vendredi, décembre 2, 2022
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Les commentaires du régime iranien, un nouveau casse-tête pour Washington

CNRI (Avec AFP) – Les récentes déclarations des hauts dirigeants iraniens selon lesquelles Washington dénature le contenu de l’accord nucléaire provisoire (signé le 24 novembre 2013 à Genève) sont devenues un nouveau casse-tête politique pour la Maison Blanche qui s’efforce d’obtenir des soutiens politiques pour cet accord.
Après les commentaires du président Hassan Rohani et du ministre iranien des Affaires étrangères, Javad Zarif, la Maison Blanche a été accusée d’avoir sous-estimé les concessions faites lors de cet accord provisoire (entré en vigueur cette semaine) et exagéré les engagements de l’Iran.
Zarif a déclaré dans une interview sur CNN : « La Maison Blanche tente de présenter cette accord comme un accord sur le démantèlement du programme nucléaire de l’Iran ». Zarif a démenti que Téhéran ait fait une telle promesse.

Dans l’interview diffusée mercredi (22 janvier), Zarif a déclaré : « Si vous trouvez dans le texte de cet accord un seul mot qui ressemble, même de loin, à l’acceptation de l’idée de démantèlement de notre programme nucléaire, alors je retirerai mes propos. »
Dans une autre interview avec CNN, le président Hassan Rohani a dit que l’Iran a une vision différente sur le contenu d’un accord nucléaire finale par rapport à la vision de Washington – qui s’attend à ce que Téhéran démantèle des parties importantes de son programme nucléaire.
Le journaliste de CNN a demandé à Rohani si l’Iran pouvait détruire les centrifugeuses utilisées pour l’enrichissement de l’uranium dans ses usines. Rohani lui a répondu : « Non, en aucun cas, en aucun cas. ».

En réaction aux récentes déclarations des autorités iraniennes, le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney a dit : « Nous savions que pour des raisons de politique intérieure, l’Iran tenterait de présenter l’accord nucléaire (entré en vigueur cette semaine) comme un accord avantageux pour lui. »
« L’important, c’est ce qu’ils font, pas ce qu’ils disent » a dit Carney. Il a ajouté : « Le démantèlement de certaines parties du programme nucléaire de l’Iran est un sujet qui sera traité lors des négociations sur l’accord final et global que les États-Unis et les puissances occidentales espèrent signer avec l’Iran. Ce n’est pas un sujet pertinent dans le cadre de l’accord provisoire. »

Les récents commentaires de Zarif et de Rohani ont obligé l’administration américaine à prendre de nouveau la défense de cet accord nucléaire face à un groupe bipartite de parlementaires américains qui veulent faire voter une loi imposant à l’Iran de nouvelles sanctions. Le président Barack Obama craint que l’adoption de cette loi fasse capoter le processus diplomatique.
Le sénateur républicain Mark Kirk, un des plus fervents partisans de nouvelles sanctions contre l’Iran, a réagi jeudi aux remarques de Zarif.
Kirk a écrit sur Twitter : « 15.000 centrifugeuses doivent être retirées des installations nucléaires de l’Iran pour empêcher la fabrication d’une bombe atomique par ce pays. »

Il a dit dans un autre twitt : « Le projet de loi bipartite pour empêcher que l’Iran se dote d’armes atomiques nécessite le démantèlement des infrastructures nucléaires illicites de l’Iran. Il est temps que le Sénat approuve ce projet de loi. »
L’administration Obama a reconnu qu’il ne sera pas possible de conclure un accord parfait avec l’Iran et de mettre fin au programme nucléaire de ce pays, ce qu’Israël et les « faucons » du Congrès aux Etats-Unis souhaiteraient, mais qu’il est possible de pousser Téhéran à faire des concessions vérifiables qui retarderaient la production d’une bombe nucléaire par l’Iran.

Etant donné les contextes politiques délicats à Washington et Téhéran, chacune des deux parties veut garder la possibilité de sortir des négociations en revendiquant la victoire et en présentant le futur accord à son auditoire comme un accord avantageux pour lui.
Dans le cadre de l’accord nucléaire provisoire, l’Iran a mis fin à la production d’uranium enrichi au-dessus de cinq %, a commencé à transformer son stock d’uranium moyennement enrichi (à 20%) et doit arrêter les réacteurs nucléaires dans les usines de Natanz, d’Arak et de Fordo.
En contrepartie, les puissances occidentales assouplissent les sanctions d’une valeur de 6 à 7 milliards de dollars, dont le déblocage de 4,2 milliards de dollars des avoirs en devises de l’Iran bloqués dans des banques occidentales.

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