mardi, janvier 31, 2023
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Le moyen de mettre fin à l’emprise des mollahs sur le peuple iranien, c’est l’OMPI – Michael Mukasey

CNRI – « On parle des dangers de l’islamisme, mais le changement réel est presque impossible de l’extérieur du monde islamique. L’OMPI est une organisation islamique modérée, qui s’est engagée à créer un Iran laïc, démocratique, exempte d’armes nucléaires. Et pourtant, au lieu de l’aider et de l’encourager, les États-Unis ont inscrit l’OMPI comme une organisation terroriste étrangère, et, ce faisant, apporte une aide et une couverture au régime iranien en matière d’exécutions, que l’Iran peut alors exhiber à la ronde en disant que nous exécutons des terroristes, même aux yeux des États-Unis. » , déplorait Michael Mukasey le 25 janvier à Bruxelles.

L’ancien ministre de la justice américaine s’exprimait dans une conférence transatlantique intitulée « le camp d’Achraf et la politique vis-à-vis de l’Iran ». Maryam Radjavi, présidente élue de la Résistance iranienne, y recevait de hauts responsables des administrations Clinton, Bush et Obama, ainsi que des leaders politiques européens et de grandes figures du droit international et de la défense des droits de l’homme. On peut nommer le général James Jones, ancien conseiller à la sécurité nationale du président Obama, Bill Richardson, ancien gouverneur du Nouveau Mexique et ambassadeur au Nations Unies sous le président Clinton,  Michael Mukasey, ancien ministre de la Justice du président Bush, John Bolton, ancien sous-secrétaire d’Etat, une haute délégation de parlementaires européens sous l’égide du vice-président du PE Vidal Quadras, ou encore Irene Khan, secrétaire générale d’Amnesty International jusqu’en 2009.

Voici les temps forts de l’intervention de Michael Mukazey :

 

L’islamisme militant menace de détruire la civilisation telle que nous la connaissons et au centre même de cette menace se trouve le régime qui contrôle l’Iran, qui réprime son propre peuple et menace ses voisins et le monde entier en poursuivant un programme de développement des armes nucléaires dont il a dit à plusieurs reprises qu’il n’hésiterait pas à se servir.

Il y a quelques jours, le régime en Iran a donné au monde une preuve supplémentaire de ce à quoi cela va nous conduire, en plus de la montagne de preuves que nous possédions déjà.  Ils ont exécuté Jafar Kazemi, qui avait 47 ans et était père de deux enfants, et Mohammad Ali Haj-Agha’i, simplement pour avoir visité le camp d’Achraf où se trouvent les résidents de l’OMPI, malgré les efforts de l’Iran et de ses collaborateurs parmi les autorités irakiennes pour les renvoyer en Iran ou les détruire tous ensemble. Ces hommes n’étaient pas accusés d’avoir commis des actions déterminantes contre le régime iranien. Ils s’y étaient rendus pour voir leurs enfants et photographier ce qui s’était passé. Un avocat n’a même pas eu une copie du dossier monté contre eux avant cette condamnation à mort soit prononcée. 

Nous avons assisté aussi samedi à l’échec pas du tout étonnant des pourparlers des P5 +1 à Istanbul tenus pour tenter d’obtenir du régime iranien qu’il renonce à son programme d’armes nucléaires plutôt que d’encourir des sanctions supplémentaires. Le ministre iranien des Affaires étrangères a en fait commencé à partir dès vendredi. Mais Catherine Ashton de l’UE l’a supplié de rester. Alors, il est revenu encore un autre jour, et puis il est parti. Parfois je pense que les gens au gouvernement apprécient la subtilité pour elle-même. Après tout, il est facile de comprendre les choses simples et directes, mais les choses subtiles semblent offrir un grand attrait, car il faut un esprit subtil pour les comprendre. Il arrive un moment où nous devons arrêter de chercher des solutions subtiles comme le rapprochement et l’incitation et commencer à ouvrir les yeux sur ce qui est évident. Une chose qui est évidente c’est que les mollahs ne sont pas sur le point de changer de comportement si on leur parle avec douceur. La deuxième chose évidente, c’est que nous avons à portée de main, si seulement nous le reconnaissions, les moyens de mettre fin à l’emprise des mollahs sur le peuple iranien. Ce moyen, c’est l’OMPI. 

