mardi, novembre 29, 2022
AccueilActualitésActualités: Droits humainsLes critiques de l'Italie contre les exécutions iraniennes déclenche une querelle diplomatique

Les critiques de l’Italie contre les exécutions iraniennes déclenche une querelle diplomatique

The Associated Press – Le Premier ministre italien Romano Prodi a défendu l’opposition de son pays à la peine de mort lundi après que les critiques de Rome contre une recrudescence des pendaisons publiques et des condamnations à mort en Iran se soient transformées en un vif échange diplomatique avec Téhéran.

"Les exécutions récentes ont fait une forte impression sur notre opinion publique", a dit Prodi cité par l’agence de presse italienne ANSA. "L’Italie a le droit d’exprimer son opposition à ces faits."

La réponse de Prodi est venue après que les médias italiens aient publié les déclarations d’un porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien qualifiant les protestations de Rome comme une ingérence dans les affaires internes de Téhéran.

Le ministère des Affaires étrangères italien, qui mène une campagne pour un moratoire mondial sur la peine de mort, a protesté auprès de l’ambassadeur de Téhéran jeudi après que les autorités iraniennes aient procédé à une dernière série d’exécutions – la pendaison de deux hommes accusés d’avoir tué un juge important.

Le mois dernier l’Iran a pendu 12 criminels reconnus coupables de délits diverses, y compris le viol, l’enlèvement et le trafic de drogue.

Le ministère a dit dans une déclaration avoir exprimé "une vive inquiétude" sur les exécutions récentes et sur la condamnation à mort de la semaine dernière prononcée contre deux journalistes de la minorité kurde iranienne.

Ils ont été tous deux arrêtés en 2005 après les protestations Kurdes à Sanandaj, la capitale de la province  occidentale du Kurdistan iranien, frontalière de l’Irak. L’agence de presse de la République islamique (IRNA) n’a pas spécifié de quel crime ils sont accusés et rien n’a été dit sur la manière ou la date de leur exécution.

"L’Iran est un pays qui abuse de la peine de mort et qui nie les droits élémentaires. C’est un droit et un devoir d’élever notre voix", a dit le sous secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères Gianni Vernetti au Corriere della Sera, en réagissant aux accusations d’ingérence de la part de Téhéran.

L’Italie entretient traditionnellement de bonnes relations avec l’Iran. Elle est un des principaux partenaires commerciaux de Téhéran dans l’Union européenne.

S’adressant aux journalistes lundi alors qu’il passe ses vacances sur la cote de Toscane dans la ville de Castiglione Della Pescaia, Prodi a dit que l’irritation de l’Iran n’irait pas jusqu’à la crise et que la critique de l’Italie aux exécutions venaient de l’opposition générale du pays à la peine de mort.

"Le moratoire sur la peine de mort reste notre politique", a dit Prodi. "Clairement cela a créé des tensions avec certains pays qui pratiquent la peine de mort."

Rome a commencé une poussée diplomatique contre la peine de mort à la suite de l’exécution de Saddam Hussein le 30 décembre en Irak et tente de faire passer sa proposition à l’Assemblée générale de l’ONU avec le soutien de l’UE. Le lobbying passé de l’Italie pour une action de l’ONU afin de faire supprimer la peine de mort a échoué.

FOLLOW NCRI

16,297FansLike
7,743FollowersFollow
377SubscribersSubscribe