achraf et ont vérifié que ses résidents étaient désarmés ».

L’OMPI a le droit de son côté – il n’y a aucune preuve d’une quelconque activité terroriste ; en fait presque le contraire. Et elle dispose de nombreux « amis de la cour » qui ont déposé des dossiers de soutien, comprenant des responsables élus, d’anciens diplomates et des chefs militaires (dont certains ont travaillé en étroite collaboration avec les résidents d’Achraf lorsqu’ils étaient en service et en mission en Irak), ainsi que des chefs de file des droits de l’homme.
Pendant ce temps, le gouvernement irakien, solidement sous la domination de Téhéran, emploie l’étiquette terroriste pour opprimer Achraf maintenant que les forces américaines sont parties. Il y a un an, une attaque militaire a tué des dizaines de résidents sans armes et blessé des centaines d’autres.

Puis, le gouvernement d’Irak de Maliki a ordonné qu’Achraf soit fermé et ses résidents dispersés, mais sous la pression des États-Unis et de l’ONU, il a accepté de les transférer dans une ancienne base américaine ironiquement appelée camp Liberty, où ils seraient évalués par l’organisme pour les réfugiés de l’ONU pour un transfert vers des pays tiers.
Malgré les craintes, plus de la moitié des 3400 résidents d’Achraf sont allés à Liberty, où ils font face à des conditions affreuses, répugnantes, oppressives et semblables à la prison. Suite à l’affirmation bizarre de l’avocat du Département d’État, le représentant des résidents d’Achraf a souligné que ces fausses affirmations « ne sont rien d’autre qu’une copie des affirmations du gouvernement irakien et du régime iranien, et constituent une licence pour tuer ou massacrer les résidents d’Achraf.

De telles affirmations leur fourniront une occasion et ouvriront la voie pour placer des armes et des munitions à Achraf et pour préparer le terrain pour un autre massacre, tout en intensifiant le blocus, les persécutions et la torture des résidents d’Achraf et de Liberty ». Les résidents ont exhorté les États-Unis à immédiatement inspecter Achraf avec le matériel nécessaire et à proclamer leurs découvertes. C’est une condition essentielle pour la continuation du processus de transfert des résidents d’Achraf vers Liberty afin d’empêcher toute justification de nouveaux massacres.
La Secrétaire d’État Clinton et l’ONU ont promis d’observer la situation au camp Liberty, mais soit ils ne regardent pas soit les yeux sont fermés.

Le point crucial demeure l’étiquette terroriste. Le Département d’État devrait la supprimer sans délai. Sinon, la cour devrait ordonner de la supprimer. Elle n’aurait jamais dû être imposée, et certainement elle aurait dû être supprimée depuis longtemps.
L’OMPI a été et constitue les yeux et les oreilles du monde en ce qui concerne les activités nucléaires de l’Iran, tout comme son exportation du terrorisme à travers le monde et sa subversion de l’Irak.
Maintenant, elle ne veut que le droit de servir la Résistance iranienne, de représenter les millions d’Iraniens toujours dans le pays et dans la diaspora qui sont en quête de liberté face au pouvoir théocratique des mollahs. Elle ne veut pas les armes de l’Occident ni les forces de l’Occident, seulement la non-intervention de l’Occident, à commencer par le retrait de l’étiquette terroriste.

David Amess, Membre du Parlement britannique pour Southend West et membre du Comité Parlementaire Britannique pour un Iran Libre.

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