lundi, novembre 28, 2022
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Les dissimulations iraniennes : les points que l’AIEA n’a pas abordés

Par Alireza Jafarzadeh *

Foxnews – Le 15 novembre, l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) a rendu public un rapport sur l’état actuee du programme nucléaire iranien. Depuis la publication du rapport, le régime de Téhéran, mais aussi ses détracteurs crient victoire. Téhéran utilise ce rapport pour faire valoir que son programme nucléaire est pacifique. Ses détracteurs disent que ce rapport est une indication supplémentaire que Téhéran ne respecte pas les résolutions du Conseil de Sécurité, en poursuivant l’enrichissement de l’uranium et qu’il mérite d’être davantage sanctionné.

Parmi les questions qui n’ont pas été abordées, il y a notamment la question du rôle du Corps des gardiens de la révolution (CGI). Ces derniers mènent un programme secret de fabrication d’armes nucléaires, parallèlement au programme nucléaire de l’Organisation de l’énergie atomique d’Iran (OEAI).

Selon le paragraphe 10 du rapport de l’AIEA, « en réponse à la requête de l’agence pour déterminer si des organes militaires sont impliqués dans ce programme, l’Iran a déclaré qu’aucune institution autre que l’OEAI n’était impliquée dans le processus de décision ou dans la mise en œuvre du programme d’enrichissement par centrifugeuse. »

C’est un mensonge absolu. Le programme d’enrichissement par des centrifugeuses a toujours été et continue d’être sous le contrôle du CGR. En 1983, j’avais écrit un article intitulé "le Corps des gardiens de la révolution: le leader de la prolifération des armes de destruction massive". Je précisais alors que le programme de R&D nucléaire du régime iranien a été lancé par le CGRI en pleine guerre Iran-Irak.

En 1987, le scientifique nucléaire pakistanais A.Q. Khan, lors de son voyage secret en Iran, a rencontré de hauts commandants du CGR pour les aider dans leur projet de fabrication de la bombe nucléaire.

Le programme d’armements nucléaire de l’Iran a été supervisé par Ali Hossein Tash, un général du CGRI.  Il était jusqu’en 2005, l’adjoint au ministre de la Défense et siège actuellement au Conseil suprême de la sécurité nationale. L’ancien négociateur nucléaire, Hassan Rohani, dans sa lettre d’adieu qui a été très peu médiatisée a remercié le général  Hossein Tash, notamment pour son rôle dans le programme nucléaire.

Ce programme nucléaire est maintenant supervisé par Ahmad Vahidi, un autre général du CGR. Vahidi est un ancien commandant de la fameuse Force Qods, désignée par le gouvernement américain comme une entité terroriste. Par ailleurs, Vahidi est actuellement vice-ministre de la Défense et l’un des cinq terroristes recherchés par Interpol pour leur rôle dans l’attentat de 1993, contre le centre de la communauté juive de Buenos Aires en Argentine qui avait fait près de 90 morts.

Dans son rapport, le directeur général de l’AIEA ferme les yeux sur l’implication des militaires dans le programme nucléaire et cite les affirmations de Téhéran sans les soumettre à un examen critique. Selon les normes en vigueur, toute implication militaire dans un programme nucléaire est un drapeau rouge et une claire indication que le programme a des finalités militaires et non civiles.

Dans le paragraphe 12, le rapport cite les allégations de Téhéran selon lesquelles, entre 1987 et 1993, le programme de centrifugation est seulement géré par l’OEAI. L’Agence n’a pas vérifié ces allégations. L’Iran avait également affirmé  que pendant cette période, les travaux de recherche et développement ont été menée uniquement par l’OEAI, sans l’aide des universités ou du Centre de Recherches Physiques (CRP)." Ce sont évidemment de purs mensonges!

Contrairement aux affirmations de Téhéran, diverses universités iraniennes ont été utilisées par le CGR depuis 1985, notamment l’université technologique Charif, l’université Amir Kabir, l’université de Téhéran, l’université Behechti, l’université de Chiraz et l’université des sciences et de l’industrie ont toutes été utilisés par le CGI.  Comme je l’ai révélé dans mon livre "The Iran Threat: President Ahmadinejad and the Coming Nuclear Crisis (Palgrave: 2007)", au milieu des années 1980, le général Mohsen Rezai, qui était à l’époque commandant en chef du CGRI, avait contacté un certain nombre d’experts universitaires, pour leur demander d’aider le régime à se doter de la bombe nucléaire dont il aurait besoin pour dominer la région.

En outre, les universités Imam Hussein et Malek Achtar, deux établissements militaires gérés par le CGR, sont fortement impliquées dans le programme d’armes nucléaires, comme cela a été révélé par le principal mouvement d’opposition, le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI). Les révélations du CNRI se sont toutes avérées exactes. Mohsen Fakhrizadeh et Fereydoun Abbassi qui sont tous deux à la fois scientifiques nucléaires et officiers du CGR supervisent les programmes de recherche et développement nucléaires de l’université Imam Hussein, une des plus avancées du pays.

