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Le Conseil américano-iranien autorisé à ouvrir une branche en Iran

Amirahmadi et AhmaninejadPar Reza Shafa

CNRI – Le 2 octobre 2008, une déclaration du Conseil américano-iranien paraissait dans les sites d’information, annonçant que le Conseil avait obtenu une autorisation officielle des Etats-Unis pour ouvrir un bureau à Téhéran.

Le Conseil américano-iranien a été créé aux États-Unis en 1997 par Houchang Amirahmadi, un lobbyiste du régime de Téhéran.

La déclaration indique que « le Conseil américano-iranien utilisera cette grande ouverture pour avancer de manière plus efficace dans sa mission de promotion du dialogue et de l’entente entre les peuples et les gouvernements d'Iran et des États-Unis. »

AIC affirme que la présence de cette ONG en Iran va promouvoir l'échange de programmes d'éducation et faciliter le dialogue politique par le biais de tables rondes, de conférences et de publications d'information et analytiques.

Selon le Conseil, son bureau à Téhéran pourrait contribuer à promouvoir davantage de compréhension et de transparence entre l'Iran et les États-Unis, ce qui conduirait à la normalisation des relations entre les deux pays.

Jusqu'à présent, les responsables iraniens n'ont pas réagi à la nouvelle et, dans sa déclaration, le Conseil n'a pas indiqué si l'Iran avait accepté cette offre. Toutefois, compte tenu des nombreux voyages de M. Amirahmadi à Téhéran, l'Iran est sans doute bien au courant de ces développements.

Houchang Amirahmadi, lobbyiste chevronné du régime des mollahs

Houchang Amirahmadi est un des lobbyistes les plus expérimentés du régime iranien aux États-Unis. Dans une interview le 17 juillet 2008 sur le site iranien Tabnak, Amirahmadi s’expliquait sur son expérience : «Je me suis rendu en Iran en 1980. Mais, mes contacts ont été établis par M. Chamran, l'actuel président du conseil municipal de Téhéran. Chamran m'a emmené sur les fronts de la guerre [Iran-Irak] (…) En 1988, j'ai été invité à Téhéran par l'ambassade d'Iran à New York. J'ai rencontré son excellence le guide suprême [Ali Khamenei], qui était président à l'époque. Il a soulevé deux points à mon attention. Tout d'abord, a-t-il dit, dire aux Américains que nous ne cherchons pas à ramener ce pays en arrière. Deuxièmement, il m’a recommandé de toujours rester iranien. J'ai également rencontré M. Ahmadinejad au cours de ses trois visites aux États-Unis. C’est à la suite des ordres d’Ahmadinejad, que la question de mon voyage en Iran a été résolue. »

Amirahmadi constamment opposé à l’OMPI

Amirahmadi a toujours été actif contre les Moudjahidine du peuple d'Iran (OMPI / MEK), et l'un des principaux facteurs pour influer sur l’inscription de l’OMPI dans la liste terroriste des États-Unis. C'est à la suite de ce service rendu au régime iranien qu'il a pu mettre en place le Conseil américano-iranien avec les dollars obtenus du régime. Les deux points suivants, qui comprennent ses propres aveux, rendent clairs les services rendus au régime ainsi que son rôle dans l'inscription de l’OMPI.

Le 29 septembre 1997, le régime iranien a lancé des attaques aériennes contre les camps Faezeh et Anzali appartenant à l’OMPI en Irak avec neuf avions de combat. En soutien à ces attentats et pour les justifier,
Amirahmadi a déclaré sur RFI le 4 octobre 1997 : « Le point important ici c’est que, récemment, l’OMPI a tenu à Bagdad une très grande réunion, très importante au cours de laquelle elle a décidé d'augmenter sa lutte armée et ses destructions en Iran, contre ce pays. Je pense que la réaction iranienne est une mesure préventive contre ces actes potentiellement destructeurs de ce groupe à une date ultérieure en Iran. Et je pense que les actions de ce groupe sont soutenues à cent pour cent par Saddam Hussein. »

En octobre 1997, les États-Unis ont placé l’OMPI sur sa liste terroriste. Avant même que le ministère des Affaires étrangères et l’ancien président des mollahs, Hachemi Rafsandjani, n’aient eu le temps de réagir à l'annonce de cette nouvelle, Amirahmadi, qui était l'un des lobbyiste cherchant à lister l’OMPI comme une organisation terroriste, a immédiatement déclaré sur RFI dans une interview le 9 octobre 1997 : « L’OMPI a tué un certain nombre d'Américains à Téhéran sous le règne du chah. Eh bien, les Américains n'ont jamais pardonné à l’OMPI ces actions. D'autre part, dans les années qui ont suivi la révolution, l’OMPI a participé à des assassinats politiques et des attentats à la bombe en Iran, et en particulier au cours des 7-8 dernières années, elle a développé des relations amiables et fraternelles avec Saddam Hussein. Et, Saddam Hussein et le régime actuel en Irak sont l'ennemi numéro un des États-Unis dans la région. »

