vendredi, janvier 27, 2023
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Les bourreaux en Iran font des heures supplémentaires pour faire taire l’opposition

Par Con Coughlin
 
The Telegraph (Grande-Bretagne), 24 août – Lapidations, pendaisons, flagellations, purges. Le président Mahmoud Ahmadinejad peut prétendre que les sanctions des Nations unies ne touchent son pays, mais ce n’est pas ce qu’il ressent pour la population iranienne qui a tant enduré et qui écope d’une des purges les plus brutales auxquelles on ait assisté depuis la révolution de 1979.

La manifestation la plus visible de la nouvelle répression qui balaye l’Iran est la vague d’exécutions publiques et de flagellations à Téhéran et dans les capitales  provinciales ces dernières semaines dans une tentative ouverte du régime d’intimider ses adversaires politiques. La ligne officielle du gouvernement c’est que les châtiments font partie de son "Plan d’application de la Morale".

C’est le même type d’argument utilisé immédiatement après l’arrivée au pouvoir de l’ayatollah Rouhollah Khomeiny pour purger le pays de sa classe moyenne prospère et laïque et garantir sa mainmise sur le pouvoir. Aujourd’hui, M. Ahmadinejad adopte une tactique similaire dans une tentative désespérée de maintenir son régime assiégé au pouvoir.

Bien que l’Iran affiche un des taux d’exécutions les plus élevés au monde, jusque récemment la plupart des sentences s’effectuaient dans l’enceinte des prisons comme le sinistre complexe d’Evine à Téhéran. Mais ce mois-ci, les diplomates des ambassades japonaises et australiennes dans la capitale ont été alarmés de trouver les corps de deux criminels condamnés pendus à des grues stationnées directement sous les fenêtres de leurs bureaux.

L’emplacement des grues, dans une rue animée entourée d’immeubles de bureaux, a été choisi pour rappeler à la communauté diplomatique que le régime radical de M. Ahmadinejad était toujours tout à fait responsable d’envoyer un message aux citoyens ordinaires.

Car ces exécutions publiques,  avec la trentaine d’autres qui ont eu lieu ailleurs dans le pays, ne sont rien de plus qu’un exercice brutal de répression politique, par opposition à la répression religieuse. Il y a eu aussi plusieurs flagellations publiques d’hommes et de femmes accusées d’avoir méprisé les lois strictes de moralité. On a montré beaucoup d’exécutions en direct à la télévision iranienne. Le message que le gouvernement veut faire passer est clair : Si vous me cherchez, vous me trouverez.

Quel que soit le degré avec lequel les autorités insistent sur le fait que les sentences se rapportent seulement à leur campagne de morale publique, les diplomates occidentaux à Téhéran croient que beaucoup de victimes ont été visées pour leur participation aux émeutes de l’essence dirigées contre le pouvoir qui ont éclaté fin juin.

Ces troubles, dans lesquels on estime qu’un tiers des stations-service du pays ont été détruites par des protestataires excédés par la mise en place du rationnement du carburant (l’Iran, on s’en souvient, se vantent de posséder la deuxième plus grande réserve pétrolière au monde), peuvent être considérés comme une conséquence directe des sanctions imposées par les Nations Unies sur le programme nucléaire controversé de l’Iran.

C’était le premier défi sérieux que le régime a rencontré depuis qu’il a décidé d’affronter l’occident après l’élection surprise de M. Ahmadinejad à la présidence il y a deux ans. Ce n’est donc pas une coïncidence si les deux derniers mois ont vu une augmentation spectaculaire du nombre d’exécution.

Loin d’être sous la pression pour changer le programme nucléaire de l’Iran, le régime de M. Ahmadinejad reste déterminé à poursuivre le Saint Graal de l’enrichissement d’uranium. Il est même prêt à prendre des mesures extrêmes pour faire taire l’opposition intérieure, en plaçant en même temps les partisans loyaux du régime sous une pression intense pour s’assurer que le programme nucléaire du pays ne soit pas affecté à l’excès par les sanctions de l’ONU.

À cet égard, l’accord consenti cette semaine entre Téhéran et l’Agence internationale de l’énergie atomique (l’AIEA), l’organisation onusienne basée à Vienne chargée de contrôler le programme nucléaire "pacifique" de l’Iran, devrait être pris avec des pincettes.

La ligne officielle de Téhéran c’est qu’il est prêt aujourd’hui à réadmettre des équipes d’experts nucléaires de l’ONU dans ses installations nucléaires top secret et d’aider à éclaircir un certain nombre de questions touchant au programme de développement. Cela signifie aussi déterminer ce que faisaient les petites traces d’uranium militaire dans une installation dont les Iraniens disent qu’elle fait partie de leur programme d’énergie nucléaire, qui ne nécessite pas d’uranium à un tel niveau d’enrichissement. Mais beaucoup de diplomates soupçonnent que c’est juste un autre stratagème iranien pour faire traîner l’ONU tout en faisant progresser ses ambitions nucléaires.

Il semble à l’évidence n’y avoir eu aucune diminution dans la course de l’Iran à  la technologie sophistiquée d’enrichissement d’uranium sans tenir compte des effets de sanctions. Selon des rapports récemment reçus par des sources de sécurité occidentales, l’Iran a concentré ses efforts dans l’acquisition de dizaines de milliers d’aimants hautement spécialisés qui sont un composant important dans l’opération réussie des centrifugeuses à gaz utilisées pour l’enrichissement d’uranium.

Jusqu’à la mise en place des sanctions de l’ONU cette année, Téhéran avait été capable d’acheter des aimants industriels dans les pays de l’Union européenne. Désormais il doit les acheter au marché noir et déploie des efforts intensifs pour  acquérir des équipements illégalement des anciennes républiques soviétiques et d’Extrême-Orient. C’est crucial si les Iraniens veulent enrichir de l’uranium à un niveau qui peut être utilisé pour des têtes nucléaires.

La détermination des Iraniens à obtenir les aimants et d’autres équipements industriels sophistiqués a mené Reza Tahmassebi, le ministre iranien de l’Industrie et des Mines, qui avait la responsabilité d’acquérir les aimants, à présenter sa démission. Quand il s’agit du programme nucléaire de l’Iran, M. Ahmadinejad veut clairement des résultats, pas des excuses.

M. Tahmasebi est juste un des nombreux hauts responsables qui se sont retrouvés sur le carreau à cause de leur échec à aider M. Ahmadinejad à fuir les sanctions économiques les plus punitives de l’ONU.

On annonce que le gouverneur de la Banque centrale de l’Iran, Ibrahim Shibani, a été relevé de ses fonctions pour n’avoir pas superviser comme il le fallait le retour des avoirs iraniens de l’étranger avant qu’ils ne soient gelés et que des dizaines d’autres hauts responsables ont perdu leurs emplois alors que le régime cherche à resserrer sa poigne sur l’ensemble de l’appareil du gouvernement.

Il ne s’agit en rien de bonnes nouvelles pour ceux qui se raccrochent toujours à la notion que la querelle internationale sur le programme nucléaire de l’Iran peut encore être résolu par des moyens pacifiques.

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