samedi, novembre 26, 2022
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Iran : l’Europe doit dire non à la bombe et au terrorisme

Maryam RadjaviPar Maryam Radjavi, Présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne

Le Figaro – Le dernier rapport de l’AIEA sur le programme nucléaire de Téhéran est alarmant. MM. El Baradei et Solana voulaient éviter d’en arriver là, en se montrant souples et accommodants avec Téhéran. Sont-ils désormais convaincus que plus on se montre aimable avec les mollahs, plus leur appétit pour la bombe atomique grandit ?

Depuis que la Résistance iranienne a révélé les principaux sites nucléaires clandestins du régime en 2002, les gouvernements occidentaux ont mené six années de négociations accompagnées de mesures incitatives, en vain. Ils ont fait perdre du temps à la communauté internationale et en ont fait gagner aux mollahs. L’augmentation de 18% des exportations de l’Union européenne vers l’Iran démontre la timidité des sanctions. Les deux seraient-ils liés ?

Le volet nucléaire fait la démonstration de l’échec de la politique occidentale vis-à-vis de la dictature religieuse en Iran. Ce temps précieux a permis, à notre avis, aux dirigeants de Téhéran d’atteindre la phase finale de la bombe atomique : ils en sont aujourd’hui à la conception des ogives. Ces six années leur ont également permis de mener l’occupation rampante et clandestine de l’Irak et d’y prendre en otage la démocratie. De même, ils ont bloqué le processus de paix israélo-palestinien et scindé en deux la Palestine, poussé le Liban au bord de gouffre de la guerre civile et développé l’intégrisme et le terrorisme dans le reste du monde.

En un mot la complaisance avec les mollahs a porté tort à la paix et à la sécurité mondiale. Sa poursuite aurait de terribles conséquences. Elle fait penser à l’histoire des souris qui cherchent à amadouer un chat en le couvrant de présents du poète Obeid Zakani. Le guide suprême des mollahs, Ali Khameneï évoque maintenant la nécessité d’un deuxième mandat présidentiel pour Ahmadinejad. Que faut-il de plus pour reconnaître que la tactique consistant à amadouer Téhéran par des gestes de bonne volonté a échoué ?

La politique de l’Occident a conduit à une impasse. Ce dernier a commis quatre erreurs fondamentales. La première c’est d’avoir cru aux démonstrations de force des mollahs, oubliant que le recours au terrorisme et à la cruauté cachait leur fragilité et leurs faiblesses.

La seconde, c’est de méconnaître la profondeur du rejet que ressentent les Iraniens à l’encontre de ce régime. Les lobbies propagent l’idée totalement erronée que face à la fermeté de la communauté internationale et le boycott de ce régime, la population soutiendrait les mollahs. Ils feignent d’ignorer l’enfer que vivent les Iraniens. Curieux « pouvoir populaire » dont les députés de dix grandes villes siègent, selon les chiffres officiels, avec seulement 2 à 14% des voix. La véritable base du régime représenterait en fait à peine 3 % de la population : gardiens de la révolution, miliciens et services de renseignement. Les mollahs ont toujours refusé les appels de la Résistance à des élections libres sous l’égide de l’ONU. Ils savent qu’un seul jour sans pendaison ni torture les mettrait face à un soulèvement populaire.

La troisième erreur, c’est de ne pas voir la situation dans laquelle se débat la société iranienne : banqueroute économique, inflation galopante et chômage. Le prix du pain a doublé depuis un an et celui du riz, aliment de base, a triplé. Pourtant, les revenus pétroliers n’ont cessé d’augmenter. Mais pas une miette d’un budget public de 100 milliards de dollars n’est tombée dans les assiettes des Iraniens.

La quatrième erreur : ne pas avoir pris en compte la véritable solution de la crise iranienne. Le régime et ses alliés ont laissé croire à l’absence d’une alternative crédible, légitime, profondément enracinée dans la société. Il n’y aurait pas de force de changement. Le pouvoir absolu des mollahs serait éternel. Or il existe un potentiel et une force vive au cœur de la société et de l’histoire de l’Iran, héritière d’une des plus grandes civilisations de l’humanité et qui désire ardemment la liberté.
La Résistance à l’intégrisme en Iran peut être la solution, car elle allume le moteur des mouvements sociaux et des grandes révoltes. C’est elle qui, sur l’axe des Moudjahidine du peuple, un mouvement musulman démocratique et tolérant, constitue l’antithèse du fascisme religieux sous le couvert de l’Islam.

Comme solution à la crise iranienne, notre Résistance rejette bien entendu toute idée d’intervention étrangère et préconise la voie du changement démocratique par le peuple. Ce projet est attaché aux libertés fondamentales et l’instauration d’une république pluraliste et laïque, qui bannira la censure et l’inquisition et où sera mise en œuvre la Déclaration universelle des droits de l’homme.

Cette solution est aujourd’hui entravée. L’inscription de l’OMPI, la principale force d’opposition aux mollahs, sur la liste européenne des organisations terroristes, est la conséquence logique de ces erreurs. Craignant de perdre des contrats juteux, notamment pétroliers, l’Union européenne a refusé de suivre l’exemple britannique et de retirer l’OMPI de sa liste. Se coucher devant les mollahs est un scandale. Cette étiquette a servi au régime des mollahs à éliminer ses opposants et à mettre la pression sur les 3.500 membres de l’OMPI résidant dans camp d’Achraf en Irak.

Tant que l’Union européenne bloquera la voie du changement en Iran et continuera considérer comme « terroriste » la principale force d’opposition, elle fera le jeu des mollahs. Nous ne réclamons rien à l’Union européenne si ce n’est de rester neutre dans le combat que la nation iranienne mène pour la liberté et la démocratie. La France a une lourde tâche dans le cadre de la présidence de cette Union.

 

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