Amirahmadi a également été l'une des principales sources du rapport 2005 de Human Rights Watch contre l’OMPI. Un membre du Conseil suprême de sécurité nationale du régime iranien écrivait dans un rapport interne en juin 2005 que « les mesures prises par Human Rights Watch ou Middle-East Watch contre les hypocrites [terme péjoratif utilisé par le régime pour se référer à l’OMPI] ont été très positives. M. Houchang Amirahmadi a joué un rôle très efficace dans ce domaine et fait preuve de beaucoup d’influence. »

Amirahmadi et Ahmadinejad

Houchang Amirahmadi, le Président de l’AIC, est un partisan de rapprochement des Etats-Unis avec l’Iran. Il s'est rendu à Téhéran à l'invitation du président des mollahs, Mahmoud Ahmadinejad, en février 2008. Dans une interview ce même mois avec la publication Chahrvand Emrouz (affilié à Khosrow Tehrani), il a déclaré : « Au bout de dix ans au cours desquels le gouvernement de M. Khatami m’a interdit d’entrer en Iran en invoquant des excuses sans fondement, M. Ahmadinejad a accepté ma demande de visite en Iran, et je suis donc venu ici. » Amirahmadi réitère dans ses interviews qu'il a effectué ce voyage avec le soutien d'Ahmadinejad.

Le 23 mars 2008, Amirahmadi a déclaré au site Fararou (affilié au régime iranien) qu’ « en septembre 2007, nous avons eu une réunion avec Ahmadinejad (à New York) sur les relations irano-américaines. J'ai dit à M. le Président que ces 50 dernières années, l'Occident a adopté une opinion erronée sur l'Iran, selon laquelle un Iran puissant serait un Iran dangereux (…) Il est nécessaire que le ministère des Affaires étrangères et des organes concernés travaillent sur cette question et démontrent que par expérience cette hypothèse s'est révélée erronée dans la pratique. Le Dr. Ahmadinejad a déclaré que c'était une bonne idée et qu'il acceptait ce point de vue. »

Le 4 avril 2007, le quotidien officiel Kayhan a donc écrit à propos de la visite d’Amirahmadi : « Houchang Amirahmadi a récemment déclaré lors d’entretiens avec l’hebdomadaire Chahrvand et le site Web « diplomatie iranienne » (sous la supervision de Sadegh Kharazi) qu'il avait rencontré des personnalités très importantes, dont le Président, et tenu des discussions majeures. Il semble que le silence des autorités sur les allégations d’Amirahmadi ait duré plus longtemps que de coutume. POur répondre aux allégations de cet agent des relations irano-américaines, il faut dire que cet individu, qui est un électron inconscient des agences de renseignement américaines, ne peut rien faire sans l'approbation et les commandes de ces agences d'espionnage. Par conséquent, juste au cas où ses allégations sur sa rencontre avec les autorités officielles de notre pays s’avèreraient vraies, il faut reconnaître qu'elles ont été dupées et que ses prétendus interlocuteurs ont également commis une grave erreur. »

Le soutien d’Amirahmadi aux positions d'Ahmadinejad

Selon le site Rouz, du 2 juin 2008, « Houchang Amirahmadi a parlé des relations avec les États-Unis dans une interview sur le site Rouz. En réponse à la question sur quels signes et éléments de preuve vous basez-vous pour dire qu’Ahmadinejad est disposé à établir des relations avec les États-Unis, il a répondu : « J'ai beaucoup d'éléments de preuve. Je peux mettre l’accent sur certains et laisser le reste non-dit. Mais, quoi qu’il en soit, j'ai des informations qu’Ahmadinejad tend vers des relations avec les États-Unis. Dans un avenir très proche, des parlementaires des deux parlements se rencontreront. Bien que plusieurs des portes aient été fermées, Ahmadinejad frappe à toutes les portes. Bien sûr, la question israélienne a fait mal au processus. »

Dans la même interview, Amirahmadi ajoute : «En définitive, la différence entre Ahmadinejad et quelqu'un comme Khatami c’est que Khatami dirait que vous les Américains, vous êtes gens très bien et que je voudrais vous parler, mais je ne le ferai pas. Mais contrairement à Khatami, Ahmadinejad a dit aux Américains que vous êtes les méchants et vous faites du mal, mais je vais vous parler. Il a fait des offres intéressantes aux États-Unis, que les Américains ont refusées. Par exemple les négociations avec les Etats-Unis en Irak, et une autre étant d'établir des vols directs entre Téhéran et New York. Il s’agit de discussions sérieuses. »