On parle et on reconnaît les dangers de l’islamisme, mais le changement réel est presque impossible de l’extérieur du monde islamique.

L’OMPI est une organisation islamique modérée, qui s’est engagée à créer un Iran laïc, démocratique, exempte d’armes nucléaires. Et pourtant, au lieu d’aider et d’encourager l’OMPI, les États-Unis ont inscrit l’OMPI comme une organisation terroriste étrangère et, ce faisant, apporte une aide et une couverture au régime iranien en matière d’exécutions, que l’Iran peut alors exhiber à la ronde en disant que nous exécutons des terroristes, même aux yeux des États-Unis.

La raison en était d’abord que cette classification de l’OMPI pouvait aider à se rapprocher du régime en Iran. Malheureusement, la désignation a continué même pendant l’administration dans laquelle j’ai servi, en partie parce qu’on craignait que si l’OMPI était radiée, l’Iran fournirait des explosifs et de l’aide aux insurgés en Irak, ce que, bien sûr, il a fait de toute façon.  Il est possible de changer cette dynamique immédiatement et de façon catégorique : en supprimant la classification de l’OMPI immédiatement.

Cela aurait deux effets. Tout d’abord, cela dirait au régime actuel que nous sommes sérieux et que nous sommes prêts à prendre toutes les mesures nécessaires pour faire pression. Cela devra être accompagné par la mise à disposition d’équipement de communication qui peut être utilisé par ceux qui recherchent un changement de régime. Cela rattraperait en partie notre faible réponse en juin quand les jeunes Iraniens mettaient leur vie en jeu alors que tout ce que nous faisions, était de nous tordre les mains. 

Il est clair que le régime iranien croit manquer de temps et qu’il aimerait plus que tout au monde voir les résidents du camp d’Achraf chassés avant que l’OMPI ne réussisse à sortir d’une liste sur laquelle elle n’aurait jamais dû figurer dès le départ. 
Si les résidents du camp d’Achraf sont encore là quand la classification sera retirée, alors les Etats-Unis et le gouvernement irakien n’auront d’autre choix  que de les protéger. Cette classification donne, à ceux qui, dans le gouvernement irakien veulent  gagner les faveurs des Iraniens, la seule excuse pour ne pas protéger les résidents d’Achraf.

Il est important non seulement que la classification soit supprimée, mais aussi qu’elle le soit au plus vite, avant que l’Iran et ceux qui agissent en son nom n’épuisent les résidents d’Achraf et les forcent à partir ou ne leur impose un sort bien pire.
Bien sûr, le maintien de la classification de l’OMPI comme organisation terroriste apporte un grand réconfort au régime iranien, en écartant une organisation qui constitue potentiellement une grave menace pour lui.  Cela fournit aussi une justification de plus au régime pour exécuter les membres de l’OMPI en Iran et d’avancer qu’en le faisant, il lutte contre le terrorisme.

Récemment, le département d’Etat a reconnu qu’il n’y avait plus d’information non classifiées appuyant cette inscription et a promis une réunion pour parler de nouvelles mesures. La secrétaire d’Etat a reconnu que c’est la première occasion pour la nouvelle administration  d’évaluer l’inscription de l’OMPI. C’est pour elle une excellente occasion de tirer les leçons des erreurs du passé et de ne pas les répéter. Il existe un consensus croissant aux États-Unis et à l’étranger pour la radiation de l’OMPI. Un nombre toujours croissant de membres du Congrès soutenant une résolution dans ce sens, montre le degré de consensus aux États-Unis. Il s’agit d’un consensus bipartite. Comme je le disais, le régime iranien a précisé qu’il voulait voir les résidents d’Achraf chassés avant la radiation. Mais dans un sens, il s’agit de bien plus qu’une affaire judiciaire, et plus que l’OMPI. Il s’agit de la posture de l’États-Unis vis-à-vis du régime iranien. Nous devons faire clairement savoir en actes et en paroles au régime iranien, que nous nous tenons aux côtés de ceux qui défendent la liberté et qui exigent un changement de régime.

Je pense que nous devons laisser des organisations comme l’OMPI décider ce qui est le mieux pour elles et ne pas essayer de décider à leur place.

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