En 2003, le CGR disposait de quelque 400 scientifiques et experts nucléaires qui ont été transférés de l’Organisation de l’Energie Atomique d’Iran (OEAI) au ministère de la Défense.

Le paragraphe 17 du rapport de l’AIEA note que : « l’Iran a déclaré que pendant la période de 1993 à 1999, il connaissait encore des difficultés dans la fabrication de composants de centrifugeuses P – 1 et la mise en œuvre de centrifugeuses fiables P – 1. Il dit que peu de ressources humaines ont été affectées à ce projet jusqu’en 1997 et que, vers 1998, des études expérimentales et théoriques à ce sujet ont été mises en oeuvre à l’université Amir Kabir. »  Voilà encore un mythe.

Durant cette période, diverses ressources universitaires et de nombreux chercheurs ont été affectés aux projets des centrifugeuses. Téhéran a l’intention de minimiser la portée et l’ampleur de ces projets. Le but de ces dissimulations est d’empêcher que la communauté internationale procède à de nouvelles investigations à ce sujet.

Même si l’AIEA reconnaît dans le paragraphe 18 que les militaires ont été impliqués dans le programme de centrifugeuses, elle s’abstient d’explorer davantage cette piste et refuse de se demander pourquoi l’armée est impliquée dans un soi-disant programme d’énergie nucléaire. De même, l’AIEA n’a pas procédé à l’inspection de sites militaires révélés par le principal mouvement d’opposition iranien dès 2003.

"L’Iran a fourni des noms, des adresses et des informations sur les activités des sites impliqués dans la production locale de composants pour centrifugeuses. La plupart de ces sites appartiennent à l’Organisation des industries de la Défense (OID)", indique le rapport.  Selon le CNRI, Jafar Mohammadi, l’un des principaux experts de l’OID dans le domaine des centrifugeuses a été transféré à l’OEAI pour superviser le programme de mise en place des centrifugeuses dans l’usine d’enrichissement d’uranium à Natanz.  Il a dirigé "Farayand Technique" qui est une société écran, démasquée par le CNRI en 2002. Ali Karimi est un autre expert de l’OID transféré à l’OEAI et désormais impliqué dans les projets de centrifugeuses. Cela montre clairement que Téhéran a utilisé l’OEAI pour faciliter le programme de fabrication d’armement nucléaire.

Dans le paragraphe 25, le rapport de l’AIEA note que "l’Agence a reçu une copie d’un document de 15 pages décrivant le procédé de conversion de UF6 en uranium sous forme de métal et le procédé de son introduction dans des hémisphères. L’Iran a dit à plusieurs reprises que ce document a été reçu en 1987 en même temps que la documentation relative aux centrifugeuse P-1." Ceci corrobore avec d’autres informations fournies par le CNRI selon lesquelles le CGR a déployé beaucoup d’effort pour obtenir la bombe nucléaire en 1987, alors qu’il était clairement en position de faiblesse sur le front de la guerre Iran-Irak (1980-1988).

Cela a également été confirmé dans une lettre écrite en 1988 par l’ayatollah Ruhollah Khomeiny, contenant une longue liste de ce dont les commandants militaires avaient besoin pour mener la guerre contre l’Irak. Dans cette lettre, l’auteur a cité le commandant en chef du CGR qui avait affirmé ceci : "Dans les cinq prochaines années, pour gagner la guerre, l’Iran aurait besoin de bombes à guidage laser et des armes nucléaires".

Si l’AIEA continue de fermer les yeux sur les preuves de l’implication des organes militaires du régime iranien dans le programme nucléaire, elle permettra au régime de Téhéran de gagner un temps précieux dont ce régime a désespérément besoin et elle permettra ainsi aux fascistes religieux qui sont au pouvoir en Iran de se doter de la bombe atomique.

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Article publié le 19 novembre sur http://www.foxnews.com/story/0,2933,312231,00.html

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* Alireza Jafarzadeh est un analyste de la chaîne télévisée d’information "FOX News". Il est l’auteur du livre "The Iran Threat: President Ahmadinejad et le Coming Nuclear Crisis" (Palgrave Macmillan, 2007).

Depuis 2003, Jafarzadeh a révélé des informations sur les réseaux terroristes du régime iranien en Irak et sur ses camps d’entraînement terroristes. En août 2002, il a été le premier à révéler l’existence du site d’enrichissement de l’uranium à Natanz et du site de production d’eau lourde à Arak.

Avant de collaborer avec FOX, et jusqu’en août 2003, Jafarzadeh a agi pendant une douzaine d’années comme le responsable de liaison avec le Congrès les médias et le porte-parole du bureau de représentation du Conseil national de la Résistance d’Iran (CNRI), un parlement en exil.

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