Le site Rouz poursuit : « En réponse à nos observations comme quoi la principale question pour les États-Unis ne concerne pas les vols directs entre Téhéran et New York, mais la suspension de l'enrichissement, Amirahmadi répond que « la question pour Ahmadinejad est que Khatami a suspendu l'enrichissement pendant un an et n’a rien obtenu en retour. Alors, pourquoi devrait-il le faire ? Après l'adoption de cette position, le paquet de mesures incitatives offertes à Ahmadinejad est bien meilleur que celles offertes à Khatami. »

« En réponse à la question de savoir si la stratégie d’Ahmadinejad comprend de l'espace pour des mesures conciliatoires, Amirahmadi dit : « Ahmadinejad ne devrait pas aller plus loin qu'un certain point, et devrait accepter la conciliation, à savoir la suspension de l'enrichissement, l'amélioration de ses relations avec les États-Unis. Ce fut précisément sa stratégie et je l'ai dit au gouvernement aussi … Les problèmes de l'Iran et les États-Unis se présenteront dans les prochains sept à huit mois. Les six prochains mois seront extrêmement préoccupants. Ces 6-7 mois ne seront pas une période d'élaboration de politiques, mais seront le théâtre d’événements et de manifestations (…) Pour cette raison, le gouvernement iranien est aussi très inquiet de voir se produire quelque chose sur laquelle il n’aura aucun contrôle, et qui se traduirait par des mesures militaires des Etats-Unis. »

Un autre voyage à Téhéran d’Amirahmadi

Le quotidien officiel Djomhouri-Eslami a écrit le 1 juillet 2008 que  « Houchang Amirahmadi, qui est considéré comme un espion des États-Unis et d’Israël, qui a rencontré Ahmadinejad à New York, et qui s'est rendu en Iran l'hiver dernier, revient une fois de plus ici. »

Le journal gouvernemental Kayhan a également écrit le 14 juillet que Houchang Amirahmadi qui a pu venir en Iran il y a plusieurs mois afin d'assurer la coordination avec plusieurs figures de l’exécutif, est une fois de plus à Téhéran. Il a dit qu'en ce qui concerne les relations entre les États-Unis et l'Iran, même s’il n'est pas porteur d’un message officiel, il apporte tout de même un sujet sur lequel parler. Amirahmadi dit qu'il a rencontré Shaul Mofaz, le vice-premier ministre du régime sioniste, à New York il y a quelques jours. »

Le site Tabnak notait le 17 juillet 2008, « Au cours d'une visite au bureau du site Tabnak, Houchang Amirahmadi a parlé de son voyage en Iran et de ses activités de lobbying, en disant : Malheureusement, la politique de l'Iran vis-à-vis des États-Unis et la politique américaine vis-à-vis de l'Iran n'ont jamais été transparentes. Son excellence le guide suprême a fait un discours (dans la ville de) Yazd en disant que nous ne pouvons pas rester ennemis à jamais, maisqu’il y a des conditions aux relations. Aux États-Unis, ils n’interprètent pas ces remarques comme ils le devraient. Donc, mon rôle est d'exprimer les réalités qui sous-tendent de telles remarques et d’éviter ainsi des interprétations biaisées ou malveillantes. »

Dans la même interview, Tabnak a demandé à Amirahmadi de répondre à l'opinion prévalant en Iran comme quoi il n'a pas beaucoup d’influence ni de crédibilité aux États-Unis. Amirahmadi a répondu : « Cela vient de l'état d'esprit en Iran qui cherche à affaiblir son lobby au lieu de le renforcer. À titre d'exemple, il y a eu de nombreux cas où des officiels américains ont demandé à négocier avec l'Iran et j'ai parlé avec les autorités iraniennes à ce sujet. Mais, les Iraniens ont dit que ce n'est pas le moment maintenant. Quelque temps plus tard, j'ai découvert du côté américain que des réunions avaient été organisées. Un exemple c’est la réunion officielle entre M. Zarif et M. Khalilzad, puis avec le secrétaire d'Etat américain adjoint. La raison en est que les gouvernements s'efforcent d’aborder la question sur une base factionnelle, et veulent aller de l'avant par leurs propres moyens. Mais, en réalité, ils n'ont pas les moyens de le faire. Bien sûr, je me considère affilié à aucune faction. Bien que j’admire personnellement M. Rafsandjani, M. Khatami, et M. Ahmadinejad, j'ai fait de mon mieux pour essayer d'aider l'Iran au cours de leur mandat. Et, bien sûr, c’est une prouesse difficile. »

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