lundi, février 6, 2023

La confusion de l’OMPI

Par Lee Smith
The Weekly Standard – 16 mai 2012 – Des responsables du Département d’État ont annoncé que Hillary Clinton se dirige vers un retrait des Moudjahidine du Peuple ou OMPI de la liste des organisations terroristes étrangères. La Secrétaire d’État a déjà retardé sa décision de revoir le statut de l’OMPI depuis presque deux ans, bien que les règles du Congrès maintiennent que le processus devrait prendre que 180 jours.

Mais à présent, selon certaines sources, Clinton pourrait prendre sa décision finale sur le statut de l’OMPI dans les 60 jours suivant le transfert du dernier membre du groupe en Irak, du camp d’Achraf au camp Liberty. La question est de savoir si cela va donner aux membres de l’OMPI assez de temps pour trouver refuge ou plutôt une occasion à la république islamique d’Iran de les rassembler.

Certaines sources ont laissé entendre que retirer l’OMPI de la liste mettra le régime iranien en colère, qui considère l’OMPI comme un ennemi fratricide, et créera d’autres difficultés dans les négociations sur le programme naissant  d’armes nucléaires de Téhéran. Et pourtant, l’administration Obama se trouve dans ce pétrin précisément en raison de l’aveuglement de longue date des décideurs politiques américains lorsqu’on en vient à traiter avec la république islamique d’Iran.

L’administration Clinton a classé l’OMPI sur la liste en 1997 comme une concession au président nouvellement élu Mohammad Khatami, même si l’organisation n’avait commis aucun acte de terrorisme anti-américain depuis le milieu des années 1970. Sans surprise, l’administration Clinton n’a rien obtenu pour ses efforts.

Néanmoins, Condoleezza Rice a continué la comédie lorsqu’elle a refusé de retirer l’OMPI de la liste de peur de mettre les Iraniens assez en colère pour éliminer les militaires américains qu’ils prenaient déjà pour cibles en Irak et en Afghanistan.

En tentant de satisfaire l’Iran en plaçant l’OMPI sur la liste, tout ce que les décideurs politiques de Washington ont fait était d’emmêler le système judiciaire américain et de troubler davantage la politique américaine au Moyen Orient. En outre, cela met les États-Unis dans la position de revenir encore une fois sur sa parole – cette fois-ci vis-à-vis d’une population à laquelle ils avaient donné le statut de personne protégée durant l’occupation de l’Irak.

Clinton a déclaré à plusieurs reprises qu’un « facteur clef » dans sa décision concernant la désignation de l’OMPI sera de savoir si elle coopère ou pas dans son transfert au camp Liberty. Mais comme le fait remarquer le dossier déposé à la cour au nom de l’OMPI, cela n’a rien à voir avec le statut en question. Les groupes ne sont pas classés comme FTO en raison de leur bonne volonté d’aller d’un camp vers un autre. Les FTO sont désignées lorsqu’elles représentent une menace pour la sécurité nationale des États-Unis ou qu’elles commettent toujours des opérations terroristes ou encore qu’elles ont la capacité de le faire. L’OMPI, qui a été désarmée au camp d’Achraf en 2003, ne correspond à aucune de ces descriptions.

Mais si l’administration Obama dispose de preuve que l’OMPI est toujours dans le domaine du terrorisme, alors elle devrait le faire savoir.
Sans supprimer la désignation de FTO, les États-Unis ne peuvent pas accueillir des membres de l’OMPI comme réfugiés, ni encourager leurs alliés dans la région et en Europe à le faire. Il en résulte que l’OMPI est coincée en Irak, et, avec Washington ayant retiré sa protection en 2009, se trouve à la merci de l’Iran et des Irakiens faisant désormais que ce que Téhéran veut, à l’instar du premier ministre Nouri al-Maliki.

Comme l’officier américain en charge du désarmement de l’OMPI, le Général de Brigade David Phillips (retraité), me l’a dit en début de mois, le but de déplacer l’OMPI d’Achraf vers Liberty était de séparer les membres de leurs sources de communication. « Les téléphones portables, tout ce qu’ils utilisent pour communiquer, les forces de sécurité irakiennes les prennent. Cela les coupe du monde. »

Phillips et d’autres craignent que les Iraniens attendent que tous les dirigeants de l’OMPI soient transférés à Liberty pour commencer de « faire disparaître » les gens. « Comme je connais Maliki, » a dit Phillips, faisant référence au premier ministre de l’Irak, « il les mettra dans des cars et les remettra aux mains de la Force Qods [iranienne] ».

À moins que l’administration Obama espère toujours des concessions de la part des Iraniens, il n’est pas évident de savoir pourquoi Clinton tarde tant à prendre sa décision.